Dracula


DRACULA
de Francis Ford Coppola


il y a (tres) longtemps, la mini moi, a vu ce film et l'a adoré. Puis je ne l'ai plus jamais revu, j'ai nourri mes jolis souvenirs en lisant le roman sublime de Bram Stocker. Avec le temps je me suis dite, que ce film n'avait peut être pas bien vieilli. Et en tout cas que moi j'avais bien grandi et que je n'étais pas sure de l'aimer à nouveau. Le maître de ce blog ne l'avait jamais regardé alors on a acheté le dvd. Je l'ai longtemps toisé du coin de l’œil en me disant toi je ne te regarderai... mais j'ai craqué et un soir on s'est calé devant

Au milieu du XVeme siècle le comte Dracula est un noble roumain. Et comme il se doit, il prend les armes au nom de Dieu. 
Le film commence sur sa préparation pour partir à la guerre. Pour combattre les turcs sous les yeux de sa jeune épouse et apeurée. Il part vers une mort annoncée. Mais c'est un féroce et cruel guerrier et il fini par gagner. Mais lorsqu'il arrive chez lui, il retrouve son épouse morte. Ses adversaires lui ont envoyé une lettre annonçant sa mort. Et elle s'est jetée dans le vide de désespoir, et par amour. C'est dans la chapelle de son château qu'il retrouve son corps étendu. Il est fou de tristesse et commence à maudire ce Dieu qui l'a trahi. C'est à ce moment là que le prêtre arrive pour tenter de le consoler et surtout pour le sermonner. Ivre de douleur , il renie sa religion , tue le prêtre et plante son épée au milieu d'une croix. Et il devient un vampire.
Fin du XIX , un jeune notaire est envoyé par son étude en Transylvanie pour vendre une vielle abbaye à cet homme. C'est à cette occasion qu'il aperçoit la photographie de la fiancée de Jonathan qui est trait pour trait le portrait de son épouse décédée.
Ne cachons pas la vérité , j'aurai jamais du le revoir. Ce film qui a gagné trois oscars m'a déçu. Je n'ai pas retrouvé le plaisir que j'avais eu, sûrement car mon œil d'adulte a été égratigné.
Car si sur la forme on n'a pas grand chose à dire, la réalisation et bien menée, les décors sont assez jolis, il y a cependant des choses qui piquent.
Avant tout Dracula. La première fois que j'ai vu le film, je suis tombée amoureuse de Gary Oldman. Son charisme est à son apogée. Il est magnétique, fascinant, mais il n'est jamais aussi bon que quand on lui a ôté un maximum de falbalas et de maquillage. Mais pourquoi tant de « looks» différents pour ce personnage, qui tour à tour apparaît comme un vieil homme avec une coiffure improbable qui ferait pâlir de jalousie le macarons de Leia, et qui interroge encore le maître de ce blog. Quant à moi je me demande un peu comment cet homme qui ne voit pas son reflet peut ériger de tels édifices capillaire. Ensuite il est une espèce de forme blanche, amorphe et gluante pendant son trajet à l'aller, puis c'est un loup garou (pas très réussi), un homme à peu prés normal, uun monstre étrange et très pale, un ensemble de chauves souris très étrange, un vieillard légèrement différent du premier … et j'oubliais parfois il est invisible!!! c'est beaucoup trop pour deux heures de films.
Et ce sentiment de «too much», m'a suivi pendant tout ce long métrage. Je vous parlais de la coiffure de Dracula précédemment, celle de Jonathan est indomptée aussi .Ses cheveux ont blanchit après sa visite chez la comte, d'accord. Mais lorsqu'on le revoit il n'a jamais les cheveux blanc de manière homogène un peu plus un peu moins, c'est n'importe quoi . Quant aux costumes, autant le petit moment ou l'action se passe à Londres, il sont beaux et classiques; mais des que la réalisation veut accentuer le coté gothique les choix ne sont pas heureux.
La robe de mariée de Lucy en un bon exemple, mais pourquoi ce choix? 
Le choix des costumes m'amènent à parler de la manière dont sont traités les femmes. Leurs tenues sont une ode à la transparence.
Pas une des actrices échappera au regard libidineux de la caméra et de celui qui la tient. On comprend bien que si Tarantino a un problème avec les pieds de ses actrices, lui ce sont leurs seins. Il n'y a pas de raison de les montrer … c'est pas grave vous les verrez quand même. Puis lorsqu'elles seront possédées et en train de se changer en vampires, pour séduire les hommes. Elles montreront leurs seins. Alors parfois ils sont sublimes (bonjour Monica Belluci), mais ça n'apporte rien à l'histoire. Je vous parlais de de sensation libidineuse, un truc malsain d'un vieil homme qui regarderait de jeunes femmes à trois quart nues et malmenées. La scène de sexe avec le loup garou en est un bel exemple. Cette manière de parler du viol de Lucy, de cette femme, pas assez pure. Comme elle est lucide, sure d'elle, éduquée sur ce qui va se passer après son mariage; elle est corrompue et elle apparaît comme volontaire pour se faire violer. La scène en elle même est bestiale, gratuite, inutile, et pas belle. Quant aux épouses du vampires, elles ne bougent qu'en rampant sensuellement. Décolletés en avant, avec des habits qui ne servent pas à grand choses. Mais pourquoi?
Les hommes ne sont pas beaucoup mieux lotis. Mais eux restent habillés. Les «jeunes», Jonathan et les prétendants de Lucy, sont mal traités peu utilisés. Et encore le jeune notaire et le moins malmené. Avant tout car il est joué par Keanu Reeves qui est charismatique. Mais les autres s'effacent aussi vites qu'ils apparaissent. Le seul à part Gary Oldman qui a un peu de temps de présence est Anthony Hopkins, qui interprète Van Helsing. Ne nous affolons pas, il est survolté, et on a trop joué le coté indélicat du personnage. Il perd toute crédibilité et devient un personnage et un ressort comique plus qu'autre chose. Renforcé par des scène comme celle dans le mausolée de Lucy, qui est disons le ridicule. Et par le fait, qu'il interprète aussi le prêtre qui se fait transpercer au début du film. Sans que l'on sache pourquoi ce parti pris du réalisateur.
Au milieu de tout cela la belle histoire d'amour qui traverse les siècles et renaît qu'est le sujet de dracula, ou ce triangle amoureux très particulier n'est jamais correctement développé. Pour ne pas aider à l'éclosion de l'histoire Mia est jouée par Winona Rider. Bien qu'elle soit à l'origine du projet, elle est bouffée par ses partenaires. Et lors des scènes ou elle est seule, comme sur le bateau , elle est effacée par la machine. Elle ne prend jamais le contrôle de Mia, et n'est pas crédible comme l'incarnation de ce personnage fort.

