To the Bone



TO THE BONE
de Marti Noxon

Alors que la France se déchire sur le sujet de Netflix. Alors que certains crient à l'assassinat du cinéma, que d'autres tempêtent devant l’archaïsme de la pensée des premiers cités. Les gens comme moi pensent que ça sert à rien d'aller contre le progrès. Et ce délectent de ce qu'est capable de créer ce SVOD.

Ce film raconte l'histoire d'Ellen, talentueuse jeune femme grignotée par l'anorexie. Lors des premières minutes on voit comment cette femme intelligente arrive à se faire renvoyer d'un hôpital et d'un service spécialisé. Lors de son retour chez son père on devine les liens familiaux qui régissent sa vie et on commence à soulever le voile sur celle que l'on suivra dans le cadre d'une thérapie et d'une hospitalisation atypique.

Ce film tape juste. Sa réalisatrice et son interprète principale ce sont battues avec des problèmes du comportement alimentaire, et on perçoit rapidement la volonté de franchise. Mais commençons par le commencement ce film est une image d'une partie de la population diagnostiquée ou pas avec ces troubles. Mais aussi des dangers de la société dans laquelle nous vivons. La maladie est décrite sans fard et sans voyeurisme. Les symptômes sont énoncés de manière cliniques ou montrés avec délicatesse, au détour d'une image (comme une pilosité particulière, une manière d'aligner les exercices physiques ou une balance qui ne penche jamais du bon coté...). Ces moments sont toujours mis en images avec beaucoup d'attentions. Il ne sont jamais entourés d'une aura un peu glamour, ni rendus sordides. Le travail sur l'image est vraiment important. La lumière est léchée. Toujours présente ou essayant de percer dans un quotidien bien difficile. Les couleurs sont chaudes. Les décors aussi rajoutent à cette impression cosy de cocon. La maison ou ils sont hospitalisés, les chambres tout est accueillant. Les lieux hostiles ne sont que ceux ou elle peut s'installer lorsqu'elle rentre chez ses parents.

Les parents... Ellen ne les juge pas. Le film ne le fait non plus. Il montre la lâcheté d'un père , le désarroi d'une mère qui a été perdue dans sa vie pendant longtemps et qui culpabilise, l'épouse de cette dernière est la plus difficile à saisir. Mais,il y a surtout la femme de son père. Cette impossible belle mère, bavarde et usante mais qui ne sait pas quoi faire pour essayer d'aider cette femme. Bien sure qu'elle est maladroite, évidemment qu'elle est pénible. Mais quel amour qui ne prononce jamais son nom. Puis il y a sa sœur (ok sa demi sœur, mais on n'est pas des fractions), et son amour inconditionnel teinté de peur et de colère. Ce portrait qui aurait pu être traité sur le ton dramatique est juste exposé avec beaucoup d'humour et une dose de wtf. La scène de séance de psychanalyse familiale ou le repas entre sœur sont vraiment hilarante.

Car comme dans la vie et peut être plus encore dans ces circonstances; beaucoup de choses se passent lors des repas. Et la réalisatrice décide de les traiter avec beaucoup de légèretés. Il y a un passage dans un restaurant asiatique que je n'aurai jamais pu imaginer avec des réparties qui m'ont scotchée.
Oui car ce film est drôle aussi. Je vous le dit depuis le début de ce billet. Ce film est un parfait équilibre. A aucun moment il est larmoyant, il n'est jamais facile. Il est équilibré et juste.
Puis il y a une vraie poésie inhérente à ce long métrage, peut être pour contre balancer la cruauté d'un décompte de calories. Parfois c'est juste par des mots et apparaît une femme licorne dans l'histoire. Parfois ce sont des images magnifiques, le passage dans la rain room de LACMA brille autant par sa simplicité que par sa beauté. Et parfois c'est de la poésie à l'état pure. Un poème que l'on lit qui raisonne particulièrement en vous et vous aide à trouver votre voie

Il est aussi question de la place de l'art et des réseaux sociaux dans cette maladie. Comment le travail de danseur a poussé luke au bout de lui même. Arrivant à son maximum physique à 19 ans et le faisant entrer dans une spirale mortifère. Ou encore le blog d'Ellen sur son tumblr et ce qu'il engendra. Rien n'est neutre et l'image que l'on projette n'est jamais celle que l'on croit maîtriser.
Mais comme tout est question de dosage quand le sujet est abordé c'est dans une chambre avec une imprégnation vintage ou les vinyles envahissent l'espace.
Ce film est plein de détails, plein de symboles sur ce que sont nos personnages à un moment donné. Les habits sont une des clés. Les habits trop grands et sombres dans lesquels on s'enfonce, laissent place a un débardeur clair, ou encore des costumes aux charmes surannés qui donnent envie de savoir ce que cache celui qui les porte.

Les acteurs sont choisis avec soin. Lily Colins est Ellen. Cette lumineuse actrice s'est amaigrie pour tenir son rôle. Elle est juste, et arrive à faire transparaître la force de son personnage même dans les moments les plus critiques. Alex Sharp est Luke, il est le vent d'air frais de l'histoire. Il arrive à créer un personnage attachant et magnétique. Keanu Reeves est le médecin qui suit ces malades et qui portent cette thérapie. Ce personnage est désarmant sur bien des aspects, et ça lui va bien.

Ce film n'aurait sûrement jamais été financé sans netflix. Il n'est pas racoleur, il n'est pas accusateur, il n'est pas voyeur, il n'est pas va-t-en guerre. Il est juste la vision d'une femme qui connaît son sujet pour y avoir survécu.
Il est bon de signaler que sa première diffusion a eu lieu à Sundance, et qu'il n'y a eu aucun problème...

