Gangster Squad




GANGSTER SQUAD de Ruben Fleischer

Dans la foulée de l'engouement pour La la land, et de mon coup de cœur pour Crazy, Stupid,Love, nous avions envie de rester encore un peu avec le tandem Gosling-Stone. Rajoutez à cela nos sempiternelles rendez-vous manqués avec Live by Night qui nous ont laissé sur notre faim et qui ont nourri notre envie de voire un film de gangsters ; alors on a finalement décidé de regarder ce film.

Au sortir de la seconde guerre mondiale, le sergent O'Mara rentre chez lui et trouve un Los Angeles bien différent de celui qu'il a quitté. La douceur de vie qu'il chérissait s'estompe peu à peu, et un mafieux du nom de Mickey Cohen règne sur la ville. C'est un ancien boxeur qui aime terroriser ses ennemis et éliminer les éléments défaillants de son organisation.

Un jour le sergent O'Mara décide de débarquer seul dans un de ses hôtels de passes. Il explose des portes, casse des nez, ouvre des arcades sourcilières et empêche une jeune fille de se faire violer. Il en profite pour libérer les jeunes femmes que l'on forçait à se prostituer. Loin, d’être félicité par son chef, les proxénètes sont libérés . Repéré, par le grand chef de la police, il se voit donner carte blanche pour former un groupe qui aura pour but d’empêcher les affaires de Mickey de tourner rond.
Le gardien des clés de ce blog a décrit ce film comme les incorruptibles qui aurait rencontré Guy Ritchie. Moi je ne dirai pas ça. Sûrement car j'ai un plaisir modéré à voire ses films. En plus je n'aime pas les anachronismes utilisés pour faire « cool ». mais c'est indéniable que ce film fait penser au chef d’œuvre De de Palma. Ou Eliott Ness aurait eu le droit de jouer les mêmes cartes que Al Caponne.

Comme très souvent il y a une base qui se veut classique . Toute l'imagerie des films des années 50 est convoquée. La voix off du héros. Les chapeaux mous et les costumes trois pièces sont les uniformes de ces policiers. Les femmes sont élégantes et ont ces coiffures si particulières à cette époque. Les verres d'alcool se vident et les cigarettes se consument en continue. Le mobilier est symbolique de son époque et le plus souvent dans les tons acajou et ocre. Les décors des lieux sont constitués avec minutie. Les personnages sont aussi très stéréotypés, il y a le jeune sans illusion, le brun ténébreux, le père de famille, l'homme qui transmet un flambeau, celui qui est annonciateur d'un changement sociétal, les corrompus, les méchants très mafieux, une rousse incendiaire, une femme enceinte. Un vrai répertoire de personnages codifiés.

Tout cela m'aurait profondément ennuyé si il n'y avait pas eu l'action .des moments transgressifs,bourrins à souhait, ça écartèle, tire dans les genoux, et autre petites réjouissances toutes les cinq minutes. Ça fait imploser ce classicisme et ce n'est que jubilation. C'est palpitant, bien que parfois cousu de fil blanc. Il n'y a pas eu un moment ou je me suis ennuyée.

Le casting est luxueux. On y retrouve entre autre, Michael Pena , trop rare dans ma vie de cinéphile, car à chaque fois que je le croise, j'adore le film ou il est. Anthony Mackie que l'on ne présente plus, Josh Brolin en vieux routier, mène le film avec classe et sobriété. Puis il y a le tandem, Ryan Gosling et Emma Stone toujours juste dans leurs jeux, et lumineux lorsqu'ils partagent l'écran. Puis il y a Sean Penn qui bizarrement pour moi est l'erreur de casting. Alors que personne ne connaissait le mafieux qu'il interprète, pour qu'il lui ressemble un peu on lui a posé des prothèses. Mais ce n'est pas une réussite, ça lui donne l'aspect d'un monstre de foire. De plus il surjoue le coté nerveux et excessif ce qui est peu convaincant. Il ressemble a un ex boxeur sur le déclin autant qu'a un troll anorexique.

Gangster Squad n'est certes pas le film de l'année, mais il est honorable et permet de passer un moment agréable.


Citizenfour


En 2013, Edward Snowden déclenche l’un des plus grands séismes politiques aux Etats-Unis en révélant des documents secret-défense de la NSA. Sous le nom le code « CITIZENFOUR », il contacte la documentariste américaine Laura Poitras. Elle part le rejoindre à Hong Kong et réalise en temps réel CITIZENFOUR, un document historique unique et un portrait intime d’Edward Snowden.
Citizenfour – 4 Mars 2015 – Réalisé par Laura Poitras

Quand j'ai découvert « Snowden » de Oliver Stone l'an dernier, j'ai pensé irrémédiablement à « Citizenfour » que je n'avais pas encore vu et que beaucoup brandissaient pour le dénigrer. Car le film de Laura Poitras aurait tout dit et que le travail d'Oliver Stone ne faisait qu’effleurer ce qu'elle avait abordé. Sauf que les opposer est réducteur tant il sont au final complémentaires, car la ou Stone s'intéresse seulement à l'homme « Snowden », la réalisatrice de « Citizenfour » se concentre quant à elle sur les révélations qu'il leur livre à Hong-Kong, à Glenn Greenwald, Ewen MacAskill et à elle même.

Des le début du film on est plongé dans une atmosphère de film d'espionnage, pas du genre « James Bond » mais plus du style de « Tinker, Taylor, Soldier, Spy » réalisé par Tomas Alfredson. On ne peut faire confiance à personne, c'est austère, lent et il n'y a aucune gloire à en tirer. Une motivation qui à guider un analyste de la NSA à se mettre hors-la-loi pour dénoncer les pratiques de son gouvernement, mais aussi celle de gouvernement allié aux USA et qui se met en tête de contacter la journaliste et réalisatrice de documentaire Laura Poitras. Ils vont échanger pendant un certain temps et une relation de confiance s'installera peu à peu, jusqu'à la rencontre cruciale à Hong-Kong.

Snowden ne choisit pas Laura Poitras par hasard, c'est aussi une femme qui est dans l’œil des services de renseignements américains, car le choix des sujets pour ses documentaires dérangent. Elle a même été mise sur une liste de surveillance de la sécurité intérieure après son documentaire « My Country, my Country ».