Ce film est très imparfait, et ça me fait de la peine de l'avouer. Mais jeune ado, je l'ai adoré alors si vous avez l'occasion essayez de retrouver mon regard naïf. Et si vous ne l'avez pas fait, lisez le roman.

Volcano High


Kim a des pouvoirs paranormaux. Le jeune homme se fait renvoyer de son lycée pour avoir utilisé ses pouvoirs contre un de ses professeurs. Il intègre alors Volcano High School, un lycée où des gangs d'élèves, experts en arts martiaux et doués de super-pouvoirs, s'affrontent...
Volcano High – 5 Décembre 2001 – Réalisé par Tae-gyun Kim

J'évite aussi souvent que je le peux, de me dire qu'avant c'était mieux ! Mais concernant certaines choses, c'est impossible et je pense ainsi à Canal Plus. Je me souviens encore le jour ou on s'est abonné, ou l'installateur est venu mettre la parabole (Oui c'était il y a longtemps) et ce plaisir immédiat devant l'offre qui nous était proposée. C'est grâce à ça que j'ai pu découvrir des animes incroyables, comme Gumn, Neon Genesis Evangelion, Appleseed, mais aussi certains films de John Woo, Tsui Hark ou encore des films coréens. Bref c'était une époque ou la chaîne était encore prescriptrice et aujourd'hui je ne pense que j'aurais découvert « Volcano High »

Kim n'est pas un élève comme les autres ! Il ne cesse de changer d'établissement scolaire pour cause d’indiscipline, car il a depuis un mystérieux accident, des super-pouvoirs et que des qu'il ne fait pas attention, des incidents se produisent, ce qui tend à le marginaliser. C'est ainsi qu'après un dernier accroc, il se retrouve dans l'école de la dernière chance, la « Volcano High School » ! Malheureusement depuis plusieurs années, une guerre entre école perdure, supplantant peu à peu toute autorité. Un climat qui gangrène les diverses écoles, les gangs sont légion et la paix est un lointain souvenir. Toutefois une rumeur court comme quoi celui qui maîtrisera le manuscrit sacré ramènera la paix dans et entre les différentes écoles. Kim va devoir alors choisir son camp …

Lorsque je l'ai découvert la première fois, l'affiche du film se targuait d’être «Le Matrix Coréen » ! Une belle connerie à posteriori, car ça a autant de rapport avec le film des sœurs Wachowski qu'un député honnête à l'assemblée nationale. Un détail dont on se rend compte assez vite mais qui n'est toutefois pas handicapant pour l'apprécier ! Ce film réalisé par Tae-gyun Kim ne manque pas d'ambitions et se révèle être la parfaite adaptation, de ce que pourrait (devrait)être à l'avenir un shonen en film live !

Le film est écrit par Kim Tae-gyun et Seo Dong-heon. L'histoire qu'ils nous livrent se concentre sur l'arrivée du jeune Kim, en plein milieu d'une guerre entre gangs dans le milieu scolaire. Et sans verser dans l'ultra violence d'un kinji fukasaku avec son « Battle Royale », on assiste aussi à la défiance d'une partie de la jeunesse envers les adultes. Une violence gratuite et injustifiée qui n'appelle que la violence en retour. C'est le contexte idéal pour développer la quête du héros type, celui qui ramènera l'équilibre dans la force , avec moult rebondissements et échecs, jusqu'au combat final dantesque (entraînement/confrontation/défaite/power-up/nouvelle confrontation). Le récit classique du héros moderne, du héros campbellien typique passe au filtre du shonen nekketsu ! Que ça soit par le récit, l'ambiance, le ton ou encore la caractérisation des différents personnages, on nage en plein dans ce genre là; ce qui permet d'un coté de faire oublier la banalité de la narration et le jeu outrancier des acteurs qui se trouve d'un coup légitimé.

Quant à la réalisation de Kim Tae-gyun, elle ne manque pas d'idées ni de jolies trouvailles visuelles ! Notamment lorsqu'il s'agit de matérialiser les pouvoirs des différents protagonistes, les plus spectaculaires étant ceux du héros ! L'image est alors habilement construite pour faire ressortir ce dynamisme propre aux pages d'un manga. Ce qui donne quelques séquences impressionnantes et bien découpées, l'intro, l'entrainement dans la douche du héros et bien sur le combat final. Visuellement, c'est assez radical, tout n'est que nuances de gris et couleurs dé saturées, ou seules certaines couleurs viennent casser cette harmonie, comme les cheveux oranges du héros. Un ensemble harmonieux que l'usage de la lumière vient contraster et en cela, le travail du chef op Choi Yeong-taek est particulièrement réussi.

Par contre le rythme, c'est pour moi le point noir du film. A tel point qu'on peut décrocher sans mal de l'histoire qu'on nous montre. Sauf qu'en contrepartie ça a le mérite de bien nous présenter l'univers, la problématique, les personnages et leurs caractérisations. Si il faut passer outre le jeu particulier des divers interprètes, le casting s'en donne à cœur joie. Notamment Hyuk Jan dans le rôle de Kim, timide, maladroit et naïf, qui se révèle au fur et a mesure une personne forte et puissante; l'inverse de Su-ro kim dans le rôle de Jang, « le rival », fanfaron et faussement méchant ! Puis on trouve Min-a Shin dans le rôle de Yu, le premier rôle féminin du film. Un personnage pivot pour le héros, car c'est elle qui le guidera vers la « lumière ». Jun-ho Heo prend le rôle de Ma, un professeur atypique et badass qui doit les remettre au pas. Une tache fort peu gratifiante, mais qu'il accomplit avec jubilation ! Un second degré bienvenue, qui casse l'austérité de ce personnage au premier abord. 


Imparfait, mais tellement généreux ! Mon seul regret ? Qu'il n'y est jamais eu de suite !

A Scanner Darkly


A SCANNER DARKLY
de Richard Linklater

"A Scanner Darkly" est l'adaptation d'un roman de Philip K. Dick qui en français s'appelle "Substance Mort" et en anglais... A Scanner Darkly. Et rien que pour cela, ça devrait attirer toute votre attention.

