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Point Break



POINT BREAK
de Kathryn Bigelow

Je suis née dans une petite ville les pieds dans l'eau. Elle s'est fait un nom grâce au surf. Pendant mon enfance, j'ai beaucoup bougé mais on a fini par y revenir et j'ai eu «la joie» de partager mon adolescence avec des surfers. Si en général je n'en garde pas un bon souvenir, j'ai quand même eu la chance de rencontrer des adultes habités par leur passion qui était devenue un mode de vie. C'est donc riche de ça et des quelques années que j'ai vécu loin des vagues que j'ai décidé de revoir Point Break.

Johnny Utah est un jeune agent du FBI. Pour son premier poste, ce premier de la classe, choisit Los Angeles et son taux de criminalité vertigineux. A peine est-il arrivé qu'on lui attribue comme coéquipier, un vieux grigou à chemise hawaïenne, isolé au bureau et qui a une théorie singulière sur les braqueurs qui pillent la ville: ce sont des surfeurs. Des surfeurs qui poursuivent le « endless summer» et qui donc seront parti dans quinze jours et ne reviendront dans dix mois.
Ce film est un thriller qui réussi à allier un coupable aisément devinable avec un déroulé étonnant. Il nous fait sortir gaiement de notre quotidien.
Alors que la réalisatrice décide de le faire débuter et de le terminer sous la pluie battante; tout le reste de l'histoire se passe sous un soleil de plomb à affronter les vagues. En tant que spectateur vous avez l'impression d'avoir du sable sous les pieds et de sentir le monoi, tout en tremblant pour les personnages. L'image est solaire et nous ramène aux vacances. L'initiation au surf sur le sable est drôle et avouons le nous avons tous essayé de nous relever comme cela. 
Si les scènes se passent majoritairement à la plage, la réalisatrice ne se répète jamais. Elles sont tantôt de nuit, tantôt de jour, et jamais un de ces moments de surf si magnifiquement filmé n'est gratuit ou là uniquement pour son esthétisme. Ils amènent toujours quelque chose à l'histoire. J'avoue avoir été fascinée par la session de nuit. Et le scénario arrive même à amener le surf au bureau du fbi,en faisant entrer Johnny dans une tenue qui détonne avec une planche sous le bras qu'il tape partout. Comme s'il cherchait à aérer le cadre.
Du coup la lumière prend toute son importance. Elle est majoritairement naturelle est l'histoire est ensoleillée. Mais quand l'action se passe en intérieur ou de nuit, n'y a pas de transition l'image devient sombre et parfois on ne perçoit que les ombres. Ici c'est blanc ou noir; il n'y a aucune nuance.
Cette histoire porte sur des personnes dont on n'avait peu entendu parler en 1991. Ses hommes dopés à l'adrénaline, ont des profils nouveaux. Ils permettent entre autre, des moments magiques comme les scènes de chute libre. Je ne sais toujours pas comment il y a vingt six ans on a pu filmer ces passages avec tant de détails et une telle qualité. Ils fournissent également des ressorts à l'histoire complètement inattendus et en plus sont porteurs d'une philosophie qui leur est propre. 
Il y a une notion de clanique qui dans d'autre films sera déclinée sous forme de famille. Et là ou elle s'englue et se perd dans les sagas telles que fast and furious, prenant une forme patriarcale qui a ses limites. Ici elle est soutenue par une philosophie ou plutôt un état d'esprit commun. Ils ont des buts différents, des objectifs qui leurs sont propres. Mais ils vont dans le même sens. ça donne une légèreté à leurs personnages. C'est agréable à suivre. C'est parfois galvanisant. Puis sans être un film dit à message, il est bon de souligner le coté contestataire, voire en marge de l'histoire. Il y a l'évolution du personnage principal, la vie des surfeurs celle du groupuscule néo nazi comprise, ou le choix des masques des braqueurs, et leur avis sur les présidents. Jusqu'à ce qu'ils font faire à Utah, jamais dans les clous, ou dans une espèce de réalité.
Ce film doit aussi beaucoup à un scénario qui invente des personnages solides et a une distribution qui l'est toute autant.
Keanu Reeves interprète Johnny Utah. Il arrive parfaitement à incarner le premier de la classe,qui sent le propre, et qui est agaçant au début du film. Il fait évoluer son personnage, il est tout autant crédible en homme capable de dynamiter sa vie pour une autre. Il finit comme un adepte du surf , détaché mais quand même ouvert sur le monde avec un sens de l'abnégation. 
Il est finalement à l'opposé deBodhi a qui Patrick Swayze donne ses traits. Personnage meneur et porteur de la philosophie du groupe. Il a une relation particulière à ce qui l'entoure et à la mer. Mais finalement il se perd, et ne suivant plus ses règles et il perd aussi ce en quoi il croit, tout ça pour atteindre un but ultime.
Les deux acteurs ont des charismes complémentaires. Et ils ne semblent jamais entrer en compétition, ou tenter de tirer la couverture à eux. Leurs scènes communes transpirent la générosité.
Lori Petty interprète La femme. Celle qui est le lien entre nos deux personnages. Elle est dégourdie, surfe comme une déesse, et est capable de tirer à cinq centimètres de votre tète sans ciller. Je l'aime d'amour. Son jeu est physique quasi animale.
La relation qu'elle noue avec Johnny est essentielle à l'histoire elle lui permet de faire voler en éclat l'armure de chevalier blanc de l'agent. Elle est le vecteur par lequel il devient meilleur.


