Kong: Skull Island


Un groupe d'explorateurs plus différents les uns que les autres s'aventurent au cœur d'une île inconnue du Pacifique, aussi belle que dangereuse. Ils ne savent pas encore qu'ils viennent de pénétrer sur le territoire de Kong…

Kong: Skull Island – 8 Mars 2017- Réalisé par Jordan Vogt-Roberts

Le « Shared-Universe » ou « Univers Partagé» c'est le petit truc qui fait rêver n'importe quel studio à Hollywood. Son but ? C'est de faire cohabiter au sein d'un même univers, différents personnages d'une licence ou d'une saga déjà établie en multipliant pour ce qui nous concerne, les films ! De ce fait, l'effet d'attente entre chaque film est au maximum, teaser alors par l'envie de savoir ce qui arrivera à l'un ou l'autre des personnages et ça Marvel le fait admirablement bien. Sauf que ça a engendré des tas de petits qu'on n'a pas envie voir ou de voir arriver, comme celui d'Hasbro (GI Joe/Transformers), celui de la saga Fast and Furious (Spin-Off sur Hobss) celui sur les monstres d'Universal (La Momie, l'homme invisible) ou bien encore le « monstroverse » de Legendary/Warner avec Godzilla et désormais Kong.

L'histoire du film qui devait être un « reboot » de ce monstre, c'est transformer en un immense défouloir qui se déroule en pleine guerre du Vietnam. Bill Randa de l'agence Monarch supervise une expédition jusqu'à l'ile du Crane. Une ile qu'il croit habiter par un monstre qui a détruit le bateau ou il se trouvait lors de la seconde guerre mondiale. Pour ça, il profite sans le préciser d'une expédition organisée par le programme Landsat et d'une escorte de militaire. Sauf qu'une fois sur l’île, il se retrouve face à l'inimaginable, un gorille de trente mètre de haut qui les attaque sans aucun ménagement. Décimés, les rares survivants sont éparpillés, ils découvrent alors un lieu dangereux et hostile à l'homme. Pourtant ils vont devoir le traverser, à leurs risques et périls …

Hormis un aspect graphique recherché et la présence de Kong, je n'attendais pas grand choses de ce film. Ce qui est bien, car au final avec « Kong : Skull Island » j'ai eu encore moins de plaisir que ce que j'escomptais. Cet « Apocalypse Now du Monde Perdu » est truffé de bonnes intentions, mais comme Jordan Vogt-Roberts à la subtilité d'un gorille de trente mètres dans un magasin de porcelaine, cela donne un immense foutoir qui se morfond dans son propre concept et l'absence totale d'histoire. Trop conscient de l'imagerie qu'il véhicule (La guerre du Vietnam), le réalisateur en oubli presque qu'on vient pour voir King Kong, et donc si la première séquence sur l’île est impressionnante, avec son lot de destructions et d'images fortes, le reste du film est extrêmement mollasson et il se perd par la même occasion dans son propre sujet et ne fait qu’enchaîner par la suite des scènes sans aucun liant ! Un monstre par si, un autre par là, un marines perdu ou encore un village perdu d'humains.

Sauf que paradoxalement le film ne manque pas d'idées, ni de talents pour faire prendre vie cette « Skull Island ». La direction artistique se tient, le bestiaire de l’ile semble sans limite et le travail de performance capture pour Kong est d'une grande qualité. Malgré ça le film ne décolle jamais et c'est clairement plombé par une narration linéaire, un manque flagrant d'émotion et surtout de personnages correctement caractérisés. Le casting qui était pourtant de qualité, devient ici anecdotique ! Ce qui fait mal quand on à Samuel L. Jackson, Tom Hiddleston, Brie Larson ou encore John Goodman

Godzilla 1 – King Kong 0
"Poster crée par Autumn Rain Turkel"

Aliens le retour


Après 57 ans de dérive dans l'espace, Ellen Ripley est secourue par la corporation Weyland-Yutani. Malgré son rapport concernant l’incident survenu sur le Nostromo, elle n’est pas prise au sérieux par les militaires quant à la présence de xénomorphes sur la planète LV-426 où se posa son équipage… planète où plusieurs familles de colons ont été envoyées en mission de "terraformage". Après la disparition de ces derniers, Ripley décide d'accompagner une escouade de marines dans leur mission de sauvetage... et d’affronter à nouveau la Bête.

Aliens le retour – 8 Octobre 1986 - Réalisé par James Cameron

Avec près de 100 millions de dollars de recettes dans le monde pour un budget de 11 millions de dollars, le succès de « Alien : Le 8 eme passager » donne bien évidemment des idées au producteur David Giler. Mais à l'époque les dirigeants de la 20th Century Fox n'en veulent pas et ce n'est que lorsque la direction changea que l'idée ne fut plus écartée. Une aubaine pour un certain James Cameron qui hérita de la réalisation de cette suite, après avoir prouvé tout son talent lors de la sortie de son premier film « Terminator » ! Et si le changement peut décontenancer, ce fut certainement la meilleure des idées pour cette suite…

Une fois l'Alien disparut dans l'immensité de l'espace, Ripley avec son chat rentre en stase et laisse dériver la navette de sauvetage dans l'espace. Un voyage qui durera près de 57 ans avant d’être récupéré et rapatrié près de la terre, sur une station orbitale. Le réveil est très rude pour Ripley, encore traumatisée par ce qu'elle a vécu sur le Nostromo, mais elle n'a pas le temps de s'apitoyer sur son sort car la compagnie Weyland-Yutani lui demande des comptes sur ce qui s'est passé il y a 57 ans. Hélas on ne la croit pas, son histoire paraît complètement folle, surtout que la planète ou elle dit que ses camarades décédés on découvert la créature est colonisée depuis près de vingt ans. Malgré sa bonne foi, elle perd son droit de voler et doit trouver un travail pour subsister. Une situation qui ne perdurera pas longtemps, car depuis peu la planète LV 426 ne répond plus et une mission de marines doit aller sur place pour s'assurer de ce qu'il se passe. Burke l'avocat de la compagnie Weyland-Yutani charger de la défendre, propose à Ripley de venir en tant que consultante sur cette mission, avec la secrète promesse que si il y a des Aliens qu'ils soit détruits …