Dans une société pas si éloignée de la notre, mais qui se rapproche toujours un peu plus d'une dystopie. Un homme, un policier en infiltration, se débat avec une drogue, la substance M.
Si cette histoire se passe en Californie, la société ou il évolue diffère sur certains points de la notre le plus souvent sur des détails, des réglementations ou des outils. L'histoire bouge doucement les lignes sans pour autant tout bouleverser. Par exemple les policiers ne se connaissent pas.
Il passent leurs journées avec des « scramble suit » une espèce de combinaison extrêmement difficile à décrire. C'est donc une combinaison intégrale qu'ils enfilent sur leurs habits ou se projettent des images de personnes, jamais dans leurs intégralité. La moitié d'un visage de l'une accolé à celle de l'autre... et qui «switch» tout le temps. Autre particularité, même leurs voix sont changées. Pour enfiler ses tenues et les ôter il y a un système de vestiaire élaboré. Jamais ils ne se croisent. Et si dans leurs vies de tous les jours ils sont amenés à le faire. Il serait impossible pour eux de se reconnaître.
Au rayon des drogues, on retrouve la cocaïne, l'herbe, mais aussi des petites pilules rouge, la substance M. Sa particularité est que l’accoutumance et la surdose provoque une désynchronisation des hémisphères du cerveau; et une foule de maladie mentale.
Ou est notre policier dans tout ça? il se perd! Il est a visage découvert avec les toxicomanes qu'il héberge chez lui et qui sont ses amis. Il sort avec une accro à la cocaïne. Mais il est caché quand il est avec ses collègues lorsqu'il débriefe avec son supérieure. En résumé il est un policier, mais c'est aussi un dealer, et un drogué. Et comble de l'exercice on lui confie la mission de se surveiller lui même. Il est coincé dans un cercle vicieux.
Comment le réalisateur raconte t-il tout cela? Il prend un casting qui fait rêver, et fait un film en vingt six jours. Puis il le rotoscope. À l'origine la rotoscopie consiste à prendre une image et à en dessiner les contours et les visages. Si Linklater avait déjà utilisé cette technique sur un de ses films précédents pour lequel l'un de ses amis avait créé un logiciel permettant de le faire avec une dose de photoshoot et de freezing. Ici il a préféré une approche plus artisanale, chaque image a été redessinée et une minute de film représente cinq cents heures de travail.
Cet univers que je ne saurai pas bien qualifier avec à la fois des jeux d'acteurs très efficaces et des images toutes travaillées avec ce procédé, permet de raconter l'histoire de cet homme fred/bob. Il créé un paysage légèrement étiré. Accentuant quand il le faut la sensation de vertige ou de désorientation. Ça casse le rythme de la narration et laisse le spectateur dans le même inconfort que nos personnages. Sans trop en dévoiler à force de consommer de la substance M , il devient accro. Cette manière de filmer permet d'intégrer tous les symptômes, et nous permet de voir les moment ou il est confronté à du morphisme ou à de l'onirisme en passant par la perte de son identité (n'étant pas sure d’être marié ni sure d’ avoir des enfants).
Je vous parlais plus haut des petites choses que créaient le réalisateur et le romancier pour enrichir notre univers et ajouter du réalisme à l'histoire. La rotoscopie permet de donner vie à une foule d'outils et de les rendre crédibles. C'est le deuxième film que je vois, à quelques semaines d’intervalles, inspiré d'un roman de Philip K.Dick. Et je suis toujours aussi fascinée par les petits objets qui sont créés, ils ont souvent un coté steampunk plaisant. Ici, on le retrouve au niveau de l'appareillage médical avec lequel on surveille la santé de Fred , mais aussi au niveau des systèmes de surveillance que ce soit celui de la police ou celui bricolé par James, même le scramble suit n'aurait pas été crédible sans un coup de pouce technique. Toutes ces petites choses qui font un tout.
Si la rotoscopie rend l'histoire crédible, le scénario la rend lisible. Car l'histoire est complexe et cruelle. Mais la manière dont elle est racontée, permet de garder de la légèreté. On voit la déchéance de cet homme que la schizophrénie gagne. On est témoin de son combat pour se raccrocher à la vie . Il est bouleversant quand il récite un épitre ou quand il se perd dans les méandres de son cerveau. Cet homme est émouvant alors que tout le reste autour de lui nous amène à sourire. Un mélange qui ne laisse pas le spectateur indifférent.Pour servir cette histoire, le casting est luxueux Keanu Reeves tient le rôle de Fred/bob. Il est touchant et expressif. Il passe d'une facette à l'autre avec aisance et sans que son interprétation vacille. Les moments ou il revêt le scramble suit sont l'occasion de scènes face caméra particulièrement fortes et dépouillées.
Ces colocataires sont interprétés par Robert Downey Jr et Woody Harrelson. Ils ont des interprétations survitaminées. Le jeu très maniéré du premier sied parfaitement à l'exercice. Il lui donne un coté cartoonesque, hors sol. Puis quand Woody Harrelson joue le fou. Je jubile. Il est parfait je me suis délectée de chacune des minutes ou il était présent à l'écran. Rory Cochrane m'a fascinée lors de la première scène du film. Il est très bon
La fille est Winona Ryder qui gagne en épaisseur avec ce process.
Ce film n'est pas qu'une jolie chose et une histoire bien menée. Il est aussi porteur de message et de réflexions sur le monde qui nous entoure. Le réalisateur met ses pas dans les pas de l'écrivain. Il décide de reprendre, à la fin de film la postface du livre mot pour mot. 
Une dédicace bouleversante qui nous questionne sur l'usage de drogues. Et sur notre société qui créée des drogues qui tue ou aliène ses enfants. Enfants qu'on condamne , qu'on envoie dans des lieux mi hôpital-mi prison.
Elle nous interroge aussi sur la notion de sacrifice humain «pour le bien de tous». Sacrifices qui sont le fruit de manipulation et culpabilisation
Mais au final vient le sujet de ceux qui produisent ces substances sachant qu'ici ces mécanismes sont poussés à leurs maximums.

Ce film est une surprise de par sa forme soignée et cet aspect si différent. Mais ce n'est pas que ça. Son discours et sa post face m'ont laissée avec la chaire de poule fixant un écran noir. Il fait, sans aucun doute, parti des films préférés que j'ai découvert cette année.

