My Own Private Idaho


MY OWN PRIVATE IDAHO
de Gus Van Sant

S'il y a un film qui me suit depuis de mon adolescence c'est «my own private idaho». Tournait juste un peu avant, ce titre qui sonnait comme une vieille chanson country, ses acteurs charismatiques, puis la mort de River Phoenix l'ont fait entrer dans l'histoire.

Je ne vous raconterai pas l'histoire du film, car le début n'est pas représentatif de son ton. Car ce film est un film de Gus Van Sant et son visionnage n'est pas linéaire.
Il est d'abord et avant tout un témoignage sur une population précise à une époque donnée. 
Il suit Mickey, un jeune homme qui se prostitue pour vivre et payer sa drogue ainsi que son meilleur ami dont il est amoureux Scott. Les deux hommes ont eu des enfances très différentes mais évoluent dans un même milieu fait de squats de passes et de photos pour des magasines gays. C'est pour moi la partie la plus forte de ce film. Avec des monologues face caméra, ou les compagnons des personnages principaux racontent leurs premières expériences tarifées qui ont toutes en commun d’être des viols et leurs projets. Ce sentiment de schéma est accentué par la reproduction des silhouettes et des attitudes lorsqu'ils sont en Italie. une espèce d'universalité du malheur ou les mêmes problématiques mèneraient aux même résultats
Ce film n'est jamais dans la caricature ou dans le jugement et cela permet d'esquisser des portraits riches. Comme celui de Scott, fils du maire de Portland, et qui se prostitue. Extrêmement ami avec Mickey qui est amoureux de lui, alors que Scott est hétérosexuel.
Ou comme celui de Mickey dont le parcours familial est traumatisant et qui cependant cherche sa mère.
Se soulève également la question du rapport aux parents. Que ce soit celui de Scott avec son père. La seule rencontre qui est mise en scène entre ces deux est réalisée de telle manière qu'elle soulève plus de questions qu'elle n'y répond. Ou que ce soit celui de Mickey que je ne veux pas spoiler mais qui l’entraîne dans un espèce de road trip avec son meilleur ami qui le conduira en Italie. Il semble ne jamais s'apercevoir que sa mère comme lui pourchasse sa famille pour oublier son présent. et qu'à chaque fois que quelque chose le ramène à elle,il fait dans une crise de narcolepsie.
Les choix du réalisateur de faire des allers et retours puis des allers et venus casse le charme du road movie. Il n'apporte rien à Mickey qui en est à l'origine c'est son ami qui en sort changé et renforcé dans son choix.
Ce film avait vraiment tout pour me happer. Surtout que par moment il es emprunt d'une poésie naïve qui ne me laisse pas indifférente. Mais les choix de réalisations m'ont violemment sortie de l'histoire.Tels que la forme du voyage en Italie ou les scènes d'amour en images arrêtées qui ne sont pas sans rappelées les photos des magasines érotiques des années 80 (prime à celles dans l'encadrement de la fenêtre avec contre jour) et tant d'autres.
Le point fort de ce film est son duo d'acteurs. River Phoenix qui cultive ici un petit coté James Dean. Il donne corps à ce personnage désespéré quasi tragique et qui cherche à se sauver. la sensibilité qu'il lui offre traverse l'écran.
Keanu Reeves qui interprète Scott un jeune homme aux multiples facettes au moins quatre ou cinq différentes. Il est parfaitement crédible. Il arrive à changer notre sentiment et notre appréciation sur le personnage par un regard, ou à son ton.

Ce film est un film culte et il le mérite. Sa richesse n'est pas toujours canalisée par la réalisation, mais c'est un moment enrichissant.


The Bad Batch


THE BAD BATCH
d'Ana Lily Amirpour

En français on pourrait traduire the bad batch, par la mauvaise graine, et c'est le seul bagage dont on a besoin pour commencer ce film.

Dans une période futur les personnes que l'on aurait mis en prison sont conduites à la frontière du Texas, ou un immense grillage sépare le désert d'un coté les usa et leur législation, de l'autre une zone de non droit. Ils ne sont pas des prisonniers ils sont des « bad batch ». C'est à ce moment de sa vie que l'on rencontre Arlen, toute pépette avec jupe pastèque, sac à dos avec écussons et smiley, porte feuille vans avec photo de son ex et un petit air de jeune femme énervée.