« Avez-vous déjà tiré en l'air en faisant ahahahahahahahah ? » . cette phrase de Hot Fuzz est un des marqueurs de l'impact assez improbable qu'a eu ce film sur le cinéma d'aujourd'hui. Film culte porteur d'un vent de liberté, il peut passer pour dater mais il est tout le contraire. Moderne dans son écriture, sa manière de filmer...

Ce film est un film comme on en fait plus. On essaie , mais ça se plante. Il est bon, efficace, c'est un agréable moment cinematographique

The Fast and the Furious


La nuit tombée, Dominic Toretto règne sur les rues de Los Angeles à la tête d'une équipe de fidèles qui partagent son goût du risque, sa passion de la vitesse et son culte des voitures de sport lancées à plus de 250 km/h dans des rodéos urbains d'une rare violence. Ses journées sont consacrées à bricoler et à relooker des modèles haut de gamme, à les rendre toujours plus performants et plus voyants, à organiser des joutes illicites où de nombreux candidats s'affrontent sans merci sous le regard énamouré de leurs groupies. A la suite de plusieurs attaques de camions, la police de L.A. décide d'enquêter sur le milieu des street racers. Brian, un jeune policier, est chargé d'infiltrer la bande de Toretto, qui figure, avec celle de son rival Johnny Tran, au premier rang des suspects.

The Fast and The Furious – 26 Septembre 2001 - Réalisé par Rob Cohen

La première fois que j'ai vu « The Fast and the Furious » j'étais jeune et impressionnable, mais surtout cela correspondait à une vraie mode, celle du tuning. Une pratique qui a prospéré dans les années 2000 avec son lot de films, de jeux vidéos (Need for Speed Underground), de magazines ou d'émissions TV comme avec « Pimp my Ride » et l'inimitable Xzibit en animateur. Une époque révolue, relativement moquée mais dont le porte étendard à l'époque continue d'exister encore devant nos écrans. « The Fast and the Furious » c'est plus qu'un film ringard, mais bien le témoignage d'une époque lointaine ou Vin Diesel n'était pas encore un rentier …

Brian O'Conner est un jeune inspecteur de la police de Los Angeles qui pilote des bolides comme personne dans son travail. Une qualité qui le qualifie pour infiltrer la petite bande de Dominic Toretto. Lui et sa bande sont soupçonnés de multiples braquages qu'ils commettent aux volants de trois Honda Civic. Une situations de plus en plus explosive pour la police, car les camionneurs qui sont la ciblent des braquages menaces de s'armer et de tirer à vue quoiqu'il arrive. Brian O'Conner devient ainsi Brian Eael Spilner et il commence à travailler dans un magasin de pièces automobiles, principal pourvoyeur des voitures de Toretto et de sa clique. Une position qui le rapproche du cercle de Torreto, mais il lui manque « la crédibilité ». Pour ça, Brian se rend un soir à l'un des rodéos sauvages qu'organise Toretto et participe à un drag race ou il met en jeu la carte grise de son véhicule. Défait par un Toretto intouchable, il se contente de lui avoir tenu tete longtemps même si cela a cramé quelques pièces de sa voiture. Alors que ça fanfaronne dans tous les sens, la police arrive pour mettre un terme à tout ça. Dominic qui est connu de leur service est a deux doigts de se faire arrêter quand Brian arrive et le sauve d'une arrestation programmée. Une aubaine pour Brian qui se voit ouvrir les portes de la « Toretto Family » …