Une femme de conviction qui sait que son travail peut la mettre en danger et qui comprend les problématiques de surveillance de masse, mais qui n'a pas encore la vue globale que va lui offrir Snowden. Une fois à Hong-Kong, on va assister avec recul et pudeur a ce séisme mondial que déclenche ces révélations. Elle saisit ainsi pendant sept jours, les failles et les doutes d'un homme qui a tout abandonné, pas pour la gloire mais par conviction et qui va faire vaciller des millions de gens dans le monde. Ce film montre l'envers du décor, sur le risque que prend Snowden en se montrant au monde, sur le risque des journaux impliqués qui ne savent pas si ils peuvent ou non publier les révélations et sur les conséquences que cela aura sur leurs vies.

Les révélations quant à elle ne montre pas seulement que la NSA surveille qui elle veut, quand elle veut ! Elle montre aussi que les gouvernements dans le monde font ce qu'ils ont envie. De la surveillance des téléphones portables en passant par la collecte des données sur internet, ils n'ont que faire de l'opinion publique et les USA par exemple s'arrange pour légaliser leurs écoutes en s'appuyant sur une cour parallèle appelée « FISA Court ». Un reniement en règle de nos droits les plus fondamentaux, pourquoi ? Pour qui ? Certainement pas pour nous et cela se vérifie quand aucun pays de l'U.E ne veut accueillir le lanceur d'alerte qui à juste eu le tort de mettre en lumière des pratiques illégales qui nuisent à notre liberté.

Un documentaire qui vise juste et qui alterne entre moment de sidération et des scènes plus simples avec Edward Snowden. Ce qui démontre à la fois la particularité de son geste, du simple quidam qui veut servir son pays aux montagnes qu'il à réveiller en dévoilant leurs actes. Un combat qui semble impossible à gagner, sauf que Laura Poitras avec son « Citizenfour » montre qu'il ne nous faut pas nous résigner et que c'est à nous de reprendre ce que l'on a perdu …

.

Inside Llewyn Davis



INSIDE LLEWYN DAVIS de Ethan et Joel Coen


J'aime les films des frères Coen, je les aime d'amour depuis toujours. J'aime leurs tons décalés, leurs univers toujours marqués. Je n'avais pas été le voir au cinéma, je l'ai donc découvert chez moi.

Ce film suit un chanteur de folk au début des années 60 à New York. Il cachetonne dans les bars miteux et dort en squattant les canapés de ses amis les uns après les autres. Un soir après avoir chanté dans un bouge ou différents groupes ont l'habitude de jouer. Un homme en costume et stetson l'attend dans l'arrière rue et lui colle un coup de poing. C'est là que commence l'histoire.Un film des Coen c'est toujours une question d'immersion. Si le thème l'ambiance vous touche c'est un moment de grâce, sinon ça devient compliqué. Ça a été le cas pour moi ici.

Du folk je ne connais que Bob Dylan, si j'aime en entendre, je ne peux pas dire que j'en écoute et que je connaisse cet univers. Ce film n'est que folk, il est écrit par des gens qui l'adorent, il est bourré de références à ses musiciens. Au point ou il a le même rythme et le même fond triste.. Car ce personnage n'est pas aidé par la vie. Les scénaristes qui sont aussi les réalisateurs ont bourré ce film de références.D'abord Llewyn Davis est directement inspiré des mémoires de Dave Von Rock. Et si l'on creuse un un peu on voit a quel point s'est documenté. La tenue d'oscar Isaac est directement copiée sur une pochette de disque de ce musicien. Tout y est même un chat! Chat qui dans ce film est roux et qui même peut être une chatte.

Les autres personnages sont aussi inspirés par d'autres musiciens dont on a changé le nom mais pas les titres qu'ils interprètent et ils tendent à leurs ressembler par des détails. Pour le moins toutes ces musiques donneront un air familier à l'univers du film; pour le plus ceux qui connaissent bien ce genre musical reconnaîtront les références. Là on arrive à l'un des points noirs du films,ce moment ou l'ont perçoit qu'il y a des références, des sens cachés, et qu'on ne les comprend pas. C'est frustrant, et ça se répète tout le temps. Même le chat qui est un élément récurent; je ne suis pas certaine de toujours avoir compris s'il était là comme contrepoint à la noirceur de ce qui l'entourait, ni quelle était la symbolique de tout ce qui lui arrivait. Tout est source de questionnement, le fin et son interprétation également.

Cela n’enlève rien aux qualités visuelles de ce film. Il est très beau. New York en hiver est filmé avec amour. Le plus souvent les réalisateurs choisissent des décors urbains assortis aux protagonistes. Souvent dans les intérieurs les perspectives sont poussées et ils créent des superpositions géométriques qui rajoute au cachet urbain du film. Puis il a une pléiade d'acteurs tous plus talentueux les uns que les autres, qui donnent chacun quelque chose à l'histoire. Mais c'est Oscar Isaac , qui tient le rôle titre qui m'a le plus bluffé. Il sait créer une empathie avec le spectateur. Il arrive à nous capter et à nous garder même lorsque le film nous perd.
Ce film est fort, beau, mais je suis passée à coté. Je ne garderai que la mélancolie, et la tristesse que dégage l'acteur et une énorme frustration due à mon manque de connaissance et d’intérêt pour le folk et peut être à cause d'autres paramètres sur lesquels je n'ai pas su mettre le doigt. Ça ne m'a pas permis d'explorer parfaitement cette œuvre mais je suis sure que d'autres seront parfaitement capables de le faire mieux que moi..

Queen of Katwe


Queen of Katwe – Réalisé par Mira Nair

Si je n'avais pas une compagne exceptionnelle, je serais passé probablement à coté de « Queen of Katwe ». D'une parce qu'il n'est pas sorti au cinéma, ni en dvd, ni en blu-ray ou encore en VOD en France, mais aussi a cause d'un certain manque de visibilité. Car il ne faut pas se leurrer, chez Disney si vous n’êtes pas un film d'animation, une adaptation d'un classique Disney, un Marvel ou maintenant un Star Wars, vous n'avez pas la place pour exister et donc d'avoir votre chance de conquérir un public plus large (Si et seulement si il n'y a que ça qui rentre en compte bien sur … ). Une erreur à mon humble avis surtout quand on a une histoire au potentiel sympathie aussi fort que « Rasta Rocket ». Alors certes ce n'est que l'histoire d'une modeste jeune fille ougandaise et pas celle d'une équipe au Jeux Olympiques, mais ce n'en est pas moins fort, ni important !