Seoul Station


La nuit dernière, un incident, parti d'une petite émeute, s'est répandu dans le monde entier, qui est désormais dominé par les zombies.

Seoul Station – 6 Décembre 2016 – Sang-ho Yeon

Il y a un peu plus de trois semaines, le monde du cinéma perdait le grand George Romero et avec lui une certaine idée de la satire sociale que ses films de zombies pouvaient véhiculer. Un élément de plus en plus rare, que le genre semble oublier peu à peu. Sauf que l'an dernier, le film coréen « Dernier Train Pour Busan » est venu rappeler qu'on pouvait faire quelque chose de bien, avec une dose de fond non négligeable; cela même si je n'ai pas été personnellement conquis !

Et ce fond, on le retrouve dans « Seoul Station » qui est le troisième film d'animation de Sang-ho Yeon, après King of Pigs (2011) et The Fake (2013). Un film qui est devenu au gré de son développement le préquel de « Dernier Train pour Busan » !

L'histoire se passe de nuit, dans le quartier de la gare de Séoul. Un lieu ou la nuit rode les sans domiciles fixes et les différents laissés pour comptes de la société sud-coréenne. C'est là qu'une jeune fille, loin de chez elle, seule et complètement paniquée, se trouve face à un phénomène méconnu et violent, les sdf de la gare attaquent sans ménagement toute personne qui passe. Coincée par mégarde dans le quartier ou ça a commencé, elle va devoir lutter pour survivre, au coté d'un autre sans-abris, en espérant que son petit ami vienne la chercher …

Bref, loin du dynamisme de son premier long métrage en prise de vues réelles, Sang-ho Yeon étire son concept sur quatre vingt dix longues minutes ! Une déception à peine compensée par vingt dernières minutes intenses qui proposent un condensé de ce que le réalisateur à fait de mieux entre « Seoul Station » et « Dernier Train pour Busan ».

L'histoire est d'une simplicité à toute épreuve, voire un peu trop ! Elle s'articule autour de deux histoires; celle de Hye-Sun qui se retrouve à la merci des zombies dans le quartier de la gare et celle de son « père » avec le petit ami de sa fille. Toutes les deux se retrouvant à la fin, après avoir traversé diverses épreuves. Hélas le réalisateur ne se soucie guère de la dramaturgie de son film. Car la ou le « Dernier Train pour Busan » actionnait des leviers classiques (mais efficaces) pour créer de l'émotion, ici le réalisateur passe son temps à faire courir ses protagonistes d'un point A à un point B sans qu'il ne soit inquiété réellement. A partir de là, l'histoire stagne et on est jamais inquiet pour eux, ni stressé ou encore choqué. De plus les personnages sont si mal écrits qu'il est difficile d'avoir de l'empathie pour eux.

Paradoxalement, les vingt dernières minutes sont vraiment efficaces! Sang-ho Yeon va à l'essentiel, les gens démunis de la gare n'ont plus d'échappatoire, d'un coté des zombies, de l’autre des militaires qui ont l'ordre de les contenir, avec au milieu les trois personnages que l'on suit. La problématique est bien plus claire, le danger identifié et le ton totalement désespéré. Le réalisateur fait alors en vingt minutes ce qu'il ne sait pas faire pendant le reste du film, a savoir un film dur et stressant qui interroge sur une société qui ne prend plus soin des siens ! En résulte un long métrage complètement bancal, ou il ne se passe presque rien pendant plus d'une heure, avant que l'action et le frisson arrive pour de bon. Ce qui ne compense pas une avalanche de mauvais choix, dont une animation qui n'est pas toujours à la hauteur de l'enjeu. 


Ne dépasse pas le quai de la gare !


To the Bone



TO THE BONE
de Marti Noxon

Alors que la France se déchire sur le sujet de Netflix. Alors que certains crient à l'assassinat du cinéma, que d'autres tempêtent devant l’archaïsme de la pensée des premiers cités. Les gens comme moi pensent que ça sert à rien d'aller contre le progrès. Et ce délectent de ce qu'est capable de créer ce SVOD.

Ce film raconte l'histoire d'Ellen, talentueuse jeune femme grignotée par l'anorexie. Lors des premières minutes on voit comment cette femme intelligente arrive à se faire renvoyer d'un hôpital et d'un service spécialisé. Lors de son retour chez son père on devine les liens familiaux qui régissent sa vie et on commence à soulever le voile sur celle que l'on suivra dans le cadre d'une thérapie et d'une hospitalisation atypique.

Ce film tape juste. Sa réalisatrice et son interprète principale ce sont battues avec des problèmes du comportement alimentaire, et on perçoit rapidement la volonté de franchise. Mais commençons par le commencement ce film est une image d'une partie de la population diagnostiquée ou pas avec ces troubles. Mais aussi des dangers de la société dans laquelle nous vivons. La maladie est décrite sans fard et sans voyeurisme. Les symptômes sont énoncés de manière cliniques ou montrés avec délicatesse, au détour d'une image (comme une pilosité particulière, une manière d'aligner les exercices physiques ou une balance qui ne penche jamais du bon coté...). Ces moments sont toujours mis en images avec beaucoup d'attentions. Il ne sont jamais entourés d'une aura un peu glamour, ni rendus sordides. Le travail sur l'image est vraiment important. La lumière est léchée. Toujours présente ou essayant de percer dans un quotidien bien difficile. Les couleurs sont chaudes. Les décors aussi rajoutent à cette impression cosy de cocon. La maison ou ils sont hospitalisés, les chambres tout est accueillant. Les lieux hostiles ne sont que ceux ou elle peut s'installer lorsqu'elle rentre chez ses parents.

Les parents... Ellen ne les juge pas. Le film ne le fait non plus. Il montre la lâcheté d'un père , le désarroi d'une mère qui a été perdue dans sa vie pendant longtemps et qui culpabilise, l'épouse de cette dernière est la plus difficile à saisir. Mais,il y a surtout la femme de son père. Cette impossible belle mère, bavarde et usante mais qui ne sait pas quoi faire pour essayer d'aider cette femme. Bien sure qu'elle est maladroite, évidemment qu'elle est pénible. Mais quel amour qui ne prononce jamais son nom. Puis il y a sa sœur (ok sa demi sœur, mais on n'est pas des fractions), et son amour inconditionnel teinté de peur et de colère. Ce portrait qui aurait pu être traité sur le ton dramatique est juste exposé avec beaucoup d'humour et une dose de wtf. La scène de séance de psychanalyse familiale ou le repas entre sœur sont vraiment hilarante.