C'est au détour d'une rediffusion sur TF1 que j'ai revu le film de Rob Cohen et cela a mal vieilli. Pourtant il garde cet attrait de film musée sur l'époque du tuning. Si dans les influences que revendiquent le film, on trouve l'emprunt au titre du film de John Ireland «The Fast and the Furious», le film « 260 chrono » de Peter Werner, «The Legend of Speed» d'Andrew Lau ou encore le classique « Point Break » de Kathryn Bigelow. L'idée de base est parti d'une article de Kenneth Li dans le magazine Vibe en Mai 1998 qui s'appelait « Racer X ».

Li racontait l'histoire de Rafael Estevez, un mec qui faisait des courses de rue à New York et plus particulièrement des drags races. Un milieu multi culturel, qui c'est forgé dans la rue avant de devoir se rabattre sur des endroits légaux (répression policière) ou les sponsors sont devenus peu à peu légion. Un article qui a indéniablement influencé le film dans la description du milieu des courses de rues, mais aussi sur certain aspect de l'antagoniste principal qu'est Dominic Torreto. Un effort d'authenticité que je n'avais pas soupçonné et qui rend le film encore plus proche de son époque. Cependant ce n'est pas ce qui atténue la vulgarité inhérente qui se dégage du film. Les scénaristes dont un certain David Ayer écrivent avec ce milieu en tete une intrigue classique avec le fameux coup du « flic infiltré » et de « l'amitié entre l'infiltré et sa cible ». Un récit balisé (efficace malgré tout), des ressorts narratifs classiques et des archétypes en pagailles qui peuvent agacer maintenant, mais qui sonnait assez juste à sa sortie.

Ce qui n'est plus trop le cas de la réalisation de Rob Cohen. Car si on en prend plein la vue (Je suis généreux) dans les courses de rues, le reste du film est mis en scène de façon très molle, une scène d'action succède à une scène d'exposition qui succède ainsi à une scène de poursuite, pendant lesquels les personnages essayent de donner de l'ampleur à leurs personnages voir un brin d'émotions. Hélas vu que les personnages ne sont que des archétypes sans aucun développement, qu'il y a un mec qui leur a écrit des punchlines et que ce sont pour la plupart des acteurs en devenir, ça sonne faux voire complètement ridicule, mention spéciale à Vin Diesel qui « essaye » de nous émouvoir dans une des scènes les moins forcée de toute la saga. Et on ne peut pas dire que la bande originale de Brian Wayne Transeau aide à se plonger dans l'ambiance de ce milieu, car si il y a des morceaux de rnb (Ja Rule, Ashanti) plutôt sympathiques, certains furent des pures agressions auditives.

Quant au casting, c'est un brassage de cultures et d'origines qui était assez rare à l'époque dans un film à Hollywood et que la saga a perpétué. Toutefois le premier tient en partie grâce au duo Vin Diesel/Paul Walker. Le premier qui ne se la jouait pas encore « grand acteur » et il dégageait pas mal de présence, même si son jeu limité l’empêchait de voir plus loin, on croyait en son personnage de Toretto, dommage que le melon lui soit vite monté à la tête. Le second apporte quant à lui un peu plus de finesse, notamment dans ce duo qu'il partage avec Vin Diesel. Une bonne chose pour compenser les travers de son partenaire. On trouve aussi les noms qui reviendront périodiquement pendant sept épisodes, Michelle Rodriguez, Jordana Brewster, Matt Schulze, mais aussi celui de Rick Yune, Chad Lindberg, Ted Levine ou encore Ja Rule … 

Premier film d'une saga au combien lucrative qui a du mal à traverser les époques. Cela reste cependant un témoignage sincère d'une époque révolue.

ps: Si vous n'avez jamais vu ce film, abstenez vous car vous seriez automatiquement déçu.