Au final et cela même si je préfère en général le travail de James Cameron, cette suite ne m'a pas autant plu que le premier volet. Alors je ne suis pas déçu par ce que j'ai vue, parce que de ce coté là, c'est un excellent film, une suite pertinente et surtout un pur film de James Cameron. Fini le huis-clos suffocant de Ridley Scott, place à un film d'action, à une escouade de militaires aussi virils que débiles et à la désormais mythique Ripley, qui explorent à l'insu de leur plein gré une nouvelle facette de la mythologie Alien.

Ce qui est bien avec l'histoire que James Cameron à écrite, c'est qu'elle prend le contre-pied de ce qu'avait fait Ridley Scott précédemment et que cela montre qu'il à su se poser la bonne question à savoir « Qu'est ce qui serait pertinent pour prolonger l'histoire d'Alien sans se répéter ? ». Cette histoire de guerre au fin fond de l'espace est aussi son seul point faible à mon humble avis, car il faut accepter cette approche plus frontale. Une radicalité qui peut heurter, notamment pour ceux qui ont était plus séduit par la retenue de Ridley Scott. Mais voilà, c'est aussi ça sa grande force, Cameron s'approprie l'essentiel pour mieux le développer. Le personnage de Ripley reprend sa place de mère et le thème de la maternité est approfondie (Relation Newt/Ripley); l'alien n'est plus un modèle unique mais bien le représentant d'une espèce qui peut se reproduire ; on retrouve aussi l'homme démunis malgré sa technologie (Militaires surarmées vs Aliens primitifs) ; l'homme face à sa propre avidité; mais aussi les dangers du capitalisme et les traumatismes liées à la guerre (Vietnam). Et c'est tout cela qu'on retrouve dans l'intrigue concoctée par Cameron. Une intrigue claire, qui suit le destin d'une femme traumatisée, qui part combattre sa propre peur et qui redevient peu à peu la mère qu'elle a été! C'est précis, efficace et l'intrigue sait exactement ou elle va tout en développant comme il se doit les thématiques citées si dessus, et c'est encore plus généreux dans sa version director's cut.

Une générosité si grande, qu'elle a émaillé le tournage du film, car oui James Cameron, perfectionniste dans l’âme n'a pas supporté l'attitude des techniciens anglais lors des prises de vues aux studios Pinewood, qui se la jouaient un peu trop cool ! Une tension qui à même failli virer à la grève. Pourtant cela n'a eu aucun impact quant au résultat final et ça c'est assez impressionnant. James Cameron prend le parti du spectaculaire, mais il ne délaisse pas pour autant le suspense et la tension que l'on peut créer avec la présence de l'alien.

C'est ainsi qu'après une exposition maîtrisée, ou l'on se reconnecte avec cet univers, Cameron balance la chevauchée des valkyries et nous entraîne dans son Vietnam à lui. On peut alors voir les travaux et les nombreux designs de Ron Cobb et Syd Mead sur les décors, les armes ou encore les vaisseaux; les décors de Peter Lamont comme celui crée dans une ancienne centrale électrique sont en adéquations avec la direction artistique de Terry Ackland-Snow, qui fait de ce film un prolongement délicat des décors apocalyptiques de Terminator, mêlés à ceux d'Alien. Le rendu est en totale adéquation avec ce que Cameron veut nous montrer et les scènes d'actions profites à merveille de ça, les Aliens se déplacent en silence dans la jungle de cette immense complexe et n'hésitent pas à chasser en meute ! C'est admirablement mené, monté et ces séquences n'ont rien à envier a celle du premier en terme de terreur pure.

Et il alterne à merveille entre le développement de son intrigue, les diverses interactions de ses personnages et l'action pure et dure. Une maîtrise de tous les instants que Cameron garde tout au long du film, notamment pour préparer au mieux l'arrivée de la Reine Alien, sublime animatronique et de l'ultime combat, « Mère » contre « Mère » !

Le casting quant à lui est excellent. Une part d'entre eux fait partie du Cameronverse, avec Bill Paxton, l'impeccable Michael Biehn, Jeanette Goldstein ou encore Lance Henriksen; des interprètes avec énormément de magnétisme et de talent qui portent une partie du film sur leurs épaules avec brio. Paul Reiser sous ses traits de gentil garçon est l'incarnation du capitalisme, il vous sourit mais en secret il ne pense qu'au profit possible avec un spécimen extraterrestre. Froid , cynique et lâche, il n'en reste pas moins terrifiant, voir peut être plus qu'un Alien. Puis on trouve la touchante Carrie Henn, admirable Newt, enfant perdu au milieu du chaos. Une jeune actrice à l'époque qui fait preuve de beaucoup de maturité et de caractère. Des qualités indispensable pour supporter le tournage (Car elle est éloignée de sa famille), sur lequel elle a tissé des liens très forts avec Sigourney Weaver, qui est devenu une seconde mère pour elle. Un lien que l'on retrouve dans le film et dans leur relation, mais surtout dans ce que transmet Sigourney Weaver à l'écran, comme l'abnégation, la combativité, le sacrifice et l'amour. Performance saluée par une nomination à l'oscar de la meilleur actrice en 1987 … 

Une bonne suite ! Mais je préfère malgré tout le premier.