Car comme dans la vie et peut être plus encore dans ces circonstances; beaucoup de choses se passent lors des repas. Et la réalisatrice décide de les traiter avec beaucoup de légèretés. Il y a un passage dans un restaurant asiatique que je n'aurai jamais pu imaginer avec des réparties qui m'ont scotchée.
Oui car ce film est drôle aussi. Je vous le dit depuis le début de ce billet. Ce film est un parfait équilibre. A aucun moment il est larmoyant, il n'est jamais facile. Il est équilibré et juste.
Puis il y a une vraie poésie inhérente à ce long métrage, peut être pour contre balancer la cruauté d'un décompte de calories. Parfois c'est juste par des mots et apparaît une femme licorne dans l'histoire. Parfois ce sont des images magnifiques, le passage dans la rain room de LACMA brille autant par sa simplicité que par sa beauté. Et parfois c'est de la poésie à l'état pure. Un poème que l'on lit qui raisonne particulièrement en vous et vous aide à trouver votre voie

Il est aussi question de la place de l'art et des réseaux sociaux dans cette maladie. Comment le travail de danseur a poussé luke au bout de lui même. Arrivant à son maximum physique à 19 ans et le faisant entrer dans une spirale mortifère. Ou encore le blog d'Ellen sur son tumblr et ce qu'il engendra. Rien n'est neutre et l'image que l'on projette n'est jamais celle que l'on croit maîtriser.
Mais comme tout est question de dosage quand le sujet est abordé c'est dans une chambre avec une imprégnation vintage ou les vinyles envahissent l'espace.
Ce film est plein de détails, plein de symboles sur ce que sont nos personnages à un moment donné. Les habits sont une des clés. Les habits trop grands et sombres dans lesquels on s'enfonce, laissent place a un débardeur clair, ou encore des costumes aux charmes surannés qui donnent envie de savoir ce que cache celui qui les porte.

Les acteurs sont choisis avec soin. Lily Colins est Ellen. Cette lumineuse actrice s'est amaigrie pour tenir son rôle. Elle est juste, et arrive à faire transparaître la force de son personnage même dans les moments les plus critiques. Alex Sharp est Luke, il est le vent d'air frais de l'histoire. Il arrive à créer un personnage attachant et magnétique. Keanu Reeves est le médecin qui suit ces malades et qui portent cette thérapie. Ce personnage est désarmant sur bien des aspects, et ça lui va bien.

Ce film n'aurait sûrement jamais été financé sans netflix. Il n'est pas racoleur, il n'est pas accusateur, il n'est pas voyeur, il n'est pas va-t-en guerre. Il est juste la vision d'une femme qui connaît son sujet pour y avoir survécu.
Il est bon de signaler que sa première diffusion a eu lieu à Sundance, et qu'il n'y a eu aucun problème...

Keanu



When an L.A. drug kingpin's kitten unexpectedly enters the life of two cousins, they will have to go through gangs, hitmen and drug dealers who claim him in order to get him back.

Keanu – 6 Septembre 2016 - Réalisé par Peter Atencio


Depuis près de trois semaines, Cécile redécouvre de long en large la filmographie de « fraîche brise sur la montagne » ou plus communément appeler « Keanu Reeves » ! Une chose que l'on partage par moment et au milieu des « Dracula », « Speed » ou autre « Matrix », un film avait attiré mon attention, l'intriguant « Keanu » porté par Jordan Peele et Keegan-Michael Kay. Pourquoi ? Parce que Keanu Reeves double le petit chat présent dans l'intrigue !

Dans une église de LA, les petites mains d'un cartel mexicain travaille à couper et à conditionner la drogue, sous les yeux inquisiteurs du responsable local. Une journée tranquille sous le soleil de Los Angeles, jusqu'au moment ou deux tueurs aussi mortels qu’insaisissables sèment la mort et la désolation, laissant échapper un chaton. Dans les beaux quartiers, on retrouve Clarence, grand fan de George Michael qui appelle son cousin Rell, triste à ne plus en finir de sa toute récente rupture. Inconsolable, Rell entrevoie pourtant la lumière avec l'arriver d'un chaton dans sa vie qu'il baptise « Keanu » ! Ce petit compagnon à poil le rend fou et terriblement heureux. Un soir alors qu'il revient du cinéma avec Clarence, il trouve la porte de sa maison fracturée et Keanu disparu. Dévasté il va partir au coté de son cousin en quête de « Keanu », quitte à mettre sa vie et celle de son cousin en danger.

Au final c'est une sacrée bonne surprise que ce « Keanu » ! Une comédie qui s'assume et qui n'hésite pas à partir là ou on ne l'attend pas. Et ce fut surtout pour moi l'occasion de découvrir enfin le fameux duo Key & Peele dans ses œuvres, une décision que je ne regrette absolument pas …

Peter Atencio retrouve la famille pour ce film du show « Key & Peele » dont il a réalisé l'intégralité des épisodes. Et au scénario il peut compter sur Alex Rubens l'un des auteurs et sur Jordan Peele. L'histoire est simple, elle nous raconte comment deux personnes vont chambouler leurs quotidiens à cause de l'arrivée d'un petit chaton ! Avec le dit chaton comme McGuffin animalier pour faire avancer l'intrigue.

C'est clair, précis et efficace, quitte parfois à appuyer sur des ressorts narratifs un poil classique. Sauf que le traitement apporté fait toute la différence, les deux personnages principaux (Clarence et Rell) sont deux personnes qui manquent de confiance et non des « mâles alpha », les femmes ne sont pas des demoiselles en détresse, le méchant ne ressemble pas à Tony Montana et les membres de gangs sont montrés sous un angle bien plus humain qu'a l'accoutumée ! Mais le comble du comble, c'est que l'humour (qu'on l'apprécie ou non) n'est jamais gratuit ou offensant et franchement ça fait du bien.