C'est l'histoire de Phiona Mutesi, une jeune fille de 10 ans qui vit avec sa famille dans le bidonville de Katwe, un des faubourgs de la capitale ougandaise Kampala. Avec son frère, ils aident leur mère à vendre les produits du marché, un labeur éreintant qui permet à peine à la famille d'avoir un toit et de quoi se nourrir. Une vie extrêmement rude qui ne fait que peu de cadeau et Harriet la mère se bat sans cesse pour éviter que ses enfants fassent des mauvais choix. Robert Katende attend qu'un poste d'ingénieur se libère et pour patienter il s'engage dans une association au près des enfants du bidonville. Cet homme qui a eu la chance de pouvoir s'instruire se retrouve face à des enfants désœuvrés et qui ne mangent pas à leur faim. Il va s’avérer être un vrai soutient pour une partie d'entre eux, une figure positive qui va leur apprendre les échecs, avec la promesse qu'il battront les gens de la ville. Phiona se retrouve par hasard dans le lieu ou Robert Katende apprend ça aux enfants et elle découvre un jeu qui va la sortir peu à peu de son quotidien. Elle se découvre vite un talent pour ça, des facilités rares que Robert Katende décèlera, voyant en Phiona Mutesi les prémices d'une grande championne en devenir. Mais avant ça, il faudra dépasser les craintes d'une mère et les inspirations d'une jeune fille de plus en plus grande.

Au final j'ai été bluffé ! Pas spécialement par la trame narrative du film, mais par la fraîcheur et la sincérité qui se dégage de cette nouvelle réalisation de Mira Nair. Cette réalisatrice indienne récompensée par une caméra d'or à Cannes ou encore par un Lion d'Or à la Mostra de Venise a débuté par des documentaires et elle apporte ici le réalisme que l'on peut y trouver. Ce n'est pas en soi un documentaire, mais le quotidien qui est dépeint n'est pas édulcoré et cela apporte un réel plus à cette œuvre, donnant tout de suite plus de corps à un ensemble positif et optimiste … 

Le scénario se base sur le livre de Tim Crothers « The Queen of Katwe : A Story of Life, Chess, and One Extraordinary Girl’s Dream of Becoming a Grandmaster » et il est écrit par William Wheeler. Le récit à le mérite d'éviter une narration linéaire et sans intérêt, en adoptant les mécanismes du film de sport (point Rasta Rocket). On suit donc une jeune fille que rien ne destinait à cette carrière découvrir une discipline qui va la révéler, ou elle apprendra au près d'un coach les rudiments de cet art avant de connaître ses premières victoires comme ses premières désillusions avant d'atteindre son objectif final. Les différentes étapes sont des moments bien précis de sa vie, comme sa première victoire en 2007, sa participation à un tournoi au Soudan du Sud ou encore au 39ème Olympiades d'Echecs en 2010 qui eu lieu en Russie. Une dynamique forte en émotion qui permet de dépasser l'aspect « biopic », de rendre palpitant la vie intéressante de Phiona Mutesi, de nous faire apprécier les échecs et de rendre instantanément sympathique tous les personnages que l'on rencontre.

La réalisatrice met en valeur cette histoire avec beaucoup de soin. Mira Nair conjugue avec subtilité l'optimisme du récit à la dureté de la vie dans le bidonville. Car en parallèle de l'histoire de Phiona et l'espoir qu'elle incarne, la réalisatrice ne nous épargne rien que cela soit les accidents, les inondations, la misère, la famine, l'inégalité entre hommes et femmes, entre riches et pauvre ou encore l'exploitation des femmes, la vie dans le bidonville est tout sauf facile. Un équilibre primordial pour ne pas basculer dans le pur conte de fée à la « Disney »

C'est bien rythmé, monté avec soin et les parties d'échecs sont mis en scène comme des vrais matchs de boxe. L'accent est mis alors sur les acteurs qui ont la lourde charge de faire passer avec leurs expressions ce qui se joue à l'instant, un vrai duel ou le vaincu fini littéralement sonné. Il faut ajouter à cela la direction artistique vraiment belle, qui fait la part belle aux couleurs chaudes, mais sans que cela ne soit outranciers ou de mauvais goûts. Une vrai prouesse que l'on retrouve dans le travail de Mobolaji Dawodu aux costumes qui sont justes somptueux et qui habillent les comédiens avec justesse. Puis il y a aussi la photographie de Sean Bobbitt qui rend ça chaleureux, ainsi que la musique de Alex Heffes, un compositeur qui a beaucoup travaillé avec le réalisateur Kevin MacDonald et qui tape là ou il faut quand il le faut.

Quant au casting, il est d'une incroyable justesse ! Tout d'abord parlons de la jeune Madina Nalwanga qui interprète Phiona Mutesi. Une actrice débutante qui nous transporte dans son monde des sa première apparition à l'écran. On ressent sa timidité, sa fragilité, mais aussi toute sa force, une vrai petite guerrière qui ne s'en laisse pas compter, ou la spontanéité de l'actrice fait merveille, tout comme le reste des enfants présent à l'écran. Puis on trouve deux acteurs qui ne cessent pas de monter, avec Lupita Nyong'o et David Oyelowo dans les rôles de Hariett Mutesi et Robert Katende. C'est le premier film ou je découvre Lupita Nyong'o en chair et en os, oui car Maz Kanata dans Star Wars ça ne compte pas trop. Elle livre ici une performance de premier choix, ou elle fait preuve d'énormément de nuance et de subtilité. C'est à la fois une femme, une mère et une amie, un rôle complexe et puissant qu'elle fait vivre avec talent. David Oyelowo joue le professeur d’échec. Un personnage dont la bonté n'a d'égal que sa profonde dévotion envers sa communauté et que l'acteur incarne avec brio, rendant les échecs beaucoup moins austères, avec une dose de sérieux et de dérision.

Le fond de l'histoire est quant à lui d'une puissance incroyable. Phiona Mutesi est un exemple de persévérance, d'abnégation et de courage. Elle n'a pas seulement appris à jouer aux échecs, elle a eu aussi accès à l'éducation jusque la réserver en priorité aux garçons et aux gens aisés. Elle a dépasser sa condition de jeune fille qui vit dans un bidonville, elle à put s'élever, car elle le souhaiter mais aussi car on lui tendait la main, une chose qu'elle à su accepter avec modestie, malgré les interrogations que cela pose. Un rôle qui revient à la fabuleuse Harriet. La mère de Phiona Mutesi est un personnage qui m'a beaucoup touché, car elle m'a rappeler ma mère. Alors les situations n'étaient pas équivalentes, mais comme le personnage interprété par Lupita Nyong'o, elle était veuve, elle s'est retrouvée assez jeune à nous élever ma sœur, mon frère et moi, à se battre pour nous donner une éducation, un toit ou encore de la nourriture et ça quelques soit les épreuves, la maladie ou encore les ennuie financiers qui se poser devant un elle. Un vrai exemple de courage pour qui la famille passait avant tout et quelle protégeait d'un amour inconditionnel. Deux personnages essentiel qui forme le cœur du film, avec ce qu'il transmet, l'espoir, l'abnégation et le courage qu'il fait naître, une histoire qui pourra toucher tout le monde tant cela invoque des valeurs simples et universelles. 