"Poster by Rich Davies"

Détective Dee : Le Mystère de la flamme fantôme



DETECTIVE DEE
le mystère de la flamme fantôme
de Tsui Hark


Détective Dee est un titre qui a flotté dans ma TL. Des salves de compliments venaient à nous. Lorsqu'on lisait des articles, ces films avaient tout pour plaire. Tout cela a provoqué la violente envie de les voir. C'est perdu au milieu d'un bac de la FNAC que le maître de ce blog a trouvé un coffret regroupant les deux .
Détective Dee le mystère de la flamme fantôme, est le premier opus qui a été filmé mais chronologiquement il se situe après Détective Dee et la légende du dragon des mers.

En 690, la régente s’apprête à être couronnée impératrice. En cette honneur elle fait construire l'une des plus grandes statues de bouddha aux traits féminins. Alors que les préparatifs du couronnement touchent à leur but, des personnes qui travaillent à la construction de cette statue brûlent, comme victimes d'une combustion spontanée.
Pour calmer la population qui craint une malédiction et court-circuiter une rébellion elle demande à sa dame de compagnie, et personne de confiance Shangguan Wan'er d'aller chercher le Juge Dee. Ce juge, le meilleur enquêteur, est enfermé depuis plusieurs années pour avoir exprimer son opposition à ce que celle qui est sur le point de devenir impératrice,monte sur le trône en tant que régente.

Ce film a une double origine, il est avant tout inspiré par les romans de Van Gulik (les enquêtes du détective Ti). Et d'un homme politique qui sous la dynastie Tang, s'est beaucoup investi et a permis à la population de mieux supporter le régime autoritaire et intransigeant sous lequel ils vivaient.
Le scénario et ces références permettent au film de s'ancrer dans une mythologie et il l'enrichit. Plein de choses se mettent en place, les croyances qui régissent la vie des personnages, la religion, la magie, la transfiguration,la médecine chinoise; les techniques de combat ou l'arme de Dee... toutes ces petites choses ne font pas que donner de la cohérence et du contenu à l'histoire. Elles créent un univers ou il est bon de se perdre.

L'immersion est aussi un bonheur grâce à la photographie. Les lumières, les couleurs, les costumes somptueux, la richesse de l'image. On en prend plein les yeux. Il n'y a pas un endroit ou le spectateur les pose qui ne nous fascine pas, ou un détail qui n'attire pas l'attention.
La réalisation met parfaitement en valeur une histoire palpitante. Ce film est très rythmé. La tension est palpable tout du long. Elle ne gâche jamais une occasion de pimenter son histoire avec un soupçon d'irrationnel. Et elle arrive à garder la cohérence dans tout cela. Les scènes de combats sont magnifiquement chorégraphiées. Le problème est que souvent les combats aériens divisent. Les gens les aiment ou pas. Mais là ils sont diversifiés. Il y a quelque chose de particulier à voir la séquence avec les marionnettes, ou comment Dee gère l'arme dont lui a fait cadeau l'empereur. Il y a plein de fantaisies dans ces scènes.

Les acteurs sont parfaitement exploités. Les rôles sont très ambigus, et jusqu'au bout on ne sait pas jusqu'à quel point on peut leur faire confiance. Au final on ne sait pas qui est qui dans ce film. Et tous les acteurs sont charismatiques. Andy Lau qui interprète Dee dans ce film, porte son rôle crânement. Il semble être polymorphe. De sa première apparition en prisonnier porteur d'un handicap, à la dernière quelques minutes avant l'aube il est méconnaissable.
Ce film souligne deux choses qui m'ont particulièrement intéressée. La première est un discours qui se rapproche de celui de Hero, sur ce qu'implique de gouverner un pays et un peuple, et le comportement des gouvernants.
Et bien que ce film nous dise une chose,le héros est un opposant reconnu, et le réalisateur est Hongkongais avec toutes les particularités que ça implique. Et je me demande si le message n'est pas plus complexe.
Je n'ai pas la réponse.
L'autre point est la place des femmes. Ici ce sont des femmes de pouvoirs et des combattantes, à l'égal des hommes même supérieures à eux. Les actrices à l'image de Carina Lau, qui interprète l'impératrice les portent avec brio.

J'ai aimé d'amour ce film. Il était encore plus incroyable que ce que j’espérai. Il est beau, palpitant, magique et riche.






Alien, le huitième passager


Le vaisseau commercial Nostromo et son équipage, sept hommes et femmes, rentrent sur Terre avec une importante cargaison de minerai. Mais lors d'un arrêt forcé sur une planète déserte, l'officier Kane se fait agresser par une forme de vie inconnue, une arachnide qui étouffe son visage. Après que le docteur de bord lui retire le spécimen, l'équipage retrouve le sourire et dîne ensemble. Jusqu'à ce que Kane, pris de convulsions, voit son abdomen perforé par un corps étranger vivant, qui s'échappe dans les couloirs du vaisseau...

Alien, le huitième passager – 12 Septembre 1979 – Réalisé par Ridley Scott

Si j'occulte « Prometheus » que j'ai découvert il y a deux ou trois ans et qui très honnêtement ne m'a pas laissé un souvenir impérissable, mon entrée dans la saga « Aliens » s'est faite au travers des deux étranges films de Paul W.S Anderson « Alien vs Predator » ! Si l'idée de faire s’entre-tuer ces deux factions est factuellement assez drôle, en substance cela ne vaut pas grand chose et surtout ça ne rend pas honneur à l'immense premier film de 1979 signé Ridley Scott que j'ai enfin découvert …

Le Nostromo est un vaisseau commercial avec a son bord un équipage de femmes et d'hommes, qui ramènent une importante cargaison de minerais. Pour ce trajet éminemment long, les différents membres d'équipages sont plongés en état de sommeil prolongés, seul l'ordinateur de bord veille au bon déroulement du voyage. Alors qu'ils sont loin d'avoir atteint leur destination, l'équipage du Nostromo est sorti de son long sommeil par « Maman » l'ordinateur de bord, car elle a détecté des signes de vies sur une planète. Surpris par ce réveil, les membres de l'équipage doivent cependant honorer une clause de leurs contrats, qui stipule l'obligation d’enquêter sur tout possible de signe de vie extraterrestre. C'est ainsi qu'une petit équipe débarque sur LV-426 dans le but d'en apprendre plus.