Keanu



When an L.A. drug kingpin's kitten unexpectedly enters the life of two cousins, they will have to go through gangs, hitmen and drug dealers who claim him in order to get him back.

Keanu – 6 Septembre 2016 - Réalisé par Peter Atencio


Depuis près de trois semaines, Cécile redécouvre de long en large la filmographie de « fraîche brise sur la montagne » ou plus communément appeler « Keanu Reeves » ! Une chose que l'on partage par moment et au milieu des « Dracula », « Speed » ou autre « Matrix », un film avait attiré mon attention, l'intriguant « Keanu » porté par Jordan Peele et Keegan-Michael Kay. Pourquoi ? Parce que Keanu Reeves double le petit chat présent dans l'intrigue !

Dans une église de LA, les petites mains d'un cartel mexicain travaille à couper et à conditionner la drogue, sous les yeux inquisiteurs du responsable local. Une journée tranquille sous le soleil de Los Angeles, jusqu'au moment ou deux tueurs aussi mortels qu’insaisissables sèment la mort et la désolation, laissant échapper un chaton. Dans les beaux quartiers, on retrouve Clarence, grand fan de George Michael qui appelle son cousin Rell, triste à ne plus en finir de sa toute récente rupture. Inconsolable, Rell entrevoie pourtant la lumière avec l'arriver d'un chaton dans sa vie qu'il baptise « Keanu » ! Ce petit compagnon à poil le rend fou et terriblement heureux. Un soir alors qu'il revient du cinéma avec Clarence, il trouve la porte de sa maison fracturée et Keanu disparu. Dévasté il va partir au coté de son cousin en quête de « Keanu », quitte à mettre sa vie et celle de son cousin en danger.

Au final c'est une sacrée bonne surprise que ce « Keanu » ! Une comédie qui s'assume et qui n'hésite pas à partir là ou on ne l'attend pas. Et ce fut surtout pour moi l'occasion de découvrir enfin le fameux duo Key & Peele dans ses œuvres, une décision que je ne regrette absolument pas …

Peter Atencio retrouve la famille pour ce film du show « Key & Peele » dont il a réalisé l'intégralité des épisodes. Et au scénario il peut compter sur Alex Rubens l'un des auteurs et sur Jordan Peele. L'histoire est simple, elle nous raconte comment deux personnes vont chambouler leurs quotidiens à cause de l'arrivée d'un petit chaton ! Avec le dit chaton comme McGuffin animalier pour faire avancer l'intrigue.

C'est clair, précis et efficace, quitte parfois à appuyer sur des ressorts narratifs un poil classique. Sauf que le traitement apporté fait toute la différence, les deux personnages principaux (Clarence et Rell) sont deux personnes qui manquent de confiance et non des « mâles alpha », les femmes ne sont pas des demoiselles en détresse, le méchant ne ressemble pas à Tony Montana et les membres de gangs sont montrés sous un angle bien plus humain qu'a l'accoutumée ! Mais le comble du comble, c'est que l'humour (qu'on l'apprécie ou non) n'est jamais gratuit ou offensant et franchement ça fait du bien.


Loin de se contenter de scènes de dialogues, Peter Atencio alterne avec talent avec des scènes d'actions dynamiques qui ne manquent pas d'ampleur pour une comédie. Que ça soit au début dans l'église, chez le parrain de la drogue ou lors de la poursuite finale, c'est toujours lisible, bien découpé et monté ! Des shots d'adrénalines maîtrisés qui apportent du contraste avec l'humour du duo, à base de quiproquos, d'hallucinations et de George Michael. Un film avec beaucoup de cœur et qui respire l'amour du cinéma, ou les acteurs prennent un malin plaisir à déambuler, pour le meilleur et pour le rire … 

Tout peut arriver


TOUT PEUT ARRIVER
de Nancy Meyers


les comédies romantiques ce n'est pas forcement ma tasse de thé. J'en regarde une de temps en temps et parfois j'aime beaucoup mais spontanément je ne vais pas vers elles. Celle ci c'est le chef des clés de ce blog qui me l'a conseillée.