Loin de se contenter de scènes de dialogues, Peter Atencio alterne avec talent avec des scènes d'actions dynamiques qui ne manquent pas d'ampleur pour une comédie. Que ça soit au début dans l'église, chez le parrain de la drogue ou lors de la poursuite finale, c'est toujours lisible, bien découpé et monté ! Des shots d'adrénalines maîtrisés qui apportent du contraste avec l'humour du duo, à base de quiproquos, d'hallucinations et de George Michael. Un film avec beaucoup de cœur et qui respire l'amour du cinéma, ou les acteurs prennent un malin plaisir à déambuler, pour le meilleur et pour le rire … 

Tout peut arriver


TOUT PEUT ARRIVER
de Nancy Meyers


les comédies romantiques ce n'est pas forcement ma tasse de thé. J'en regarde une de temps en temps et parfois j'aime beaucoup mais spontanément je ne vais pas vers elles. Celle ci c'est le chef des clés de ce blog qui me l'a conseillée.

Harry Sanborn est un chef d'entreprises qui passe sa vie entre les fêtes, ses affaires, et les filles... filles de moins de 30ans. Période de leurs vies ou elles sont à leur apogée d’après sa vision des choses. Un jour l'une de ses dernières conquêtes en date l'amène dans la maison des Hamptons de sa mère pour y passer le week-end. Alors qu'il s’apprête à plonger dans la piscine et à enfin avoir une relation sexuelle avec elle. La mère et la tante de son hôtesse arrivent. Une fois les présentations faites, c'est le choc des personnalités. Les visions de la vie de chacun se percutent. A la fin de la soirée Harry fait une crise cardiaque et se retrouve à devoir rester plusieurs jours en tète à tète avec cette femme.
Ce film est une grosse déception, et ce billet contrairement à d'habitude va être plein de spoilers .
Ce film est une grosse déception avant tout à cause de ce qu'il promet au début et de ce qu'il nous donne au final. Les personnages sont clairs des le début, un homme sourd à ce que vivent ses compagnes. Sa libido et son amour pour les pré trentenaires sont les deux choses qui ont rythmé sa vie. Il est entre autre producteur de musique de rap , et le nom de son label est misogyne. Erica est cultivée et extrêmement séduisante. Elle écrit des pièces de théâtre à succès. Elle fini par se laisser séduire par un chirurgien de trente six ans, plein d'attentions et d'admiration pour elle; qui l'aime pour qui elle est. Mais le scénario veut nous laisser croire qu'au fond d'elle serait tomber amoureuse d'un homme qui est sorti avec sa fille et qui aurait couché avec elle si il n'avait pas fait d'infarctus.
Ce film m'avait vendu du rêve car oui un homme équilibré peut tomber amoureux d'une femme plus vieille que lui, à l'égal de ces jeunes femmes qui épousent des hommes qui ont l'age de leurs pères. Mais ce n'est pas du tout, le sujet du film; car sous couvert d’être un homme qui évolue à la faveur d'une attaque cardiaque. Le personnage reste le même la barbe en plus sauf que sa cible est plus âgée (mais tellement parfaite). Alors oui il a longuement réfléchit … six mois sur une île de rêve, il a été voir ses ex, toutes devenues des femmes accomplies et qui se sentent très bien dans leurs vies et leurs manteaux de fourrure.
Mais cet homme qui a vécu sans s’engager avec aucune se retrouve avec une parfaite petite famille et un petit fils qu'il tient à bout de bras. Hastag nausée. Erica vaut tellement mieux que ça. La vérité est que dans ce film jamais la femme n'est l'égale de l'homme
Par exemple on assiste à la scène de sexe avec Harry, mais celles avec Julian ne sont jamais montrées, leurs baisers sont toujours effectués en deux coups.
D'abord un, un peu sage, ensuite un plus passionné, comme si les spectateurs avaient besoin d’être préparés a cette relation entre Julian et Erica . Ça me dégoutte. Du coup je m'interroge, car l'histoire parle d'une femme qui écrit une pièce qui ressemble à sa vie. Sauf que notre homme meurt au second acte et du coup je me demande ce que vivait et qu'est ce que pensait Nina Meyers quand elle a écrit ce scénario.
Pour être complète dans la description de la vision de la femme de ce film. Lorsque la fille , marin, se décide d’arrêter de sortir avec des tocards et d'accepter d'aimer et d’être heureuse en six mois elle s'est mariée et elle est enceinte de trois mois. Et évidemment elle est rayonnante. Et oui une femme en peut être pleinement épanouie que dans le mariage et avec des nausées matinales. Je suis bête. Je vous passe tous les moments ou Erica est au service de Harry, mais qui sont le symbole de son amour pour lui. Ça serait un homme qui aurait écrit ça j'aurai parlé de phallocrate... là les mots me manquent 
Pour ne pas simplifier mon adhésion à ce film, ils l'ont construit de manière si linéaire que l'on devine ,pour moi qu'on appréhende, rapidement quel va être le couple au final. Du coup c'est long et tellement décevant.
On ne peut pas enlever au film qu'il est beau... beau comme un magasine de déco. D'ailleurs si vous tapez le titre sur pinterest les premières occurrences sont «la cuisine» et sa disposition dans le film. Comme ce film se déroule majoritairement dans des cercles très aisés tout est beau et froid. Et les tenues sont inspirées de madame Figaro
quant aux acteurs ils sont assez irréguliers. Nicholson , fait du nicholson du coup on ne sait pas bien s'il travaille ou pas. Il cabotine et fait le taf.
Diane Keaton est spectaculaire. Elle est parfaite à tout moment du film. Puis soulignons le, elle est sexy en diable.
Keanu Reeves, voir ce film c'est tomber un peu amoureux de lui il est irrésistible.
Frances McDormand a un rôle qui aurait du être plus important tellement elle est drôle et exceptionnelle.
Amanda Peet joue Marin et elle a du mal à exister au milieu de tous ces acteurs. Mais peut-être est-ce à cause de son rôle de fille de moins de 30 ans (ce qui n'est pas très flatteur dans ce film)

Je ne reverrai pas ce film, et je vais peut être aller casser le dvd. Mais je finirai en disant que la réalité corrige parfois les mauvais scénarios... pendant un petit moment c'est la vie de Keanu Reeves que diane Keaton a partagé, et ça ça réchauffe mon petit cœur.

Okja


Pendant dix années idylliques, la jeune Mija s'est occupée sans relâche d'Okja, un énorme animal au grand cœur, auquel elle a tenu compagnie au beau milieu des montagnes de Corée du Sud. Mais la situation évolue quand une multinationale familiale capture Okja et transporte l'animal jusqu'à New York où Lucy Mirando, la directrice narcissique et égocentrique de l'entreprise, a de grands projets pour le cher ami de la jeune fille. Sans tactique particulière, mais fixée sur son objectif, Mija se lance dans une véritable mission de sauvetage. Son périple éreintant se complique lorsqu'elle croise la route de différents groupes de capitalistes, démonstrateurs et consommateurs déterminés à s'emparer du destin d'Okja, tandis que la jeune Mija tente de ramener son ami en Corée.