Ce film que l'on a eu envie de voir en partie pour son casting est l'un des plus wtf que j'ai eu l'occasion de visionner ces dernières années. Il est extrêmement ambitieux (autant dans la forme que sur le fond). Il est également totalement hors sol tout en restant en prise avec la société ou nous évoluons.
Son esthétisme est à l'image de son héroïne. Il est très beau. La manière de filmer le désert, de créer des villes ou des campements. Tout cela en mélangeant les styles. Il y a un petit coté stealpunk dans la prothèse de jambe, de l'onirisme dans sa manière de filmer la nuit... Mais il est amputé de choses qui nous semblent nécessaires pour garder un certain équilibre. Très rapidement on s’aperçoit que même les interdits que l'on pensait de base sont transgressés.
Ce qui marque dans un premier temps ce qu'il reste c'est le silence. Il n'y a pas un seul dialogue pendant les vingt premières minutes. Et quand les conversations commencent c'est souvent ces mots que l'on échange pour ne rien dire. Arlen commence à communiquer réellement que vers la moitié du film. Et c'est judicieux comme ça on est confronté au film, à sa brutalité (les scènes de cannibalisme et ce qui va autour, le grincement de la carriole de l'hermite, ou le bruissement de comfort). Le spectateur prend tout de plein fouet, et doit deviner et déduire.

Quant à la musique elle est réconfortante et surgit de notre passé au moment des scènes d’anthropophagie et elle prend des rythmes électroniques quand ce sont les habitants qui font la fête et s'amusent.
L'histoire est bien menée, et rythmée. Il n'y a pas de temps morts, elle rebondit et évolue à chaque étape. Le scénario sait laisser rouler l'histoire et la parsemer de moments de tensions extrêmes, de cruauté, et de douceurs quasi irréelles. Il n'y a pas un moment ou l'on est complètement serein. Et pour parler des deux personnages principaux, la réalisatrice utilise des images dans l'image. Les tatouages de Miami man et d'arlen racontent leurs histoires. Pour elle sont premier et grand amour qu'elle cache sous ses cheveux, les cerises sur sa poitrine, suicide qui est gravée sur son bras, puis le dernier, le numéro qu'on lui a tatoué avant d'arriver; tant de choses dont elle peut parler. Ceux de l'homme commencent à s'effacer, comme cuba dans son cou, et les autres qu'on a du mal à décrypter. Seul celui qui barre son torse est visible et il est devenu son identité. Alors qu'il est taiseux, il communique majoritairement par ses dessins. Et les plus beaux sont les portraits qu'il fait de sa fille.
Le casting est délicieux. Jason momoa est un miami man très efficace. Il a une présence animale inquiétante et fascinante à la fois.
Suki Waterhouse et bien dans son rôle, lumineuse, mais pas toujours à la hauteur de son personnage. Cependant ça ne gène pas le film. La réalisation arrive à palier à ses faiblesses et à s'en servir.
Puis il y a une myriade de second rôles prestigieux. Keanu Reeves en dreamer. Il est à contre emploi et pourtant à chaque fois qu'il est présent à l'écran ça fonctionne. Il est à la fois inquiétant et magnétique, malgré des tenues disgracieuses. On pourra noter la présence de Jim Carrey et un caméo de Diégo Luna.

Ce film est riche de sens. Il formalise les dires de certains. Éliminer de la société ceux qui ne se fondraient pas dans le moule (délinquants, sans papiers...), créer une séparation entre le Texas et le Mexique, une zone de non droit. Et il pousse l'exercice au bout de lui même. Mais l'histoire met à mal cette dystopie(société imaginaire qui s'organise de manière à ce que ses membres ne soient jamais heureux). Les gens arrivent à être heureux. Le rêveur en re créant une société proche de celle qui les a mis à l'annexe «comfort». Donnant un certain confort de vie aux habitants de sa cité. Créant un but «chercher le rêve», provoquant des moments de joies par la musique et des drogues, beaucoup de drogues; puis en prônant des notions de transmissions, et de protections.