Harry Sanborn est un chef d'entreprises qui passe sa vie entre les fêtes, ses affaires, et les filles... filles de moins de 30ans. Période de leurs vies ou elles sont à leur apogée d’après sa vision des choses. Un jour l'une de ses dernières conquêtes en date l'amène dans la maison des Hamptons de sa mère pour y passer le week-end. Alors qu'il s’apprête à plonger dans la piscine et à enfin avoir une relation sexuelle avec elle. La mère et la tante de son hôtesse arrivent. Une fois les présentations faites, c'est le choc des personnalités. Les visions de la vie de chacun se percutent. A la fin de la soirée Harry fait une crise cardiaque et se retrouve à devoir rester plusieurs jours en tète à tète avec cette femme.
Ce film est une grosse déception, et ce billet contrairement à d'habitude va être plein de spoilers .
Ce film est une grosse déception avant tout à cause de ce qu'il promet au début et de ce qu'il nous donne au final. Les personnages sont clairs des le début, un homme sourd à ce que vivent ses compagnes. Sa libido et son amour pour les pré trentenaires sont les deux choses qui ont rythmé sa vie. Il est entre autre producteur de musique de rap , et le nom de son label est misogyne. Erica est cultivée et extrêmement séduisante. Elle écrit des pièces de théâtre à succès. Elle fini par se laisser séduire par un chirurgien de trente six ans, plein d'attentions et d'admiration pour elle; qui l'aime pour qui elle est. Mais le scénario veut nous laisser croire qu'au fond d'elle serait tomber amoureuse d'un homme qui est sorti avec sa fille et qui aurait couché avec elle si il n'avait pas fait d'infarctus.
Ce film m'avait vendu du rêve car oui un homme équilibré peut tomber amoureux d'une femme plus vieille que lui, à l'égal de ces jeunes femmes qui épousent des hommes qui ont l'age de leurs pères. Mais ce n'est pas du tout, le sujet du film; car sous couvert d’être un homme qui évolue à la faveur d'une attaque cardiaque. Le personnage reste le même la barbe en plus sauf que sa cible est plus âgée (mais tellement parfaite). Alors oui il a longuement réfléchit … six mois sur une île de rêve, il a été voir ses ex, toutes devenues des femmes accomplies et qui se sentent très bien dans leurs vies et leurs manteaux de fourrure.
Mais cet homme qui a vécu sans s’engager avec aucune se retrouve avec une parfaite petite famille et un petit fils qu'il tient à bout de bras. Hastag nausée. Erica vaut tellement mieux que ça. La vérité est que dans ce film jamais la femme n'est l'égale de l'homme
Par exemple on assiste à la scène de sexe avec Harry, mais celles avec Julian ne sont jamais montrées, leurs baisers sont toujours effectués en deux coups.
D'abord un, un peu sage, ensuite un plus passionné, comme si les spectateurs avaient besoin d’être préparés a cette relation entre Julian et Erica . Ça me dégoutte. Du coup je m'interroge, car l'histoire parle d'une femme qui écrit une pièce qui ressemble à sa vie. Sauf que notre homme meurt au second acte et du coup je me demande ce que vivait et qu'est ce que pensait Nina Meyers quand elle a écrit ce scénario.
Pour être complète dans la description de la vision de la femme de ce film. Lorsque la fille , marin, se décide d’arrêter de sortir avec des tocards et d'accepter d'aimer et d’être heureuse en six mois elle s'est mariée et elle est enceinte de trois mois. Et évidemment elle est rayonnante. Et oui une femme en peut être pleinement épanouie que dans le mariage et avec des nausées matinales. Je suis bête. Je vous passe tous les moments ou Erica est au service de Harry, mais qui sont le symbole de son amour pour lui. Ça serait un homme qui aurait écrit ça j'aurai parlé de phallocrate... là les mots me manquent 
Pour ne pas simplifier mon adhésion à ce film, ils l'ont construit de manière si linéaire que l'on devine ,pour moi qu'on appréhende, rapidement quel va être le couple au final. Du coup c'est long et tellement décevant.
On ne peut pas enlever au film qu'il est beau... beau comme un magasine de déco. D'ailleurs si vous tapez le titre sur pinterest les premières occurrences sont «la cuisine» et sa disposition dans le film. Comme ce film se déroule majoritairement dans des cercles très aisés tout est beau et froid. Et les tenues sont inspirées de madame Figaro
quant aux acteurs ils sont assez irréguliers. Nicholson , fait du nicholson du coup on ne sait pas bien s'il travaille ou pas. Il cabotine et fait le taf.
Diane Keaton est spectaculaire. Elle est parfaite à tout moment du film. Puis soulignons le, elle est sexy en diable.
Keanu Reeves, voir ce film c'est tomber un peu amoureux de lui il est irrésistible.
Frances McDormand a un rôle qui aurait du être plus important tellement elle est drôle et exceptionnelle.
Amanda Peet joue Marin et elle a du mal à exister au milieu de tous ces acteurs. Mais peut-être est-ce à cause de son rôle de fille de moins de 30 ans (ce qui n'est pas très flatteur dans ce film)

Je ne reverrai pas ce film, et je vais peut être aller casser le dvd. Mais je finirai en disant que la réalité corrige parfois les mauvais scénarios... pendant un petit moment c'est la vie de Keanu Reeves que diane Keaton a partagé, et ça ça réchauffe mon petit cœur.

Okja


Pendant dix années idylliques, la jeune Mija s'est occupée sans relâche d'Okja, un énorme animal au grand cœur, auquel elle a tenu compagnie au beau milieu des montagnes de Corée du Sud. Mais la situation évolue quand une multinationale familiale capture Okja et transporte l'animal jusqu'à New York où Lucy Mirando, la directrice narcissique et égocentrique de l'entreprise, a de grands projets pour le cher ami de la jeune fille. Sans tactique particulière, mais fixée sur son objectif, Mija se lance dans une véritable mission de sauvetage. Son périple éreintant se complique lorsqu'elle croise la route de différents groupes de capitalistes, démonstrateurs et consommateurs déterminés à s'emparer du destin d'Okja, tandis que la jeune Mija tente de ramener son ami en Corée.

Okja – 28 Juin 2017 – Réalisé par Bong Joon-Ho

Aux vues des derniers mois, du festival de cannes et des nombreux appels au boycott d'Okja, j'en déduis donc que « Netflix » est la kryptonite de notre sacro-sainte exception culturelle française ! Mais bon avec encore à ce jour le plus grand parc de salles de cinéma d'Europe et un nombre toujours plus grand de spectateurs qui se déplacent en salle, j'ai bel et bien l'impression que cela ne marche pas. Alors il est vrai que le spectacle que procure une salle de cinéma est parfois indescriptible, voire inoubliable, permettre à tous et surtout au plus modeste de voir un film à un moindre coût, ça n'a pas de prix et surtout cela ne change pas la qualité de ce que l'on voit, que cela soit Okja ou non !