Comme je n'aime pas spécialement me faire peur, j'appréhendais fortement la vision d'Alien mais il n'en fut rien au final, car si des frissons il y a eu, ce fut au profit d'une très belle découverte. « Alien, le huitième passager » est un film qui n'a pas usurpé sa réputation, c'est bel et bien un classique du cinéma et un monument de science-fiction par la même occasion. Et à l'époque c'est à un novice que l'on s'adresse, un certain Ridley Scott, qui récidivera trois ans plus tard pour signer un autre chef d’œuvre de la sf « Blade Runner » !

Malgré de nombreux remous lors de sa conception, le scénario est d'une efficacité à toute épreuve et dépasse contre toute attente la relative simplicité qu'il s'en dégage. Car oui, l'histoire est simple, c'est celle d'un équipage qui doit survivre face à une forme de vie extraterrestre agressive. Mais voilà, par l'intelligence de la narration, qui sait jouer sur les non-dits, le mystère et la retenue, on est happé par ce huis-clos mortel des les premières minutes du film. De plus l'Alien, ainsi que l'ordinateur de bord « Maman », apporte une symbolique somme toute intéressant qui densifie ce que l'on nous raconte, notamment sur l'acte de création qui peut accoucher du «meilleur» comme du plus « atroce » …

Puis concernant la réalisation du film, pour une personne qui signe son second film c'est propre ! Ridley Scott maîtrise l'espace et il ne fait jamais dans la surenchère, la créature par exemple que l'on doit à l'artiste HR Giger est préservée et maintenue dans l'ombre pour ne surgir que rarement, le tout en exploitant à merveille le hors-champ (La scène avec le chat quelle merveille !). Une maîtrise du suspense que Scott étale tout au long du film, que cela soit par la tenue de son intrigue que par l'ambiance qu'il arrive à instiller, pesante et cauchemardesque. Des le début on est plonger dans l'immensité de l'espace et du Nostromo, ou chaque recoin semble être menaçant et à cela il faut ajouter ce travail si subtile sur le son et la présence ou non de musique ! Ce qui donne des moments glaçants, ou l'on est au près de l'équipage, dans les entrailles du Nostromo, ou le souffle se fait court et la respiration rapide. A cela il faut ajouter des effets spéciaux réussis, notamment ce qui concerne la créature; une direction artistique sublime qui à depuis fait des émules et une partition musicale signé Jerry Goldsmith particulièrement réussis !

Le casting du film quant à lui est parfait ! On retrouve John Hurt dans le rôle de l'officier en second Kane, Harry Dean Stanton dans celui du technicien Brett, Tom Skerritt impeccable dans le rôle du commandant Dallas ou encore Ian Holm dans le rôle glaçant de Ash. Puis il y a Veronica Cartwright dans le rôle de la navigatrice Lambert et Yaphet Kotto dans celui de Parker. Un groupe homogène qui se met au service du film et livre une belle performance d'ensemble, même si Ian Holm semble au dessus. Mais celle qui met tout le monde à l'amende dans ce film, c'est Sigourney Weaver dans le rôle désormais mythique de Ellen Ripley. Ce personnage est une bénédiction, le seul qui à un brin de jugeote et surtout qui ne baisse jamais les bras face à l'adversité et elle donne énormément de sa personne pour faire vivre son personnage. Une prestation sublime, pas caricaturale et indéniablement badass ! 

Si vous ne l'avez pas vu, je vous le recommande et si vous l'avez vue et bien regardez le à nouveau !

Merci Patron !



MERCI PATRON !
de François Ruffin

Je ne sais pas bien pourquoi j'ai voulu voir Merci patron!. Sûrement pour son réalisateur que personne ne sait présenter sans citer ce film, comme si ce morceau de bravoure devenait une part de sa personnalité.

Le postulat de départ met le réalisateur au centre du documentaire. Se présentant comme fan de Bernard Arnault, il décide de réconcilier le multi milliardaire et le petit peuple qu'il a licencié. Au court de cette quette il rencontre la famille Klur. Le couple a été licencié d'une des usines qui confectionnait des costumes Kenzo et qui a été délocalisée. Ils vivent avec 400euros par mois et sont sur le point de se faire exproprier et leur maison est à une semaine de la saisie. C'est à ce moment que ce docu prend une autre dimension et qu'il se transforme en plan de sauvetage de cette famille, tout en laissant transparaître les méthodes de ces grands industriels.
François Ruffin est un homme engagé et c'est le préalable de ce long métrage. Son parcours et sa vie sont le symbole de ses convictions. Ce documentaire est engagé, il faut l'accepté avant de le voir.
Il est évident que ça dérange, vous n'avez qu'à aller voire sur les critiques des différents médias, et comment certains classes avec plus au moins de mépris ce film, au moment de lui donner un genre.Le début du film peut être déstabilisant si vous avez un problème avec les donneurs de leçons qui ne sont pas avare en ironie. 

Mais si la forme peut piquer le fond apparaît si intéressant que l'on reste attaché au film. Puis il rencontre la famille Klur, Jocelyne et Serge on est face à ces gens si attachants, courageux et dans une telle détresse que l'on ne peut qu’être blessée pour eux. Et face à ce malheur le réalisateur se lance dans une mission de sauvetage, l'ironie est un peu moins là mais l'humour est toujours plus présent voire plus féroce.