Beau, simple et touchant.

.

Detour [Bande-Annonce V.O.S.T]



Le réalisateur anglais Christopher Smith revient avec son nouveau film "DETOUR". Auteur des films "Creep", "Severance" ou encore "Black Death", il ne sort hélas comme ces précédents films directement en vidéo. Et la bande annonce laisse transparaître un film au pitch de départ simple, mais au ramification complexe et prenante comme pouvait l’être l'un de ces films précédents "Triangle".

Harper, jeune étudiant en droit, tient son beau-père pour responsable d’un accident qui a plongé sa mère dans le coma. Un soir, dans un bar, alors qu’il noie son chagrin dans l’alcool, il rencontre un voyou et une stripteaseuse. Ensemble ils élaborent un plan machiavélique pour se débarrasser de lui.Commence une virée vengeresse, qui va contraindre Harper à assumer ses choix…

"DETOUR" sort en VOD le 17 Février 2017 et sera disponible en DVD et Blu-Ray le 14 Mars 2017 chez l'éditeur "L’ATELIER D'IMAGES"
.

Crazy, Stupid, Love




CRAZY STUPID LOVE de John Requa et Glenn Ficarra


Je ne suis pas une grande adepte des comédies sentimentales, la seule que je cite régulièrement est "You've got Mail". Ensuite je crains toujours un peu des films chorales car je me méfie des guerres d'égo qui gâchent les histoires. Autant vous dire que si la veille je n'avais pas vu La la land je ne lui aurai pas donné sa chance. Et j'aurai eu tort.

Crazy stupid love est avant tout une vraie potion magique, d'un équilibre parfait.
Les personnages sont nombreux mais malgré tout il y a du temps accordé à chacun d'eux. L'écriture est telle que leurs présences dévoilent toujours quelque chose d'eux et ils ont une réelle épaisseur. Et même si Steve Carell est celui sur qui on s'attarde et qu'il nous permet de switcher d'un personnage à l'autre, sa présence n'écrase pas le récit.
La finesse du scénario se dévoile dès les premières images du film. Lorsque l'on comprend que le point de départ est une crise de la cinquantaine et qu'elle est déclinée à l'inverse de ce que l'on a pu voir en général au cinéma. C'est la femme qui trompe et qui est perdue entre un amant et un époux perclus d'amour pour elle. C'est cette situation qui créée un déséquilibre ou peut s'engouffrer l'humour et casser certains codes de la romcom . Je n'aime ni les scènes mélodramatiques, ni celles ou les personnages sont ridiculisés. Ici tout est traité avec finesse et dérision. Aucune mise en écho douloureuse, aucun moment dérangeant tout est harmonieux, bien fait et à mourir de rire.

Pour moi la vraie bonne idée est le rôle que tient dans l'histoire le fils des protagonistes. Robbie est le personnage touchant du film il oscille entre désillusions et le désir de croire en ses rêves et dans le grand amour. A l'image il est incarné par Jonah Bobo. Il est l'adolescent que l'on veut connaître.


Oui car la réalisation est à la hauteur de son scénario. Je trouve que l'exemple le plus marquant de la manière dont sont abordés les personnages est Jacob (Ryan gosling). Il y a des moments dont je vais me souvenir longtemps comme celui dans les vestiaires ou lorsqu'il sort sa chevalière. Ils sont à la fois Adrôles mais ils amènent quelque chose à l'histoire. Les réalisateurs arrivent à dynamiter son aspect de gendre idéal et au final à créer un homme encore mieux. Il est aussi symbolique du travail qui a été fait pour transposer l'état d'esprit des personnages dans la décoration de leurs appartements de leurs bureaux ou de leurs chambres. Les décors sont des sources d'informations en continue


Ce film m'a impressionné par son coté « sans prétention » , alors qu'il aurait tout à fait pu fanfaronner. Arrêtons nous cinq minutes sur le climax je ne crois pas avoir déjà été étonnée par un comédie romantique. Très souvent je vois vite les tenants et les aboutissants de l'histoire. Mais là, j'ai été menée par le bout du nez et je me suis fait cueillir. Et ce qui est incroyable c'est que cette coupure très fine dans le fil narratif débouche sur une scène de bagarre hilarante digne des films muets. Ça a été un vrai bonheur. Pour finir je reviendrai sur l'extraordinaire casting. Il convoque en plus de Steve Carell toujours aussi bon et attachant dans ce style de rôle, et Ryan Gosling parfait dans chacune des facettes qu'il porte avec aisance et naturel, les merveilleuses Julianne Moore et Emma Stone. Elles sont subtiles et discrètes mais pourtant elles dégagent force et présence à l'écran. Elles habitent vraiment leurs rôles.

Je reverrai ce film probablement bientôt. Il est tout ce que j'ai besoin lorsque j'ai envie de me blottir dans les bras de fred devant un film bien mené, bien écrit, et drôle. La promesse d'un bon moment.



La la land



Au cœur de Los Angeles, une actrice en devenir prénommée Mia sert des cafés entre deux auditions. De son côté, Sebastian, passionné de jazz, joue du piano dans des clubs miteux pour assurer sa subsistance. Tous deux sont bien loin de la vie rêvée à laquelle ils aspirent… Le destin va réunir ces doux rêveurs, mais leur coup de foudre résistera-t-il aux tentations, aux déceptions, et à la vie trépidante d’Hollywood ?
La la land – 25 Janvier 2017 – Réalisé par Damien Chazelle

En trois films, le cinéaste de trente deux-ans Damien Chazelle a mis Hollywood à genoux! Oui rien de moins! A genoux devant un talent hors norme qui à éclater il y a de ça trois ans avec l'éreintant « Whiplash ». Un film que personnellement je n'ai pas apprécier, notamment à cause de son propos; mais malgré ça, le film possède une force, une énergie, un tempo, une musique et une mise en scène à la précision chirurgicale. Des qualités encensés par la presse, par les diverses cérémonies et surtout par le public. Et il récidive trois ans plus tard avec encore plus d'audace, en ressuscitant brillamment un genre au combien galvauder « la comédie musicale » …