Lucy Mirando est la nouvelle PDG des entreprises Mirando, une firme spécialisée dans l'élevage et l’abatage de porc. Elle qui jouit d'une plus grande réputation que sa sœur, s’apprête à révolutionner le monde de l'agro-alimentaire, en dévoilant une nouvelle espèce de porc. Plus savoureux, plus génèreux, il doit résoudre les problèmes de famines dans le monde, mais avant ça, Lucy lance un immense concours ou ce porc doit être confié à différents éleveurs à travers le monde. Et ce n'est qu'au bout de 10 ans qu'ils éliront le meilleur de ces nouveaux cochons. Dix années ont passés et nous découvrons Mija, une jeune fille coréenne qui joue avec Okja, l'un des cochons de la firme Mirando. Cette jeune fille est très attachée à Okja, qui n'est pas qu'un simple cochon, mais un confident avec qui elle a noué une amitié très forte. Sauf que tous ça, va être remis en cause, car la firme vient récupérer son cochon, une chose que Mija ne va pas accepter, surtout quand son amis est promis à une mort certaine …

Au final c'est un film fort sympathique qui se révèle être un conte d'une rare et cruelle efficacité ! Car oui avec son cochon géant « Okja », ses vétérinaires extravertis, sa dirigeante de multinationale impitoyable, ses organisations de défenses pour les animaux maladroites et son héroïne courageuse, Bong Joon-Ho utilise la forme du conte et ses allégories pour parler au plus grand nombre. Une façon simple, mais efficace d'aborder la famine dans le monde, la surconsommation, le partage des richesses et la souffrance animale .

Bong Joon-Ho articule son intrigue autour de Mija, qui va devoir passer par une série d'épreuves pour retrouver son cochon « Okja ». Sortir ainsi de son confort du haut de son sommet coréen pour plonger dans l'enfer urbain de la ville. C'est prenant, sans temps mort, mais surtout c'est assez convenue, car on ne cherche pas à nous surprendre et c'est bien là le gros défaut du film. Il n'y a rien que l'on ne devine pas à l'avance. Ce qui est dommage, mais comme le but est tout autre, ce n'est pas très dérangeant. Mija ce personnage que nous présente le réalisateur, c'est un peu nous, le spectateur lambda qui se retrouve perdu dans un environnement ou l'on est sans cesse sur-solliciter et qui se pose des questions sur le monde dans lequel il vit !

Une réflexion qui trouve son apogée à la fin du film [SPOILER], Mija sauve Okja en le rachetant, en payant avec de l'or![SPOILER END] ! Un acte qui surprend aux vues de la philosophie du film, mais Mija fait ce qui lui semble juste, elle se sépare de ce qui représente pour elle, un modèle qu'elle ne veut pas, ou l'on monnaie les individus. Elle donne ainsi de l'espoir en montrant que c'est possible de sauver une « vie » et de gagner face aux géants ! Sauf que cela ne peut se faire seul, car d'un autre coté, c'est encore et toujours le système le plus fort qui gagne, le système capitaliste …

Un récit que Bong Joon-Ho mène avec beaucoup d'aisance, donnant vie à cet univers fantasmagorique à la fois si proche et si loin de nous ! Il crée une ambiance très poétique au début dans les montagnes, avec un soupçon de magie, pour mieux plonger par la suite dans les diverses villes que Mija traverses. C'est visuellement soignée, Darius Khondji rend les villes encore plus anxiogènes qu'elles peuvent l’être, la lumière est froide et les couleurs sont plus ternes ! Un travail qui accompagne merveilleusement bien l'ambiance que le réalisateur instille des le début, entrecoupées seulement par quelques poursuites au combien bien réussies ! Ou l'on peut admirer le chara-design si particulier du cochon « Okja ». Quant au casting, il est assez inégal, si Paul Dano ou encore Tilda Swinton sont à l'aise avec leurs personnages, d'autre comme Jake Gyllenhaall en font beaucoup trop que cela en devient écœurant. Petit coup cœur en passant pour Ahn Seo-hyeon, l'impeccable interprète de Mija sans qui le film n'aura pas eu la même saveur !

Clairement un film de cinéma, avec un coeur gros comme un "Okja"

The Whole Truth


THE WHOLE TRUTH
de Courtney Hunt

The Whole truth (toute la vérité), est un film dont je n'attendais pas grand chose. Je ne l'ai vu que parce que son casting m'a interpellée.

Dans une ville de Louisiane débute le procès d'un jeune homme de dix sept ans jugé pour le meurtre de son père alors qu'il n'en avait que seize. Il refuse de dire un mot depuis ce meurtre. Son avocat essaie de le défendre et déploie tout son savoir faire pour le faire parler.
L'histoire commence après la sélection du jury et avec l'arrivée de l'avocat dans la salle.
La force de ce film est dans son scénario. Scénario est finement mené. 
Il utilise différents axes de narration. La voix off est celle de Ramsey, elle présente les faits et intervient ponctuellement. Mais on découvre aussi au cours du procès ce qui s'est passé lors des témoignages, que ce qui est dit à ce moment là soit vrai ou faux . Il y a un flash qui nous montre la vérité. Le spectateur détient à ce moment des données que l'avocat perçoit mais dont il n'a pas la pleine mesure.
Par moment la narration se fait plus consensuelle, plus habituelle. Elle est juste troublée par les dessins et les griffonnages de notre jeune accusé sur son bloc jaune...
cette manière de narrer l'histoire est à l'image de la réalisation. Elle n'est jamais là ou on l'attend. Elle prend les habits de la série B et nous balade de manière assez déconcertante. Par exemple assez rapidement on a des doutes sur ce qui a pu se passer. On a l'impression qu'une certaine personne est plus impliquée que ce qui nous est dit. Et fort de nos réflexes de cinéphiles on anticipe et on brode. S'en faire attention que c'est l'arbre qui cache la foret. La révélation de la fin du film je l'ai absolument pas vu venir.
Pour se permettre ce genre de choses, il faut que la réalisation soit d'un classicisme à tout épreuve.
Et à bien des égards elle est. Du lieu protocolaire et codifié qu'est un tribunal, avec ses us, ses coutumes, ses gens bien rangés à leurs places. Les décors sont sobres et coûteux, on sent que les matériaux sont nobles, les tapis hors de prix. Le luxe est partout présent. Le code couleur est sans fioritures, dans ses tons comme dans sa palette. Les costumes et les tailleurs constituent la majorité du vestiaire du film. Le seul moment ou apparaît une veste à capuche bleu roi, elle brise nos certitudes.
Le casting est à la hauteur du film. 
Gugu Mbatha-Raw et Gabriel Bassoont une présence à l'écran folle alors qu'ils ont des rôles peu parlant. James Belushi est lui aussi rarement à l'écran mais il a un charisme d'ogre. Il campe la victime et il vous terrifie.
Renée Zellweger est la femme qui disparaît. Elle sème parfaitement le spectateur. On ne sait pas quoi croire à son propos. Elle se sert parfaitement de son apparence physique pour incarner loretta.
Ramsey l'avocat est interprété par Keanu Reeves est parfait dans ce rôle, on a immédiatement confiance en lui, et on suit son combat avec beaucoup d’empathie.
Ce film a aussi la particularité de parler de la maltraitance physique et morale dans des milieux cossus, même si ce n'est qu'abordé ça le mérite d’être là et sans concession. A tel point qu'il a été interdit au moins de 16 ans aux usa aux moment de sa sortie