François Ruffin nous montre ce qu'est l'engagement, il met en route un bras de fer avec LVMH, en prenant la place du fils de cette famille. Les démarches mettent en lumière les méthodes de ces grands groupes et de leurs directions. Apparaissent dans le tableau des barbouzes, des groupes de pressions et des hommes politiques de tous bords, et les manières de faire plus qu'étonnantes. Dans un film on aurait trouvé le scénario trop gros.
J'avoue avoir été émue par la fin. Mais ça n'éclipse pas la photographie sans concession et non sans pression sur notre société et sur ceux qui détiennent l'argent. Il témoigne de la puissance de l'individu et de la personne qui a la force et le courage de penser et agir différemment.

Ce documentaire rentre en écho avec le discours d'un président Jupiter qui parle de «ceux qui ne sont rien» .

John Wick: Chapter 2


John Wick est forcé de sortir de sa retraite volontaire par un de ses ex-associés qui cherche à prendre le contrôle d’une mystérieuse confrérie de tueurs internationaux. Parce qu’il est lié à cet homme par un serment, John se rend à Rome, où il va devoir affronter certains des tueurs les plus dangereux du monde.

John Wick 2 – 22 Février 2017 – Réalisé par Chad Stahelski


Malgré la mort de Viggo Tarasov et l'adoption d'un nouveau chien, John Wick n'en a pas toujours finit avec la famille Tarasov, car il n'a toujours pas retrouvé sa voiture. Ce qui ne tarde pas à causer des soucis au frère de Viggo, Abram Tarasov qui panique à l'idée de voir John Wick venir reprendre son bien. Quelques coups de feu plus tard, John fait un pacte de paix avec Abram avant de se retirer pour de bon du marché de l'emploi des tueurs à gages. Hélas rien n'est définitif dans ce milieu, surtout si vous avez une dette envers quelqu'un. C'est ainsi que Santino D'Antonio, un seigneur de la pègre vient chercher son du, sauf que John ne veut pas car il s'est retiré du circuit. Légèrement contrarié, Santino s'en va mais il détruit avant de retourner en Italie la maison de John Wick. Sans domicile, John se rend au continental, laisse son chien et prend des conseils au près de Winston, qui lui rappelle les règles qu'il ne doit pas rompre. Convaincu, Wick se rend à Rome pour exécuter ce contrat qu'il doit à Santino, mais très vite, ce qui s’avérait être un énième assassinat, ce transforme en un immense traquenard.

La fraîcheur en moins, ce second « John Wick » est plutôt plaisant et remplit à merveille ce que l'on attend de lui, à savoir de la bagarre, des fusillades et du Keanu Reeves. Un cocktail qui fonctionne toujours aussi bien, avec comme seul commandant à la barre du na'wick, le comparse de David Leitch, monsieur Chad Stahelski. Cependant, il y a quelques points qui me chagrinent et qui ne permettent pas au film de faire mieux que son prédécesseur, à savoir une intrigue alambiquée, une action redondante et un dernier acte perfectible …

Au scénario on retrouve Derek Kolstad qui nous pond une histoire aussi simple que le précédent, qui fonctionne sur le même principe, a savoir que John Wick ne fait que réagir à une agression. Mais il n'arrange rien, en collant une intrigue de mafieux, de dettes, mâtinées de trahisons et de complots tout bonnement indigeste, tant les ficelles sont éculés. Et là ou tout était simple, précis et diablement efficace, ce John Wick patine dans le trop plein de sérieux ! C'est assommant, inintéressant et surtout on a du mal à s'impliquer, car déjà les personnages ne sont pas bien écrits ou du moins bien caractérisés mais surtout il y en a trop !

Ceci dit, le film à le mérite de densifier la mythologie « John Wick ». On découvre un « Continental » à Rome, ce qui laisse entrevoir un réseau à l'échelle mondiale; il y a aussi ce pacte que l'on signe avec une personne si on est dans le besoin, pacte qui se transforme en épée de Damoclès par la suite, car vous ne savez pas quand vous devrez rendre ce service en retour; puis le film élargit les possibilités en introduisant la faction des mendiants, qui agissent dans l'ombre et avec un réseaux très bien établi. Par petite touche, le monde initié dans le premier film prend une toute autre tournure, plus dure, plus radicale et plus impitoyable, ou la moindre incartade se paie cash, que l'on soit John Wick ou non …

Quant à la réalisation, elle aussi sympathique que dans le premier film. Entouré notamment par le chef op Dan Lautsen (Crimson Peak) qui éclaire le film a la perfection, Chad Stalheski multiplie les lieux et les séquences de fusillades, avec un dynamisme qui lui est propre et même si on ressent une sorte de redite dans la chorégraphie des combats, la générosité dont il fait preuve marche ! C'est ainsi que le film compense son intrigue alambiquée, en nous donnant notre lot de séquences fortes ou Keanu Reeves croisera cette fois-ci son vieil ami Laurence Fishburne, ou bien encore Common, Riccardo Scamarcio, Ruby Rose et le grand Ian McShane.

La surprise en moins, ce 2nd opus n'en oublie pas d'enrichir sa mythologie et d'ancrer John Wick parmi les meilleurs personnages de film d'action créé récemment !


"POSTER DE SIMON DELART"

Un Air de Famille


UN AIR DE FAMILLE
de Cédric Klapisch

Un air de famille, est classé dans mon panthéon personnel. J'en garde un souvenir fort et aussi une validation de certains choix de vie. Le partager avec le plus cinéphile de notre couple fut une expérience particulière.