Coincée dans un énième embouteillages sur l'une des bretelles de l'autoroute à Los Angeles, Mia jeune actrice en devenir répète comme elle peut pour sa prochaine audition. Brusquée par un conducteur peu aimable qui lui klaxonne en non-stop, elle continue cependant sa route. Hélas cette journée ne fut pas celle qu'elle espérait, l'audition fut infructueuse et la soirée dans laquelle ses amis l'embarquent ne fut que futilité entre gens qui cherchent juste « le contact » qui les fera décoller. Pire en partant de là, elle ne retrouve plus sa voiture. Mia déambule ainsi seule dans Los Angeles, quand elle entend des notes de piano, une mélodie mélancolique et pleine de charme qui vienne d'un pianiste en colère. Quelques mois plus tard, alors qu'elle est dans une fête sur les hauteurs de L.A, Mia rencontre à nouveau ce pianiste qui se nomme Sebastian. Toujours aussi désagréable, il ne semble pas insensible au charme de l'actrice. Tous les deux quitte la fête ensemble et la magie commence à prendre entre ces deux rêveurs …

4minutes et 45 secondes !!! C'est exactement le temps qu'il a fallut au film de Damien Chazelle pour me convaincre de le suivre dans cette nouvelle aventure. Juste ce qu'il faut pour livrer un pur hommage à l'age d'or des comédies musicales ou en un temps minime, la réalisation de Damien Chazelle par la grâce d'un plan séquence millimétré danse au rythme de la chanson et des danseurs. Un prologue sensationnel que Robert Wise aurait apprécié et qui met en exergue bien des problématiques que le film soulève. Car si au bout de quatre minutes, on a un grand sourire sur le visage, le réalisateur n'oublie pas ce que doit être une bonne comédie musicale, à savoir le reflet d'une situation donnée que la danse, le chant et la comédie seront nous transmettre sans en avoir l'air.

« That now our dreams They've finally come true »

A l'écriture on retrouve Damien Chazelle qui continue avec « La la land » d'explorer certaines thématiques abordées dans « Whiplash », notamment par le prisme du jazzman blasé qui sacrifie presque tout pour une réussite tout aussi incertaine. Une redondance qui ne gène pas, car c'est bien plus nuancé et que surtout la romance est une pure histoire de comédie musicale. Alors j’arrête tout de suite les esprits chagrins et leurs arguments en cartons comme « c'est naif », « niais » ou « gnangnan », car d'une cela doit être la première comédie musicale que vous regardez et de deux ce ne sont pas des arguments, mais bien des éléments propre au genre que Chazelle s'approprie.

En 25 minutes le film pose les bases du récit qui se déploie devant nous, on fait connaissance avec les deux personnages et leurs univers ainsi qu'avec les problématiques que la vie leur pose à « La la land ». Comme nous sommes dans une comédie musicale, l'extravagance est permis, le réel n'est plus celui qu'on connaît mais celui posait par le réalisateur en 4 min au début, un monde fait de danses, de couleurs, de chants et de sentiments exacerbés ou tout est possible. Un univers onirique ou Damien Chazelle nous conte une romance pleine de charme, avec des hauts et des bas, certes qui peut sembler sans surprises, mais l'originalité se mérite et cela viendra à la fin par un épilogue à la fois tendre et d'une cruauté sans pareille. On y trouve aussi des références diverses et assumées, comme le cinéma de Demy, Chantons sous la pluie, West Side Story, Tous en scène ou encore certains films avec Fred Astaire et Gingers Rogers, sans que l'on ai l'impression de la citation pour la citation. Chaque pas de danse ou notes de musiques à un sens et apporte sa pierre à l'intrigue.


« They worship everything and they value nothing »

Comme « Chantons sous la pluie » qui parlait du déclin du cinéma muet et de sa transformation, comme « Cabaret » qui parlait de la montée du nazisme, ou encore « West Side Story » qui abordait l'immigration aux USA, l'histoire de « La la land » ne s’arrête pas à celle de Mia et de Sebastian. Le film fonctionne sur des dualités, homme/femme, passé/futur, nostalgie/modernité, cynisme/innocence, originalité/mainstream, amour/solitude et bien d'autre qui exprime pour ma part (et avec une dose de subjectivité) deux choses.

Damien Chazelle creuse encore plus le coté cathartique que représente la fiction pour parler de lui. Si la jeunesse du réalisateur comme apprenti batteur de jazz résonnait dans « Whiplash », Mia et Sebastian sont ici les deux faces d'une même pièce et se pose comme deux aspects de la personnalité du réalisateur. Cela représente ainsi le dilemme qui s'impose à Chazelle depuis qu'il est dans le milieu; d'un coté est ce qu'il faut déclarer une fois encore son amour au jazz, à ce qu'il aime ou alors est ce qu'il faut qu'il revienne à des choses plus basiques quitte à faire ce qu'il n'aime pas, mais qui capteront à coup sur un public plus large ? Un choix cornélien qui nécessitera forcément des sacrifices entre une réalité qui ne fait pas de cadeau et l'intégrité artistique.

Ce qui m’amène à revenir sur l'une des phrases dites par le personnage de Ryan Gosling « They worship everything and they value nothing » qui veut dire « Ils admirent tout, mais ils ne respectent rien » qui s'adresse directement à l'industrie hollywoodienne, dont le titre se fait l'écho. Oui « La la land » est autant un titre, qu'un surnom de Los Angeles, qu'un surnom négatif qui pointe la superficialité d'Hollywood et de facto ce qu'il en sort actuellement.
C'est une industrie qui a presque plus de respect pour les billets verts que pour les différents acteurs qui lui permettent d'exister. Elle ne respecte plus les acteurs, les actrices, les réalisateurs …
Elle peut faire l'ingérence dans la production d'un film ou encore ne pas payer les employés d'une compagnie d'effets spéciaux, du moment qu'on ne les vois pas pendant les cérémonies.
Et elle n'hésite pas à recycler des vieilles recettes, sans jamais se poser la question de la plus-value que l'on peut y apporter. Les come-back récents de certaines franchises comme Star Wars, Jurassic Park ou encore Ghostbuster portent en eux toutes les qualités et les tares de ce système, qui coincé entre la nostalgie et le présent, entretient une usine à rêves florissantes, attirantes, mais ou l'originalité se fait de plus en plus rares …

« People love what other people are passionate about »