Ce film m'a surpris. Il est plus intéressant qu'il en à l'air. Sa finesse et son ton réaliste le font détonner à coté de la défense Lincoln et le maître du jeu que j'aime pourtant énormément.

Elle


Michèle fait partie de ces femmes que rien ne semble atteindre. À la tête d'une grande entreprise de jeux vidéo, elle gère ses affaires comme sa vie sentimentale : d'une main de fer. Sa vie bascule lorsqu’elle est agressée chez elle par un mystérieux inconnu. Inébranlable, Michèle se met à le traquer en retour. Un jeu étrange s'installe alors entre eux. Un jeu qui, à tout instant, peut dégénérer.

Elle – 25 Mai 2016 – Réalisé par Paul Verhoeven


Le dernier film de Paul Verhoeven c'était « Black Book » en 2006 et depuis, le pauvre petit « Hollandais Violent » n'avait rien fait de neuf. Jusqu'au jour ou le salut vint de la France et d'un roman de Philippe Dijan « Oh » qu'il adapta avec comme actrice principale, Isabelle Huppert. La c'est le succès, on se perd entre les récompenses, les nominations multiples et les critiques dithyrambiques, qui ne manquent alors pas de bons mots pour le qualifier. Malsain, glauque ou encore transgressif sont des mots qui reviennent souvent, mais est il allez si loin que la critique le prétend ? Malheureusement je crois que ce n'est pas le cas …

Michèle est la parfaite working-girl parisienne ! Une femme forte et sure d'elle qui mène d'une main experte un petit studio de jeu vidéo. Un jour dans sa demeure cossue d'un quartier bourgeois, elle se fait violer par un homme qui c'est introduit chez elle. Cependant elle ne porte pas plainte et continue à vivre comme si de rien n'était. Toutefois elle ne peut ignorer ce qui s'est passé et le harcèlement dont elle est victime; c'est ainsi qu'elle décide de s'armer pour se défendre à l'avenir. Une situation délicate qu'elle entend bien gérer, malgré une vie personnelle faites de conflits divers.

Moi qui espérais secrètement que Paul Verhoeven est réussi un grand film, ces deux longues heures ont douché toutes mes espérances, car hélas « Elle » est un beau petit loupé made in france. Alors ce n'est pas aussi indigent et soporifique que « Vincent n'a pas d'écailles », car il se passe des choses dans « Elle », des choses que rate inlassablement Verhoeven, coincé dans ce que l'on nomme l'enfer du cinéma français !

Le scénario qui se concentre sur Michèle est écrit par David Birke et adapté ensuite par Harold Manning ! L'intrigue nous parle de cette femme, de ses démons intérieur, dont le père (serial-killer) incarcéré sur la façon que ça régie sa vie. Ce sont des intentions louables que l'on devine à demi mot dans le film, mais comme c'est écrit avec la finesse d'une banale comédie (Pas les bonnes cela va de soi), cela anéantit toute réflexion ! Et on assiste incrédule à des scènes caricaturales, surlignées avec la délicatesse d'un critique des Inrocks qui se pâment des qu'ils voient un bout de fesse, avec des dialogues que n’auraient pas détesté Max Pécas, car « Elle » à un potentiel de nanardise insoupçonné ! Plongeant certaines scènes dans un ridicule des plus gênants !

Paul Verhoeven ne rattrape hélas même pas ce qu'il nous montre à l'écran, c'est plat, peu imaginatif et sans surprise, trop occupé certainement à filmer avec délectation les nombreuses scènes de viols que compte ce long-métrage. Une ignominie qu'il répète quatre à cinq fois, sans jamais se préoccuper d'une chose, qu'il banalise le viol. D'une par la répétition des viols, mécanique et sans aucune émotion, ou chaque nouveaux viols semble devenir la norme dans la vie de Michèle et ensuite parce que cela ne l'atteint jamais, comme si elle était « immunisée». Un manque de réaction qui valide sans le dire, que ce qu'elle vie est normal. Une banalisation qui fait mal, surtout quand ça vient d'un film, acclamé par la critique, qui d'un revers de mains balaye la gravité de cet acte, qu'est un viol.

 C'est un magnifique revers pour Verhoeven ...