Pitcher ce film, c'est déjà le trahir un peu. Mais au cas ou vous seriez passé à coté.... Tous les vendredis, une famille se regroupe dans un grand restaurant. Autour de la matriarche on retrouve le fils aîné qui a repris le bar de son père, le second qui est l'un des dirigeants d'une grosse boite, et sa femme ainsi que la fille de le famille. Ce jour là, c'est l'anniversaire de Yolande, et ils se donnent rendez-vous comme tous les vendredi dans le troquet d'Henri...
Ce film scénarisé par les deux acteurs principaux (le tandem Bacri-Jaoui, est à l'origine une pièce de théâtre, qu'ils avaient joué; et qui continue à être joué aujourd'hui.

Klapisch qui réalise ce film, arrive à intégrer une touche de mise en scène théâtrale, dans cet œuvre pourtant très cinématographique. Il garde et c'est ce que l'on perçoit le plus les discours bien ciselés et percutants. On y retrouve aussi les entrées et les sorties spectaculaires comme lorsque Henri descend et remonte de la cave. Donnant une image atypique au cinéma, ce qui est le cas de la photographie ici (les décors old school aux couleurs seventies, le «gilet du dimanche», le radiateur grille mouche...). Ce bar, même si on ne s'en sert pas est aussi pourvu d'une sortie court et d'une jardin. Et le réalisateur conserve le découpage en acte, en introduisant entre chaque moment du récit une respiration, habillée par une musique réconfortante. Il s'en sert pour éclairer avec une relative douceur le passé de cette fratrie en nous les montrant enfants. C'est là qu’apparaît le poids de la famille sur ce qu'ils sont devenus et ou s'ancre la manière dont ils interagissent aujourd'hui.
Tout cela est parfaitement combiné dans le scénario forgé par le tandem. Il arrive à désamorcer toutes les situations dramatiques et tristes en alternant les moments tristes et les moments drôles, les faisant même cohabiter. Quoi de plus tristes que ce quotidien banal, rythmé d'une espèce de fatalité et de reproduction du passé. Quoi de plus tristes que ces petites phrases que l'on a tous entendu «le plus triste c'est pour les enfants» ou encore «tu sais ce qu'il m'a fait(...), une otite». Mais ici ils prennent ces phrases, et les poussent jusqu'à la limite de l'absurde.

Celle qui les prononce c'est Yolande, femme du cadet, femme négligée par son mari. Épouse avec enfants, déguisée avec une panoplie «bourgeoise et collier en perles» qui semble tellement décalée avec la personnalité que l'on découvre d'elle. Yolande est attachante, même lorsqu'elle est infantilisée ou réifier par son homme d'affaire d’époux. Elle prend les traits de Catherine Frot qui incarne avec délicatesse cette femme. Et elle l'habille de sa douceur et de la candeur qui va souvent avec ses personnages.
Jean-Pierre Bacri est le grand frère grognon. Il est celui qui porte l'héritage de la famille. C'est lui qui a repris ce bar qui n'a que peu changé. C'est lui qui adapte son comportement envers sa femme en fonction de l'histoire de ses parents. Il est le bouc émissaire.
Le second frère est interprété par Wladimir Yordanoff. Il est celui qui a réussi. Il est condescendant avec tout son clan. Et est le chouchou de sa maman.
Agnes Jaoui est la fille «pas notée pareil» que ses frères. Ce rôle m'avait beaucoup parlé lorsque adolescente, j'avais vu ce film. Betty ne pense pas qu'elle doit se laisser faire, elle est forte et en adéquation avec son époque. Même si mon amour pour ce personnage aujourd'hui cohabite avec un plaisir coupable à regarder les tutos beauté. je la trouve inspirante, forte et à la fois en prise avec la réalité. Ce n'est pas si courant que ça. Elle évolue beaucoup au fil du film. Et le jeu pur de l'actrice rajoute à sa profondeur.

A mi-chemin entre monsieur Loyal, et un révélateur le rôle de Rémi est tenu par Jean-Pierre Darroussin. Cet homme transpire la bienveillance. Il est bon de s'attacher à ce personnage.

Agnes Jaoui dit de cette pièce et de ce film que bien qu'il soit très drôle, il lui donne envie de pleurer. Je ne pourrais pas mieux conclure que ça.

Baby Driver


Chauffeur pour des braqueurs de banque, Baby ne compte que sur lui-même pour être le meilleur dans sa partie. Lorsqu’il rencontre la fille de ses rêves, il cherche à mettre fin à ses activités criminelles pour revenir dans le droit chemin. Mais il est forcé de travailler pour un grand patron du crime et le braquage tourne mal… Désormais, sa liberté, son avenir avec la fille qu’il aime et sa vie sont en jeu…

Baby Driver – 19 Juillet 2017 – Réalisé par Edgar Wright

Le monde nous a donné et nous donne encore des immenses réalisateurs et réalisatrices, qui ne cessent de nous étonner !!! Alors comme beaucoup je pourrais faire une liste et vous dire ceux que je trouve éminemment brillants, mais cela serait une perte de temps parce que pour moi, il y en a deux qui me sont essentiel et qui représentent ce que j'aime au cinéma. Le premier n'étonnera personne, il s'agit de Guillermo Del Toro et le second c'est monsieur, sir Edgar Wright ! Un réalisateur dont on avait rien vu depuis 2013 et son excellent film « The World's End », donc lorsque j'ai pu aller voir plus d'un mois avant sa sortie, son dernier film, je n'ai pas hésité et j'ai accouru au cinéma pour une séance de « Baby Driver ».

Baby, B.A.B.Y, c'est un jeune garçon assez timide, accroc à ses nombreux Ipods et qui a un talent très particulier, celui d’être un chauffeur hors du commun. Une particularité qu'il utilise depuis assez longtemps pour s’être fait remarquer par les mauvaises personnes. C'est ainsi qu'il sert de chauffeur lors de braquage à main armée. Une bénédiction pour Doc car chaque attaque est une réussite. Mais voilà c'est une situation qui pèse de plus en plus sur les épaules de Baby, qui sait bien que ce qu'il fait est mal, surtout quand il tombe sous le charme d'une serveuse du nom de Deborah. Un déclic pour lui qui voit le spectre de la liberté à porté de main, car il ne devra bientôt plus rien à Doc et qu'il pourra ensuite menée la vie qu'il rêve. Hélas on n’arrête pas les braquages comme ça et Baby va devoir allez le chercher son statut d'affranchis.