Okja – 28 Juin 2017 – Réalisé par Bong Joon-Ho

Aux vues des derniers mois, du festival de cannes et des nombreux appels au boycott d'Okja, j'en déduis donc que « Netflix » est la kryptonite de notre sacro-sainte exception culturelle française ! Mais bon avec encore à ce jour le plus grand parc de salles de cinéma d'Europe et un nombre toujours plus grand de spectateurs qui se déplacent en salle, j'ai bel et bien l'impression que cela ne marche pas. Alors il est vrai que le spectacle que procure une salle de cinéma est parfois indescriptible, voire inoubliable, permettre à tous et surtout au plus modeste de voir un film à un moindre coût, ça n'a pas de prix et surtout cela ne change pas la qualité de ce que l'on voit, que cela soit Okja ou non !

Lucy Mirando est la nouvelle PDG des entreprises Mirando, une firme spécialisée dans l'élevage et l’abatage de porc. Elle qui jouit d'une plus grande réputation que sa sœur, s’apprête à révolutionner le monde de l'agro-alimentaire, en dévoilant une nouvelle espèce de porc. Plus savoureux, plus génèreux, il doit résoudre les problèmes de famines dans le monde, mais avant ça, Lucy lance un immense concours ou ce porc doit être confié à différents éleveurs à travers le monde. Et ce n'est qu'au bout de 10 ans qu'ils éliront le meilleur de ces nouveaux cochons. Dix années ont passés et nous découvrons Mija, une jeune fille coréenne qui joue avec Okja, l'un des cochons de la firme Mirando. Cette jeune fille est très attachée à Okja, qui n'est pas qu'un simple cochon, mais un confident avec qui elle a noué une amitié très forte. Sauf que tous ça, va être remis en cause, car la firme vient récupérer son cochon, une chose que Mija ne va pas accepter, surtout quand son amis est promis à une mort certaine …

Au final c'est un film fort sympathique qui se révèle être un conte d'une rare et cruelle efficacité ! Car oui avec son cochon géant « Okja », ses vétérinaires extravertis, sa dirigeante de multinationale impitoyable, ses organisations de défenses pour les animaux maladroites et son héroïne courageuse, Bong Joon-Ho utilise la forme du conte et ses allégories pour parler au plus grand nombre. Une façon simple, mais efficace d'aborder la famine dans le monde, la surconsommation, le partage des richesses et la souffrance animale .

Bong Joon-Ho articule son intrigue autour de Mija, qui va devoir passer par une série d'épreuves pour retrouver son cochon « Okja ». Sortir ainsi de son confort du haut de son sommet coréen pour plonger dans l'enfer urbain de la ville. C'est prenant, sans temps mort, mais surtout c'est assez convenue, car on ne cherche pas à nous surprendre et c'est bien là le gros défaut du film. Il n'y a rien que l'on ne devine pas à l'avance. Ce qui est dommage, mais comme le but est tout autre, ce n'est pas très dérangeant. Mija ce personnage que nous présente le réalisateur, c'est un peu nous, le spectateur lambda qui se retrouve perdu dans un environnement ou l'on est sans cesse sur-solliciter et qui se pose des questions sur le monde dans lequel il vit !

Une réflexion qui trouve son apogée à la fin du film [SPOILER], Mija sauve Okja en le rachetant, en payant avec de l'or![SPOILER END] ! Un acte qui surprend aux vues de la philosophie du film, mais Mija fait ce qui lui semble juste, elle se sépare de ce qui représente pour elle, un modèle qu'elle ne veut pas, ou l'on monnaie les individus. Elle donne ainsi de l'espoir en montrant que c'est possible de sauver une « vie » et de gagner face aux géants ! Sauf que cela ne peut se faire seul, car d'un autre coté, c'est encore et toujours le système le plus fort qui gagne, le système capitaliste …

Un récit que Bong Joon-Ho mène avec beaucoup d'aisance, donnant vie à cet univers fantasmagorique à la fois si proche et si loin de nous ! Il crée une ambiance très poétique au début dans les montagnes, avec un soupçon de magie, pour mieux plonger par la suite dans les diverses villes que Mija traverses. C'est visuellement soignée, Darius Khondji rend les villes encore plus anxiogènes qu'elles peuvent l’être, la lumière est froide et les couleurs sont plus ternes ! Un travail qui accompagne merveilleusement bien l'ambiance que le réalisateur instille des le début, entrecoupées seulement par quelques poursuites au combien bien réussies ! Ou l'on peut admirer le chara-design si particulier du cochon « Okja ». Quant au casting, il est assez inégal, si Paul Dano ou encore Tilda Swinton sont à l'aise avec leurs personnages, d'autre comme Jake Gyllenhaall en font beaucoup trop que cela en devient écœurant. Petit coup cœur en passant pour Ahn Seo-hyeon, l'impeccable interprète de Mija sans qui le film n'aura pas eu la même saveur !

Clairement un film de cinéma, avec un coeur gros comme un "Okja"

The Whole Truth


THE WHOLE TRUTH
de Courtney Hunt

The Whole truth (toute la vérité), est un film dont je n'attendais pas grand chose. Je ne l'ai vu que parce que son casting m'a interpellée.