47 Ronin



47 RONIN
de Carl Erik Rinsch


Il y a des films dont on a entendu du mal et à qui par conséquence on n'accorde que peu de crédit. Je ne sais pas pourquoi on ne l'avait pas encore vu, je ne l'explique pas autrement qu'à cause de ce on-dit. Mais finalement on lui a donné sa chance

47 ronin commence en suivant un très jeune homme, presque un enfant qui traverse une foret à la course. Un aspirant samouraï qui chasse avec son maître, lui saute dessus et décide de le tuer prenant son métissage et ses cicatrices comme des stigmates et en déduisant que c'est un démon.
Son maître a pitié de ce jeune homme et décide de l'amener chez lui pour le soigner. Ce maître s'appelle Nagatory Asano. , il est le daimyo (le plus puissant es seigneurs appartenant à la noblesse japonaise et un gouverneur ). c'est chez lui que Kai rencontrera sa fille Mika, unique enfant de son hôte. C'est une fois devenus adultes que commencent l'histoire.
Une fois n'est pas coutume, commençons par ce qui fâche. Le bruit qui parasitait mon souvenir et qui a fait de ce film un non succès retentissant. Ce film reprend un moment de l'histoire japonaise (célébré le 14 Décembre) qui s'est déroulé en 1701. De nombreux films et séries ont retracé les actes de ces hommes. Le réalisateur décide de faire un film respectueux et juste de lui apporter une aura un peu plus universelle. Pour ça il réuni un casting solide et embarque Keanu Reeves. Et c'est là qu’intervient universal pictures, le studio de production. Il veut que ce film soit plus mainstream. Et les lignes bougent. On change la langue du film; des personnages comme zombie boy sont mis en avant, on fait des re shoot en veux tu en voilà, et on insiste sur les fx avec la volonté d'intégrer un chouia de 3D... résultat la sortie du film est repoussée deux fois et c'est un bide retentissant.
Pourtantc'est un joli film, porté par cette histoire forte d'hommes d'honneurs. Il est bien rythmé et les dialogues sont de ceux qui enrichissent les rubriques «quotes». Les phrases parfaitement tournées proclament des valeurs et des sentiments.
De nombreuses choses sont mises en place pour forger un écrin à la hauteur à cette histoire. Un décor créé à Budapest et à Londres pour donner vie à un village féodal et à la foret. Les costumes, variantes des tenues d'époque deviennent des révélateurs de ceux qui les portent, à l'image des si nobles armures des samouraïs ou celles des acteurs itinérants. Puis il y a ceux des femmes, leurs coiffures et leurs peignes tout est beau, soigné et réfléchi.
Il y a également un travail énorme sur le bestiaire.autant j'avais trouvé le premier animal correct mais il ne m'avait pas épatée, autant les autres le dragon en tête m'ont conquise. J'avais l'impression qu'il pouvait sortir de l'écran et voleter autour de moi.
Quant aux chorégraphies des combats que ce soient aux sabres, ou de n'importe quelles manières, elles sont un pur plaisir. Elles n'ont pas le coté aérien de Hero ou Tigres et dragons mais en gardent le lyrisme et un engagement physique certain.

Même si sur une partie des affiches vous voyez zombie boy, zappez le il n'a que deux répliques dans le film. Il est juste le symbole de la schizophrénie qui a frappé la production. Car concrètement le casting n'avait pas besoin de lui tant il est solide.
Hiroyuki Sanada , joue le premier samouraï oishi. Connu pour être le héro de San Ku Kai. Il est l'incarnation de la dignité. Son jeu est pur et généreux.
Tadanobu Asano joue Lord Kira. Acteur bouleversant dans le film de kyioshi Kurosawa «vers l'autre rive» il est impeccable à l'écran. mon seul regret est son temps de présence qui aurait mérité d’être plus long.
Sa comparse Mizuki est interprétée par Rinko Kikuchi, elle est Mako dans Pacific Rim. Elle est aussi délicate qu'inquiétante.Elle campe parfaitement ce personnage au combien complexe.
La princesse, Mika, est interprétée par la sublime Ko Shibasaki. Cette actrice est lumineuse elle porte ce rôle comme une tiare et donne chaire à toutes les qualités de son personnage.
Keanu Reeves est Kai. Il est attachant et se fond parfaitement dans cette histoire.

Il y a des bémols à mon amour pour ce film et ils touchent principalement les effets spéciaux. Ils ont été l'un des cheval de bataille des studios. Du coup ils sont inégaux. Le plus frappant étant l'apparence des habitants de la foret des tengus. Le parti pris est si laid qu'on se demande si c'est fait exprès. Alors qu'à coté il y a tant de choses belles et réussies. Ça se ressent aussi dans la manière dont est abordé le monde magique. Une impression que l'on n'a pas été réellement au bout des choses. Mais très honnêtement ça ne nuit pas à l'histoire.

Je sais à quel point j'ai aimé un film lorsqu'au moment ou j'ai fini d'écrire sur lui je me dis que j'aurais pu faire mieux. Là c'est le cas.
47 ronin mérite qu'on lui donne une chance. Il me ramène à ce que j'aimais enfant et il met des étoiles dans mes yeux. Ce n'est certes pas le film le la décennie mais c'en est un que j'aurai plaisir à voir et revoir



Detective Dee II : La légende du dragon des mers


L’impératrice Wu règne sur la dynastie Tang aux côtés de l’empereur Gaozong. Elle envoie sa flotte vers l’empire Baekje afin de soutenir cet allié de longue date, envahi par le belliqueux empire Buyeo. Mais, juste après leur départ, les navires sont attaqués par une mystérieuse et gigantesque créature surgie du fond des mers. Les habitants de Luoyang, la capitale orientale, pensent qu’il s’agit d’un dragon des mers.