En 2015 c'est la mort dans l’âme que l'on a du dire au revoir au « Ant-Man » de Edgar Wright, poussé vers la sortie a cause de « différents artistiques », alors que c'était un projet de longue date pour lui. La mort dans l’âme, il rebondit cependant avec un vieux projet qu'il développait depuis 1995, son nom « Baby Driver » ! Une évidence, une fois le film fini, c'est ce qui revient, Edgar Wright enfile ses écouteurs sur les oreilles et laisse parler le talent, avec dans le rétroviseur l'écurie Marvel, pour prouver une bonne fois pour toutes qu'on ne laisse pas bébé dans un coin …

Le scénario est écrit par Edgar Wright en personne et concentre son récit sur la quête de sens que Baby cherche à insérer dans sa vie, lui le chauffeur surdoué. Un récit qui a du sens, qui prend ses racines dans son addiction vitale à la musique (Transmission de la mère). Une constante qui l'enferme dans son monde, mais qui va peu à peu l'ouvrir, jusqu'à prendre son envol. C'est aussi pour moi, une façon qu'Edgar Wright à de solder ses comptes avec son travail interrompu chez Marvel. Wright le prodige se plie au diktat d'une entreprise dominante, qui l’oppresse de plus en plus, jusqu'au moment ou il n'a plus le choix, il doit reprendre sa liberté, quitte à connaître quelques années sans films. Un sacrifice utile pour se retrouver et être en accord avec soi-même.

Sauf que d'un autre coté, on retrouve le film de braquage et que pour moi c'est clairement le point faible du film, car on est en terrain connu et qu'il n'y a absolument rien qui vous surprendra, que cela soit sur l'intrigue, les personnages ou leurs rôles qui ne sortent pas du carcans dans lequel ils sont cantonnés. Les différents personnages ne sont alors pas tous logés à la même enseigne, si Baby, Deborah ou encore le beau-père sont écrit assez finement, le reste du casting n'a pas droit a ce soin si particulier dans la caractérisation dont nous avait habitués Edgar Wright. De ce fait on ne s'attache pas à eux (hormis ceux cités plus haut) et déjà qui n'y a pas trop d'enjeu, cela rend toutes dramaturgie difficile. Ajoutons à cela une narration qui manque étonnamment de peps, voir de rythme, qui aurait gagné pour moi a être plus court d'une bonne vingtaine de minutes …

Une déception que cette histoire, ce qui est une première pour moi avec Edgar Wright. Cependant ce n'est qu'une partie de cet intriguant objet qu'est « Baby Driver » ! Car malgré ça, le film est formellement une brillante réussite, ou il retrouve l'un de ses premiers amours, le clip vidéo. Parce que l'idée de ce film il avait déjà expérimenté lors d'un clip, celui de Mint Royale avec la chanson Blue Song qui est le brouillon de l'introduction du film. Sauf qu'ici il passe la seconde, car ce n'est plus la mise en scène qui dicte la musique à choisir, mais bien la musique qui dicte la mise en scène ! Une évidence pour rendre à l'écran la façon dont Baby entend la vie au travers de ses écouteurs. Et chaque séquence musicale est un vrai plaisir pour les yeux comme pour les oreilles, car même si c'est assez déstabilisant au début, on est forcé de reconnaître que c'est brillamment exécuter ! Un ballet tout autant visuel que musical ou les deux sont en symbioses, et remplace sans forcer le langage classique. 

Une générosité qui marque les esprits jusqu'au climax final, une poursuite dantesque, folle et furieuse, ou Baby ne sera plus celui qu'il est ! Et pour réussir cela, il s'entoure de fidèles, des collaborateurs réguliers, comme le chef opérateur Bill Pope, le chef décorateur Marcus Rowland, le compositeur Steven Price et bien sur les monteurs Jonathan Amos et Paul Machliss qui ont fait ici des merveilles !

Le casting est quant à lui très surprenant ! Bon on trouve monsieur Kevin Spacey en commanditaire omnipotent, un bon choix mais une composition un peu trop faiblarde à mon goût, même si le plaisir semble là. Ensuite il y a Jamie Foxx dans le rôle de Bats qui livre une composition peu engageante voir un poil agaçante, tout comme le duo Jon Hamm/Eiza Gonzalez qui manque de substance, à défaut ils ne manquent pas d'une certaine élégance. Jon Bernthal joue propre et semble plus concernés en 10 minutes que Foxx pendant tout le film. CJ Jones c'est le beau père sourd et muet de Baby, un personnage secondaire éminemment attachant qui nous donne l'émotion que l'on à besoin et de plus on sent qu'il y a une vrai complicité avec Ansel Elgort. Pour finir il y a Lily James dans le rôle de Deborah, un rôle classique qu'elle a le mérite de bonifier, avec finesse, douceur et empathie; un minimum pour percer l'armure de Ansel Elgort. Cet acteur que je ne voyais que dans des BA de rom-com ne m'inspirait pas du tout et je suis bien content que ce film m'est donner tort, car il assure du début à la fin, que cela soit dans le registre monolithique du chauffeur impassible que de l'amoureux qu'il devient plus tard. Une découverte que je ne regrette pas …

Une belle déception !

Poster par Adam Stothard

Les Tropicales by SoFilm



Les Tropicales by SoFilm

Etre amoureuse de cinéma est bien souvent synonyme d’être adepte de l'enflammade; que ce soit pour un réalisateur,un acteur,un projet, une saga tout est sujet à nous voir nous agiter. Et la conférence de presse de jeudi dernier m'a laissée dans cet état.