Dans une ville de Louisiane débute le procès d'un jeune homme de dix sept ans jugé pour le meurtre de son père alors qu'il n'en avait que seize. Il refuse de dire un mot depuis ce meurtre. Son avocat essaie de le défendre et déploie tout son savoir faire pour le faire parler.
L'histoire commence après la sélection du jury et avec l'arrivée de l'avocat dans la salle.
La force de ce film est dans son scénario. Scénario est finement mené. 
Il utilise différents axes de narration. La voix off est celle de Ramsey, elle présente les faits et intervient ponctuellement. Mais on découvre aussi au cours du procès ce qui s'est passé lors des témoignages, que ce qui est dit à ce moment là soit vrai ou faux . Il y a un flash qui nous montre la vérité. Le spectateur détient à ce moment des données que l'avocat perçoit mais dont il n'a pas la pleine mesure.
Par moment la narration se fait plus consensuelle, plus habituelle. Elle est juste troublée par les dessins et les griffonnages de notre jeune accusé sur son bloc jaune...
cette manière de narrer l'histoire est à l'image de la réalisation. Elle n'est jamais là ou on l'attend. Elle prend les habits de la série B et nous balade de manière assez déconcertante. Par exemple assez rapidement on a des doutes sur ce qui a pu se passer. On a l'impression qu'une certaine personne est plus impliquée que ce qui nous est dit. Et fort de nos réflexes de cinéphiles on anticipe et on brode. S'en faire attention que c'est l'arbre qui cache la foret. La révélation de la fin du film je l'ai absolument pas vu venir.
Pour se permettre ce genre de choses, il faut que la réalisation soit d'un classicisme à tout épreuve.
Et à bien des égards elle est. Du lieu protocolaire et codifié qu'est un tribunal, avec ses us, ses coutumes, ses gens bien rangés à leurs places. Les décors sont sobres et coûteux, on sent que les matériaux sont nobles, les tapis hors de prix. Le luxe est partout présent. Le code couleur est sans fioritures, dans ses tons comme dans sa palette. Les costumes et les tailleurs constituent la majorité du vestiaire du film. Le seul moment ou apparaît une veste à capuche bleu roi, elle brise nos certitudes.
Le casting est à la hauteur du film. 
Gugu Mbatha-Raw et Gabriel Bassoont une présence à l'écran folle alors qu'ils ont des rôles peu parlant. James Belushi est lui aussi rarement à l'écran mais il a un charisme d'ogre. Il campe la victime et il vous terrifie.
Renée Zellweger est la femme qui disparaît. Elle sème parfaitement le spectateur. On ne sait pas quoi croire à son propos. Elle se sert parfaitement de son apparence physique pour incarner loretta.
Ramsey l'avocat est interprété par Keanu Reeves est parfait dans ce rôle, on a immédiatement confiance en lui, et on suit son combat avec beaucoup d’empathie.
Ce film a aussi la particularité de parler de la maltraitance physique et morale dans des milieux cossus, même si ce n'est qu'abordé ça le mérite d’être là et sans concession. A tel point qu'il a été interdit au moins de 16 ans aux usa aux moment de sa sortie

Ce film m'a surpris. Il est plus intéressant qu'il en à l'air. Sa finesse et son ton réaliste le font détonner à coté de la défense Lincoln et le maître du jeu que j'aime pourtant énormément.

Elle


Michèle fait partie de ces femmes que rien ne semble atteindre. À la tête d'une grande entreprise de jeux vidéo, elle gère ses affaires comme sa vie sentimentale : d'une main de fer. Sa vie bascule lorsqu’elle est agressée chez elle par un mystérieux inconnu. Inébranlable, Michèle se met à le traquer en retour. Un jeu étrange s'installe alors entre eux. Un jeu qui, à tout instant, peut dégénérer.

Elle – 25 Mai 2016 – Réalisé par Paul Verhoeven


Le dernier film de Paul Verhoeven c'était « Black Book » en 2006 et depuis, le pauvre petit « Hollandais Violent » n'avait rien fait de neuf. Jusqu'au jour ou le salut vint de la France et d'un roman de Philippe Dijan « Oh » qu'il adapta avec comme actrice principale, Isabelle Huppert. La c'est le succès, on se perd entre les récompenses, les nominations multiples et les critiques dithyrambiques, qui ne manquent alors pas de bons mots pour le qualifier. Malsain, glauque ou encore transgressif sont des mots qui reviennent souvent, mais est il allez si loin que la critique le prétend ? Malheureusement je crois que ce n'est pas le cas …

Michèle est la parfaite working-girl parisienne ! Une femme forte et sure d'elle qui mène d'une main experte un petit studio de jeu vidéo. Un jour dans sa demeure cossue d'un quartier bourgeois, elle se fait violer par un homme qui c'est introduit chez elle. Cependant elle ne porte pas plainte et continue à vivre comme si de rien n'était. Toutefois elle ne peut ignorer ce qui s'est passé et le harcèlement dont elle est victime; c'est ainsi qu'elle décide de s'armer pour se défendre à l'avenir. Une situation délicate qu'elle entend bien gérer, malgré une vie personnelle faites de conflits divers.

Moi qui espérais secrètement que Paul Verhoeven est réussi un grand film, ces deux longues heures ont douché toutes mes espérances, car hélas « Elle » est un beau petit loupé made in france. Alors ce n'est pas aussi indigent et soporifique que « Vincent n'a pas d'écailles », car il se passe des choses dans « Elle », des choses que rate inlassablement Verhoeven, coincé dans ce que l'on nomme l'enfer du cinéma français !

Le scénario qui se concentre sur Michèle est écrit par David Birke et adapté ensuite par Harold Manning ! L'intrigue nous parle de cette femme, de ses démons intérieur, dont le père (serial-killer) incarcéré sur la façon que ça régie sa vie. Ce sont des intentions louables que l'on devine à demi mot dans le film, mais comme c'est écrit avec la finesse d'une banale comédie (Pas les bonnes cela va de soi), cela anéantit toute réflexion ! Et on assiste incrédule à des scènes caricaturales, surlignées avec la délicatesse d'un critique des Inrocks qui se pâment des qu'ils voient un bout de fesse, avec des dialogues que n’auraient pas détesté Max Pécas, car « Elle » à un potentiel de nanardise insoupçonné ! Plongeant certaines scènes dans un ridicule des plus gênants !

Paul Verhoeven ne rattrape hélas même pas ce qu'il nous montre à l'écran, c'est plat, peu imaginatif et sans surprise, trop occupé certainement à filmer avec délectation les nombreuses scènes de viols que compte ce long-métrage. Une ignominie qu'il répète quatre à cinq fois, sans jamais se préoccuper d'une chose, qu'il banalise le viol. D'une par la répétition des viols, mécanique et sans aucune émotion, ou chaque nouveaux viols semble devenir la norme dans la vie de Michèle et ensuite parce que cela ne l'atteint jamais, comme si elle était « immunisée». Un manque de réaction qui valide sans le dire, que ce qu'elle vie est normal. Une banalisation qui fait mal, surtout quand ça vient d'un film, acclamé par la critique, qui d'un revers de mains balaye la gravité de cet acte, qu'est un viol.

 C'est un magnifique revers pour Verhoeven ...