Detective Dee II : La légende du dragon des mers – 6 Août 2014 - Réalisé par Tsui Hark

Tsui Hark c'est un peu comme quand j'ai découvert John Woo. J'ai vu ses deux films américains avec JCVD et j'ai été pris par la générosité du bonhomme à l'écran. Mais il était évident que je n'avais vu qu'une infime partie du talent de Tsui Hark et depuis ce temps là, je m'étais promis d'en découvrir plus. Ce que je n'ai pas fait, jusqu'à ce jour avec la découverte dans la même soirée de son diptyque (pour l'instant) de Detective Dee ! Il ne fallait donc pas moins que Tsui Hark, auteur en partie des films « Il était une fois en chine », qui était sur autre figure de la culture chinoise, celle de l'illustre « Wong Fei-Hung » !

Si ce film est le second de la série initié par Tsui Hark, c'est avant tout un prequel ! Un film qui prend place dans la jeunesse du détective Dee, avant qu'il ne soit vu comme un dissident. C'est ainsi que l'on découvre un magistrat en devenir, malin et rusé, qui n'a pas son pareil pour s'attirer des ennuis. Alors qu'il n'est pas encore officiellement intégré à son poste, il prend la défense d'une jeune femme prête à se faire enlever. Hélas, il finit en prison, car on le confond avec les bandits. Mais ce n'est que le début des aventures de Dee, qui va devoir enquêter sur une mystérieuse attaque de dragon des mers.

Bref après un premier épisode épatant, Tsui Hark récidive et signe un prequel aussi dantesque que le précédent ! Jamais à court d'idées et d'énergie ce film mêle habilement diverses intrigues, romantique, policière ou politique. Un préquel aussi ambitieux que radical dans son approche. Si vous n'avez pas vu le premier vous ne serez heureusement pas perdu, mais vous comprendrez un peu moins ce qui nous est raconter, car comment savoir ou l'on va si on ne s'est pas d’où l'on vient ! Et le scénario emprunte exactement cette voie, en déroulant d'un coté l'intrigue principale et de l'autre les petites choses qui vont enrichir la mythologie, ainsi que les personnages comme Dee, Shatuo ou Wu Zetian.

C'est ainsi que l'on apprend à mieux les connaître, à comprendre les amitiés qui les lient, ou qui les opposent, tout en ayant un regard sur les us et coutumes de l'époque et sur la dynastie Tang ! Un regard juste, mais terrifiant pour nous européens, ou le bien commun passe avant l'individu et cela quoi qu'il puisse se passer. Un dilemme porté par le juge Dee, qui voit ses idéaux de justice contrés par l'autorité de l'Impératrice qu'il ne peut contester !

Une richesse totalement au service du récit, dense et habilement structuré. Tsui Hark ne manque alors pas le coche pour créer de folles séquences, dont on ne doute pas que la 3D aurait magnifié (Vu sur une simple tv) ! Que cela soit sur terre, a flanc d'une crevasse ou dans l'eau, la générosité est de mise, notamment lors du climax final ou le réalisateur joue sur les différences d'échelles et de terrain. A cela il faut ajouter une direction artistique Kenneth Mak cohérente avec le précédent et tout aussi riche de détails; une photographie de Sung Fai Choi élégante et contrastée; une belle composition musicale de Kenji Kawai mais surtout un travail titanesque sur les costumes, crée par Pik Kwan Lee et Bruce Yu. Quant au casting, il est plein de talent ! Hormis Carina Lau, l'impeccable Impératrice, place a des nouveaux visages, Mark Chao devient Dee et s'approprie comme il se doit le personnage ; Shaofeng Feng dans le rôle de Yuchi Zhenjin ou encore Angelababy gracieuse et lumineuse en courtisane ... 

Je ne dirais qu'une chose, vivement la suite !

The Neon Demon



THE NEON DEMON
de Nicolas Winding Refn

j'ai toujours eu envie de regarder The Neon Demon. J'ai été fascinée par sa bande annonce et par son esthétisme. Mais on n'a pas été le voir au cinéma et il est entré dans ma longue liste des films que je devais voir. Je remercie suzy bishop d'avoir réveillé mon intérêt.