C'est insolent à trente deux ans d'avoir autant de talent que Damien Chazelle. Alors ce n'est pas un reproche, mais un constat et de ce coté là, il réitère tout ce que j'ai pensé sur lui de bien avec « Whiplash ». Bon j'ai quand même deux, trois bémols à dire, notamment sur le début et la fin du film qui force un peu sur les références (l'épilogue dans son genre est presque indigeste), sur la transition entre le point de vue de Sebastian et Mia dans les 25 première minutes que je trouve un poil facile et sur un léger manque de rythme dans le dernier tiers (un autre numéro de danse ou de chant n'aurait pas était de trop) mais sinon c'est un sans faute. On retrouve un réalisateur qui sait ou il va, c'est précis, admirablement bien découpé, rythmé, le cadre est magnifié par l'usage du cinémascope, c'est grand, large, il occupe ça dans sa totalité pour des scènes d'une ampleur phénoménale. Son travail s'accorde parfaitement avec ce qu'il raconte, rien n'est superflu, chaque chansons à une utilité et un sens dans l'histoire. Le prologue est un manifeste vivant et vibrant qui nous introduit dans « La la land », la chanson « Someone in the Crowd » est un état des lieux moral de Mia et « A lovely night » une sérénade sous les étoiles qui voit naître une amitié franche, un échange amical qui selle leur amitié.

Mais à la poésie des mots, il faut ajouter celle des corps que Mandy Moore prend en charge. Cette chorégraphe livre un travail presque aussi important que celui de Damien Chazelle, avec des chorégraphies titanesques comme pour le prologue du film. Une séquence qui a demandé des mois de labeurs et de préparations pour une séquence dynamique et enivrante dont on se souviendra longtemps. Elle est aussi à l'aise pour les numéros plus intimistes, notamment avec le duo Gosling/Stone ou les chorégraphies sont en adéquations avec les chansons, c'est soit plein de rondeurs et de douceurs ou alors bien plus énergique; on sent ainsi aisément les émotions qui les traverses quand ils exécutent les pas qu'on leur a appris.

Si il ne faut pas oublier la photographie soignée de Linus Sandgren, pleins de couleurs chaudes et tons pastels qui d'un coté fait de Los Angeles une ville de rêve pour des rêveurs, mais de l'autre cela ne fait qu'accentuer l'aspect factice de l'endroit ou l'on se trouve. Le troisième élément indispensable et qui fait mouche dans « La la land » c'est la bande originale. Pour la composer Damien Chazelle retrouve son complice de la fac, le compositeur Justin Horwitz. Il signe une composition magnifique, pleine de joie, d'ivresse et de mélancolie qui vous restera bien des heures dans la tête après la fin du film. Un travail d'une immense qualité, pour un acteur essentiel dans la réussite de ce long métrage.

Quant au casting, il tient en deux acteurs, les incroyables Emma Stone et Ryan Gosling qui ne font littéralement qu'un à l'écran. Un duo dont je me réjouis de voir ici, surtout quand le réalisateur avait prévu Emma Watson et Miles Teller à la base. Ces deux acteurs se retrouvent ensemble une troisième et leur complicité éclaire les deux heures que dure le film. On ne croit pas seulement à leur histoire, on souhaite simplement que cela deviennent réalité. Si j'ai une préférence pour Ryan Gosling que je trouve de plus en plus épatant, la pétillante Emma Stone irradie de sa sensibilité la pellicule. Bref je ne sais pas si ils seront un duo mythique dans trente ans, mais à l'heure actuelle c'est certainement l'un des duos à l'écran des plus complémentaires qui puissent exister.


Une vrai perle !



Les Demoiselles de Rochefort


Delphine et Solange sont deux jumelles de 25 ans, ravissantes et spirituelles. Delphine, la blonde, donne des leçons de danse et Solange, la rousse, des cours de solfège. Elle vivent dans la musique comme d'autres vivent dans la lune et rêvent de rencontrer le grand amour au coin de la rue. Justement des forains arrivent en ville et fréquentent le bar que tient la mère des jumelles. Une grande foire se prépare et un marin rêveur cherche son idéal féminin...

Les Demoiselles de Rochefort – 8 Mars 1967 – Réalisé par Jacques Demy

J'aime beaucoup le genre de la comédie musicale que beaucoup hélas galvaude et cela malgré des classiques qui traversent les années tout en étant d'une grande qualités. Dans le lot, il y avait un cinéaste dont j'entendais parler sans jamais avoir vu un seul de ces films, Jacques Demy. Ce réalisateur français tout le monde le connaît, que cela soit grâce à ces films ou indirectement par la reprise de manière continue et régulière depuis près de cinquante ans de certaines chansons, comme la fameuse « chanson des jumelles ». Mais je n'ai franchis le cap que récemment, grâce à la sortie du troisième film de Damien Chazelle, l'excellent « La La Land » car c'est une des influences qui le parcours et comme je connais la plupart des comédies musicales américaines citées dedans, il ne me manquait plus qu'a me plonger dans celle-ci, ce que je regrette amèrement …

Tout l'action se passe dans la ville de Rochefort et plus précisément dans le centre de cette cité sur la place Colbert. Menée par Etienne et Bill, une troupe de forain s'installe sur cette place pour quelques jours. Tous les deux font très vite connaissance avec Yvonne la gérante du café de la place, une femme avenante et très accueillante qui à deux filles et un jeune garçon qui se nomme Boubou. Il faut ajouter à cela un marin, artiste rêveur en quête de son idéal féminin; un vendeur de piano qui rêve de reconquérir un amour perdu et un américain de passage qui tombe sur l'amour. Des personnages qui n'ont rien à voir en commun, si ce n'est de chercher un idéal féminin ou masculin bien dur à capter et a trouver dans les rues colorées de Rochefort …

Pendant quinze minutes j'ai bien cru tenir là une comédie musicale de première ordre, sauf que cela c'est vite détériore, jusqu'à en devenir totalement insupportable. Une déception d'autant plus grande car je souhaitais vraiment apprécier ce film qui est culte pour beaucoup et que je voulais découvrir « le » cinéaste français capable d'égaler les américains dans le genre qui à populariser des stars comme Gene Kelly, Fred Astaire, Ginger Rogers et bien d'autre.

Premier point qui me pose problème ici, c'est le scénario de Jacques Demy. Alors oui j'imagine que si on connaît mieux l’œuvre du cinéaste que moi, on doit y retrouver des choses que je ne vois pas, mais me concernant je n'ai vu qu'un amas bordélique de personnages peu développés qui se rencontrent au gré de l'envie du réalisateur. C'est simple tout le récit est construit pour passer d'un numéro à l'autre ou d'un décor à un autre, sans se soucier d'une quelconque logique. Chaque action qu'entreprend un personnage n'est pas là pour nourrir l'intrigue ou la caractérisation d'un personnage, mais juste pour qu'il en rencontre un autre, qui engendrera une autre rencontre … C'est mécanique, sans surprise et cela rend le tout particulièrement artificiel.