Cet été dans le cadre de la saison culturelle «paysages» se croiseront pelle mêle, des expositions, du street art, des performances, des spectacles, du théâtre, de l'opéra... et Du 6 au 9 juillet le festival les tropicales organisé par so film.
So film adapte à Bordeaux son festival nantais et ça fait pétiller les yeux et augmenter le rythme cardiaque.
Ce festival est décrit comme très différent avec une ambiance conviviale favorisant l'échange. Il sera ponctué d’événements conviviaux et sans prétentions, comme un ciné karaoké, des apéros, ou un barbecue ou se mélangeront les intervenants, les cinéastes et nous.
Ce choix de la simplicité et de la proximité s'applique aussi à la manière de voir le film. Cinq séances seront gratuites. Autant au sein de l'utopia , un cinéma original en plein cœur de Bordeaux, ou en plein air à Darwin lieu improbable au sein de la cité. Et les premières séances gratuites seront pour l'ouverture, la diffusion de Okja.
Car oui, ce festival a un programme riche et ambitieux. Il y aura entre autre à l'affiche 120 battements par minute,le primé the square, le redoutable, grandeur et décadence d'un petit commerce de cinémasera la touche de Godard... et de nombreux cinéastes seront là et nous parlerons cinéma.
La programmation que vous trouverez à la fin de ce billet, la simplicité et l'ambiance qui se dégage du concept m'avaient déjà séduite. Puis on a parlé de la lecture de nouvelles écrites par des scénaristes lors d'une résidence.
Lecture qui sera accompagnée d'un son et lumière. Des nouvelles écrites sur le thème du polar... pour moi c'est Noël en Juillet.
Évidemment j'oublie des choses mais on vous en parlera à l'usage.

Alors que je piétine d’impatience devant mon écran, je fais un vœux pour cette ville que j'aime tant, que ce festival qui est un one shot revienne nous faire rêver l'année prochaine.

Entre les Murs


François est un jeune professeur de français dans un collège difficile. Il n'hésite pas à affronter Esmeralda, Souleymane, Khoumba et les autres dans de stimulantes joutes verbales, comme si la langue elle-même était un véritable enjeu. Mais l'apprentissage de la démocratie peut parfois comporter de vrais risques.

Entre les Murs – 24 Septembre 2008 – Réalisé par Laurent Cantet

J'ai très peu d'amour pour ce que le cinéma de mon pays la France produit et cela malgré quelques exceptions. C'est peu dire que lorsque j'ai découvert « Entre les Murs » de Laurent Cantet, je n'étais absolument pas serein, mais la magie avait opéré et j'avais passé un agréable moment. Mais il y a peu, alors que je ne l'avais jamais revu, je me suis une fois de plus posé devant l'écran de ma tv pour redécouvrir un film.

François est professeur dans un collège difficile. Prof de français, professeur principal, il est à l'écoute de ses élèves et n'hésitent pas à les traiter comme des personnes à part entière. Une attitude qui à ses qualités, mais aussi ses défauts et l'atmosphère agitée de sa salle de classe le lui rappelle constamment. Pétri de principes et de certitudes, cet enseignant dévoué voit sa façon d'enseigner discuter, sa vision du collège contestée et cela même quand il essaye de minimiser les actions de l'un de ses élèves turbulents. Pendant un an, il connaîtra au contact de sa classe des moments de joies, de peines et de profondes colères …

C'est lors du festival de cannes 2008, que le film entre « Entre les Murs » ce fait un nom. Il convainc a l'unanimité le jury présidé par Sean Penn et remporte ainsi la plus grande des récompenses, la sacro-sainte palme d'or. Lui assurant alors un beau succès d'estime en salle.

Laurent Cantet réalise ici son quatrième long-métrage et adapte le livre de son acteur principal « Entre les murs ». Ce livre est une fiction sur un professeur de français dans un collège inspiré par la propre expérience de François Begaudeau en tant que professeur de français dans une ZEP. Et c'est ainsi que l'on assiste au quotidien d'une classe, joyeuse, bavarde, curieuse, révolté, insolente et attachante que leur prof de français essaye de guider aussi bien qu'il le peu !

Et très honnêtement dans son ensemble le film se tient plutôt bien et les intentions que le film transmet son louable, tout comme l’abnégation dont semble faire preuve François Begaudeau. Montrer que l'école, la transmission de prof à élève est un parcours du combattant sans fin et que l'institution ne les aides pas, c'est assez pertinent. Tout comme la difficulté qu'il y a pour le corps enseignant à régler les divers différents qu'il peu y avoir avec un élève, sans tomber dans le répressif bête et méchant ni dans le laxisme le plus total.

Sauf qu'en le revoyant, il y a deux choses qui posent problème à mes yeux. Première chose, c'est le positionnement du film qui se retrouve coincé entre la fiction et le pseudo documentaire. Une erreur pour moi, car on perd de vue ce qui est essentiel a savoir le lien entre le prof/élève et les problématiques qu'ils développent ensemble; a défaut de ça, on perd du temps avec des scènes inutiles (les scènes dans la salle des profs, le conseil de discipline) qui éparpillent le propos et cassent le rythme du film. Le second problème, c'est que le casting n'est pas homogène et sur la longueur c'est un vrai problème. Les différents adolescents ne sont pas toujours justes, mais la spontanéité dont ils font preuve rattrape ça sans aucun problème et donne corps a leurs personnages; a contrario des différents adultes qui sont d'ignobles caricatures.

Entre les Murs est un film énergique qui n'est pas dénué d’intérêt, malgré un positionnement bancal et des acteurs en roue libre. Les intentions sont en or, mais certainement pas la palme …