Jesse est une jeune fille qui arrive à los angeles et dont la beauté la fait sortir du lot. Elle devient la jeune femme qui a le vent en poupe et réveille les convoitises. Si ces quelques phrases contextualisent l'histoire, elles ne la résument pas, ni ne la pitchent. ce film est tellement visuel qu'il est difficile ne serait-ce que de raconter son premier quart d'heure.
La force de ce long métrage est dans son image, sa photographie, son esthétisme. Les couleurs qui l'habillent sont absolument splendides et peu utilisées de cette manière à l'écran. Des filtres, aux scènes éclairées dans des teintes froides, installent un climat papier glacé.
C'est vraiment ce sentiment là que l'on a, l'impression d'un film sur papier glacé. Ça se retrouve jusque dans la composition de l'image. Les perspectives ou leurs absences, les reflets dans les miroirs qui offrent de la profondeur dans cet univers plat, on retrouve aussi les jeux avec les angles de vues présents dans les photos de mode. La réalisation joue beaucoup avec la géométrie pour accentuer cette sensation de construction
Le maquillage a une importance énorme. Je ne suis pas une spécialiste dans ce domaine mais on perçoit combien il a été pensé. Je me souviens de la maquilleuse du Dallas Buyers Club qui expliquait son utilisation du contouring et de poudres. Là on voit le travail avec les highlighters créant des points de lumières et un coté glowie qui aide à installer cette impression «papier glacé». Le maquillage «beauté» est aussi exploité les paillettes, l'or, les strass dont on pare Jess la rendent différente des autres et du commun des mortels. Les costumes et les coiffures sont en adéquation avec la recherche sur les couleurs.
Mais y a t-il un sens au milieu de toute cette beauté froide. Il y en a, c'est un espèce de manifeste contre le monde de la mode. Et ce milieu apparaît comme un croque mitaine pour les jeunes femmes. Tout en étant une dénonciation de la société et des critères esthétiques auxquelles les femmes se plient. Et la ligne «éditoriale» du film devient moins clair les femmes deviennent des prédatrices, elles font pleinement parties de ce paradigme, à la fois victimes et bourreaux. Dans ce cercle culpabilisant elles sont sublimées quand elles s'assument comme fauve. Dans le film elles deviennent sensuelles, sauvages, avec un esthétisme utilisé qu'à ce moment.
Les actrices sont belles et charismatiques et on n'a aucun mal à se dire qu'elles ce sont pliées sous les fourches caudines que dénoncent le scénario.
Elle Fanning est magnétique, elle est belle mais est aussi pétrie de talent . Elle est lumineuse et son évolution dans le film se fait avec douceur alors que se révèle une force terrible.
Le personnage de Ruby interprétée par Jena Malone est inquiétant est plein de secrets, mais il explose en route lors d'une scène de nécrophilie aussi inutile que ridicule. Et pour moi c'est symptomatique des ratés du film. Les personnages ne m'ont jamais intéressée , je ne m'y suis jamais attachée et je les ai même trouvées vides.
En conséquence quand les déviances apparaissent, je suis étonnée mais ça ne m'enveloppe pas d'effroi. Puis il faut dire ce qui est, à la fin du film on en a croisé un certain nombres et que plus aucune action dans cette surenchère me fait d'effet
Le seul personnage qui m'a intéressée c'est Hank le propriétaire du motel, interprété par Keanu Reeves. D'abord car il fait exploser le coté papier glacé (et ça fait du bien)et il semble être le personnage sur lequel on pouvait raconter des choses. Mais pour mon grand malheur, il est assez peu exploité.

Je ne dirai pas que j'ai aimé ce film, mais j'ai aimé le voir ne serait-ce que pour le travail sur l'image.

Visages Villages


Agnès Varda et JR ont des points communs : passion et questionnement sur les images en général et plus précisément sur les lieux et les dispositifs pour les montrer, les partager, les exposer. Agnès a choisi le cinéma. JR a choisi de créer des galeries de photographies en plein air. Quand Agnès et JR se sont rencontrés en 2015, ils ont aussitôt eu envie de travailler ensemble, tourner un film en France, loin des villes, en voyage avec le camion photographique (et magique) de JR. Hasard des rencontres ou projets préparés, ils sont allés vers les autres, les ont écoutés, photographiés et parfois affichés. Le film raconte aussi l’histoire de leur amitié qui a grandi au cours du tournage, entre surprises et taquineries, en se riant des différences.

Visages Villages – 28 Juin 2017 - Réalisé par JR/ Agnès Varda

Les documentaires ne m'attirent pas naturellement et rare sont ceux que je découvre au cinéma. Pour tout dire c'est un genre cinématographique que je regarde peu. Et pourtant il faut bien le dire, les bons documentaires n'ont rien à envier aux films classiques, ce qui est le cas de cette collaboration entre l'artiste JR et la cinéaste Agnes Varda, une plongée dans la France, entre le béton et les visages qui la composent !

Tout commence par une rencontre, poussée entre autre par la fille de Agnes Varda. Une rencontre qui en a appelé d'autres, lui photographiait la façade de sa maison, elle son visage, même si il n'a daigné enlever ses lunettes. Le début d'une amitié que l'on décèle au travers de leurs actes et de leurs mots, puis vint alors l'idée de ce documentaire. Un film qui partira loin des villes, car c'est le souhait d'Agnes Varda, ou au gré de leurs envies, ils parcourront la France, avec le camion photo de JR, à la recherche d'histoires, de femmes et du temps qui passe !

Au final, c'est un vrai beau et fort moment d'émotion que nous livre JR et Agnes Varda ! Une tournée dans la France que l'on ne regarde que trop peu, qui est parfois même clairement abandonné. Alors que ce sont des moments d'histoires qui se cachent ou des histoires d'hommes et de femmes, avec la simplicité qui les caractérise.

L'approche de JR et d'Agnes est tout aussi simple, modeste et profondément humaine, ou l'on sent que les gens les intéressent et qu'ils sont la pour les écouter, que ça soit dans le Nord auprès de Jeannine Carpentier, la dernière habitante d'un coron à Bruay-la-Buissière; ou encore auprès de ces femmes de dockers ; Nathalie Maurouard, Sophie Riou et Morgane Riou devenu des femmes totems de dix mètre après un collage des équipes de JR ! Les femmes et leurs paroles sont à l'honneur, magnifiées par l'attention et l’œil de la grande Varda qui leur rend justice.

Ils mettent aussi en lumière des territoires reculés, ou l'on sent que le temps passe à son rythme, ou tout semble avoir bougé sans jamais se détériorer. Un peu comme la réalisatrice de se documentaire, pleine de vie, mais qui doit faire face à des injections régulières dans les yeux pour préserver sa vue qui baisse. Une corvée indispensable pour ne pas la priver de son outil le plus utile, son regard profond et compatissant qui semble percer à jour la moindre image ou personne. Ce qui est le plus beau des cadeaux que nous lèguent JR et Agnes Varda, un film qui voit le monde comme il est, qui crée du lien et qui rapproche les gens, notamment par la force des images et de ceux qu'elles représentent ! 
Une très belle réussite !