Des défauts d'écritures qui sont renforcés par l'omniprésence de la musique et du chant qui parasite tout ça. Oui Jacques Demy a confondu film musical et spectacle de variété. Ce qui fait souvent le sel d'une comédie musicale réussie c'est cette équilibre entre le chant, la danse et la comédie, car il ne faut pas oublier que c'est aussi un film que l'on regarde et que cela doit nous raconter une histoire, peut importe si elle est niaise ou non. Les chansons voire les numéros de danses sont là pour appuyer le propos ou illustrer ce qui se passe à l'écran et non pour se substituer à ce que le réalisateur doit nous conter. Un piège dans lequel Jacques Demy tombe sans aucune retenue, les chansons sont envahissantes, omniprésentes, énervantes, elles se déclenchent sans aucune logique, tout comme les danseurs que l'on voit œuvrer sans que l'on comprenne pourquoi ? ils sont là, ils dansent, peu importe si il se passe ou non quelques choses à l'écran.

Si le talent de Michel Legrand que l'on retrouve ici n'est pas vraiment à prouver, j'ai eu beaucoup de mal à n'apprécier ne serait-ce qu'une chanson, mais c'est un avis purement personnel et je ne me permettrais pas de le juger sur un film. Toutefois il y a une chose que je ne comprend pas, c'est pourquoi a t-on doublé presque tous les acteurs aux moments ou ils doivent chanter ? C'est gênant pour Grover Dale et George Chakiris, mais soit, ils ne sont pas français cela s'entend, mais pour Deneuve, Picoli ou pour Françoise Dorléac qu'elle est l'excuse, ne pouvaient-ils pas prendre des cours de chants ? Surtout que l'on ne s'attend pas à avoir des chanteurs professionnels (Hormis pendant l'age d'or du genre), car on sait que ce sont des comédiens avant tout. La performance aurait été encore plus grande au final et les imperfections n'auraient pas été gênantes.

Ce qui m’amène à la performance des acteurs et a ce que cela implique à mes yeux. Hormis l'actrice Danielle Darrieux qui était aussi chanteuse, tout le casting fut doublé pour chaque numéro de chant et comme il y en a beaucoup, j'ai juste eu l'impression pendant deux heures de voir des marionnettes à l'écran qui se succédaient sans aucune conviction, si ce n'est de faire attention au play-back. Et c'était tout bonnement énervant, surtout quand il y a un casting aussi fabuleux, Catherine Deneuve, Françoise Dorléac, Michel Piccoli, Gene Kelly, George Chakiris, Jacques Perrin ou encore Grover Dale. 

Décevant


Indiana Jones et la Dernière Croisade


L'archéologue aventurier Indiana Jones se retrouve aux prises avec un maléfique milliardaire. Aux côtés de la cupide Elsa et de son père, il part à la recherche du Graal.

Indiana Jones et la Dernière Croisade – 18 Octobre 1989 – Réalisé par Steven Spielberg

Après avoir visionné une fois de plus les trois premiers Indiana Jones, une chose est désormais claire, le second opus malgré toutes ces qualités intrinsèque est une anomalie. A l'époque George Lucas voulait que le second soit dans une tonalité plus sombre, comme un certain « Empire contre-attaque », une idée que Spielberg approuvait qui hélas n'a dans le contexte aucun sens, surtout si on compare ça au second volet de Star Wars. En résulte alors un Indiana Jones extrêmement misogyne et un personnage féminin mal écrit, aberrant de bêtise, dont Lucas admet après coup qu'il avait rendu ça bien plus sombre qu'au départ, car il était entrain de divorcer et qu'il n'était pas dans le bon « mood ». Des critiques à mon sens fondées qui pousseront le troisième film à revenir vers l'esprit du premier volet et donc quoi de mieux que de partir à la recherche du Saint Graal dans « lndiana Jones et la Dernière Croisade ».

Des son plus jeune age Indiana Jones est passionné par l'histoire, une façon pour lui aussi d'attirer l'attention de son père Henry Jones. Alors qu'a l'age de treize ans il était scout, Indiana avec un groupe d'amis tombe sur des pilleurs de tombes. Indiana reconnaît alors dans les mains de l'un d'eux « La croix de Coronado », un objet précieux qu'il ne peut se résoudre voir partir entre les mains des bandits. N'écoutant que son courage, il la vole et part au galop pour la mettre en lieux sur, tenant la dragée haute à des hommes expérimentés, mais hélas il ne peut empêcher la restitution de la dite croix à l'homme qui menait cette expédition. Impressionné par le culot du jeune Indy, il lui donne son chapeau, un présent qui l'accompagnera toutes sa vie. 1938, le monde s’apprête à basculer dans le chaos à cause de l'Allemagne Nazie. Une Allemagne qui cherche à mettre toutes ces chances de coté en partant à la recherche du Saint-Graal. C'est ainsi qu'Henry Jones, le père d'Indiana, le plus grand spécialiste sur le Graal est porté disparu. Jones prévenu par Donovan, part à Venise à la recherche de son père.

On revient au basique et cela fait du bien ! Ce n'est pas un séquel, mais la suite du film « Les aventuriers de l'arche perdue » et surtout c'est un film qui verse pas dans « la dark attitude » pour rien et de façon artificielle. Pourtant ce n'était pas gagné, car les premières versions du scénario écrites par Chris Columbus prolongées la thématique du film précédent, allant même parfois très loin, avec des fantômes ou encore des zombies. Mais tout ceci est écarté au profit une fois de plus des « Nazis », du « Saint-Graal » et de la venue du papa de Indiana Jones, un triptyque un poil redondant (sauf sur ce qui concerne le père) mais au combien palpitant à suivre.

La grande nouveauté du film, c'est la présence à l'écran de Sean Connery dans le rôle du père d'Indiana Jones, l'érudit Henry Jones. Un ajout à la mythologie Indiana Jonesque judicieux qui enrichit le personnage principal, tout en créant une nouvelle dynamique à l'écran et surtout cela permet de développer des thématiques chères à Steven Spielberg. La relation père/fils est au centre du film et se substitue clairement à la quête du Graal. Indiana Jones n'est pas à la recherche de cet artefact légendaire mais à la recherche de ce lien qui les unit lui et son père. Pendant deux heures, de péripéties en péripéties, de nazis en nazis, le récit s'attelle à recréer une relation durable entre ce père absent et son fils intrépide ou les incompréhensions sont légions, les sermons récurrents, mais qui sont muent par le même amour de l'histoire. Une passion qui se transformera en une confiance réciproque lors d'un climax tétanisant ou le père guidera le fils et ou le fils retrouvera foi en son père.

Quant à la réalisation, c'est une nouvelle fois du grand art ! Steven Spielberg fait preuve cette fois ci d'un grand sens comique, notamment en exploitant à merveille l'alchimie du duo Harrison Ford/ Sean Connery qui s'en donne à cœur joie. Un rire communicatif, des situations burlesques et une énergie communicative qui nous plonge au cœur de ce tandem inattendu, jusqu'à l'immense scène de fin dans le temple ou l'on passe du rire a l'émotion avec une aisance folle. Une maitrise de tout les instants, qui tire tous les autres acteurs du film vers le haut, comme le travail de Douglas Slocombe à la photographie, le montage réussit de Michael Kahn, les décors de Peter Howitt d'une grande minutie ou encore toute la direction artistique du film supervisé par Stephen Scott qui nous place dans la continuité visuelle du premier film. Puis il y a une nouvelle fois le génie de John Williams qui signe une composition sublime, épique et qui clôture le film avec le thème phare de la saga.

Le casting est une nouvelle fois de plus excellent ! On trouve d'abord River Phoenix qui est un parfait Indiana Jones jeune, intrépide, insouciant et un brin natif, il donne de l'épaisseur au Indy senior de part l'intensité de sa composition. Ce qui fait que l'on voit Harrison Ford sous un œil nouveau, notamment grâce a ce qu’amène l'introduction du père, il est encore plus sur de lui, sauf quand son père est dans les parages, ce qui lui renvoi ces propres faiblesses à la figure. Une composition plus nuancée qui rend indiana jones encore plus attachant. Comme dit plus haut, c'est Sean Connery le père de Indiana Jones et c'est un choix judicieux tant cela semble naturel. De plus Sean Connery se révèle être extrêmement drôle et ce n'est pas tous les jours que ça arrive. Après on trouve Denholm Elliott dans le rôle de Brody et John Rhys-Davies dans celui de Sallah. Seul point faible, ce sont les méchants incarnés par Alison Doody et Julian Glover qui ne sont pas à la hauteur du reste du casting, car leurs personnages manquent de clairement de consistance … 

Une dernière croisade salvatrice 


Indiana Jones et le Temple Maudit


INDIANA JONES ET LE TEMPLE MAUDIT
Réalisé par Steven Spielberg

Je garde d'Indiana Jones un souvenir ému. Le souvenir d'une enfant qui se régalait des actions de cet archéologue, et qui aurait bien aimé avoir un chapeau et un fouet elle aussi. Puis je me souviens avoir revu cet Indiana Jones avec Fred et avoir été si déçue de ce que je voyais, que je n'ai plus eu envie de les voir, même Indiana Jones et la dernière croisade qui reste mon préféré. J'avais peur que ça me gâche mon souvenir. Mais un dimanche on a décidé de revoir les trois d'affilés, et ce fut une très belle expérience. Alors j'ai décidé de m’arrêter sur cet opus de la première trilogie.


Dans cet épisode qui est le préquelle du premier, on trouve Indiana Jones, plus séduisant que jamais en smoking dans un cabaret de Saigon.
Il est là pour échanger les cendres d'un roi contre un énorme diamant. Bien évidemment cela ne se passera pas bien. Et notre ami Indi se retrouve en fuite avec une meneuse de revue blonde(Willie), et un adorable enfant débrouillard surnommé « demi-lune ». après un plongeon en bateau gonflable épique, ils se retrouvent dans un petit village d'Inde, ou ils sont reçus comme des rois. Avant leur départ on leur explique qu'ils doivent aller au palais de Panvot. Car on a volé une pierre sacrée du village. Et depuis tout va mal. Le pire étant que les enfants ont été enlevés.

Sur bien des points ce film ressemble et reprend des choses que l'on avait déjà vu et aimé dans l'arche perdue .Il y a la recherche archéologique qui est supplantée par une cause morale et humaine. Il y a, certes, un coté déjà vu dans la recherche des trésors.Les insectes peu ragoutants qui grimpent sur les personnages, les pièges mortels et le lot de squelettes qui surgissent de droites ou de gauches, ou encore les divers moment ou le héros est perdu mais dont il se sauve miraculeusement.
C'est redondant, mais c'est bien fait, certains éléments sont diversifiés, et ça suffit. Puis il y a de vraies choses nouvelles qui tournent autour de la secte et de sa manière d'agir qui permet de casser un peu cette impression.
On retrouve également d'autres fondamentaux, des méchants sans scrupules; un pays exotique; une cause supérieure.
La bouffée de légèreté est amenée par la présence des enfants que ce soit la jeune co-star Jonathan Ke Quan ou tous les autres dont l'inquiétant petit maharadja. Leurs apparitions à l'écran vont de paire avec un bon mot, une blague, ou une scène drôle à cause de leur décalage avec un héros adulte, c'est bénéfique pour le film. Mais ça permet aussi les raccourcis scénaristiques. Pourquoi donne-t-on des indications à demi lune( nom de personnage le plus gênant de tous les temps )? Parce que ce sont des enfants et que les enfants parlent entre eux.

Ou d’où vient cette idée, de brûler l'un des personnages pour le sortir d'une trans hypnotique? Pas besoin de justifier, c'est un enfant. Ceci dans un film ou l'on aime résoudre des énigmes ça me laisse sur ma faim. Mais ce qui m'a le plus dérangée est le personnage féminin. Alors je comprends que lorsqu'il a écrit l'histoire du film, Georges Lucas était en train de divorcer, mais je m'en fiche. Je trouve ça édifiant que le personnage principal féminin, soit une fille qui couche avec un mafieux pour l'argent. Qu'elle ne soit capable de rien faire de ses dix doigts, qu'elle soit la blonde à grosse poitrine qui n'a que des cris comme dialogue, ça me déçoit fortement. Alors que dans les deux autres épisodes de la trilogie ce n'est pas le cas. Elles sont fortes, indépendantes, et on aime se reconnaître en elles. Au final Willie embrasse un mec qui l'attrape avec un fouet et est moins intelligente que chacun des enfants du film. C'est en cela que ce film est décevant et pour cela que j'appréhendais à tort de revoir les deux autres.

Les Indiana Jones c'est de beaux souvenirs d'enfance ou je me rêvais d’être archéologue et baroudeuse. Les deux autres opus sont toujours aussi plaisants mais celui là, désormais me laisse un arrière goût de déception.