Ou ceux qui se mettent en marge,tel que l’Hermite ou miami man qui refusent ces concepts et fonctionnent à leurs manières, cruellement parfois mais en y trouvant un certain bonheur.
Lesquels des deux sont les plus bad batch. Ceux qui recréent une société tout confort alors qu'ils sont condamnés à ne plus vivre comme cela. Ou ceux qui ne vivent pas dans cette société car ils s'y sentent mal. Le film ne le dit pas, à vous de voir.
Je finirai juste en relevant la critique sévère des états unis, du rêve américain et de la manière dont sont traités les laissés pour compte dont se fait l'écho ce film

Ce film est une surprise. Une surprise qui a la forme d'une grande baffe!soit on l'aimera soit on le détestera. Moi j'ai aimé





Que dios nos perdone


À Madrid, durant l’été 2011. La crise économique ébranle la société et provoque la naissance du mouvement social 15-M, celui des Indignés. De surcroît, des milliers de pèlerins débarquent dans la capitale espagnole pour y accueillir le Pape. C’est dans ce contexte que les policiers Alfaro et Velarde ont pour mission d’arrêter de manière « discrète » un assassin présumé. Mais la pression exercée et la course contre la montre leur feront prendre conscience d’une terrible vérité : dans quelle mesure sont-ils si différents du criminel qu’ils poursuivent ?

Que Dios nos Perdone – 9 Août 2017 – Réalisé par Rodrigo Sorogoyen

Depuis quelques années j'essaye tant bien mal de suivre ce que le cinéma espagnol nous propose ! Et vu qu'il n'est pas évident de les découvrir en France, je me contente des 2/3 films que les distributeurs achètent et les films qui sortent en DTV. Bref depuis, une constante revient dans les films que je découvre, c'est qu'il y a toujours (parfois dans un degré moindre) un angle social, voire politique et c'est une fois de plus le cas avec « Que Dios nos Perdone » !

Madrid est en ébullition, car elle s’apprête à recevoir le pape lors des journées mondiales de la jeunesse. La ville à beaucoup de mal à faire face à tout cet afflux de pèlerins venus pour l'occasion, surtout que le pays est aussi révolté par la gestion de la crise économique qu'ils viennent de traverser, une révolte qui a vu émerger le mouvement des indignés sur la place Puerta del sol le 15 mai 2011. C'est dans ce climat électrique qu'un tueur en série sème la mort dans Madrid en violant et mutilant des personnes âgées. Cette affaire aussi délicate que particulièrement éprouvante est confiée a deux policiers aux profils radicalement différents. Le premier, Alfaro est un inspecteur instinctif et brutal ; le second Velarde, complexé par un bégaiement prononcé est plus discret mais il n'est pas pour autant incompétent. Un duo atypique qui doit faire vite et discrètement, car si l'affaire sort au grand jour, cela sera catastrophique pour la ville et pour la réputation de la police. Une pression supplémentaire qui s'ajoute à l'horreur de l'affaire et qui va les mettre au pied du mur, face à eux même et à leurs propres démons ….


Rodrigo Sorogoyen après deux romances, signe ici son troisième film. Un thriller poisseux et radical de grande qualité, qui se place dans la droite lignée des autres représentants espagnols sortie cette année en France. On plonge ainsi dans une Espagne en pleine crise, d'un coté la jeunesse sacrifiée par un pouvoir corrompu se soulève avec le mouvement des indignés, pendant que de l'autre l'Espagne Catholique accueille le pape et les journées mondiales de la jeunesse en pleine crise des valeurs. Un contexte agité dont Sorogoyen et sa scénariste Isabel Pena s'empare pour livrer une histoire sur la violence qui gangrène le cœur de chaque homme …

L'intrigue du film est plutôt classique, c'est l'histoire d'une enquête sur un violeur et tueur en série. Un récit qui est toutefois brillamment articulé, notamment autour d'une poursuite centrale qui prend place dans le centre de Madrid. Bascule narrative qui nous plonge dans une ambiance encore plus sombre et désespérée. C'est là que le vrai sujet à mon humble avis prend vie, a savoir le portrait de trois hommes, deux policiers et un criminel qui font de ce film ce qu'il est, une interrogation sur la nature de la violence chez l'homme. D'un point de vue moral, le film respecte les carcans de « gentil » et de « méchant », mais quand on gratte sur la surface, il n'y en a pas un pour vraiment rattraper l'autre. Ce sont les produits d'une vie, d'une éducation, souvent catholique, et d'une société patriarcale ou tout ne tourne qu'autour de l'image de « l'homme », fort et viril ! Une violence naturelle, profondément ancrée en eux, qui rend cette histoire encore plus terrifiante, car il n'y a pas de monstre, juste des hommes.

Rodrigo Sorogoyen s'attelle à montrer cela pendant les deux heures que durent le film. Une ambivalence entre ce que l'on voit et ce que l'on renvoie qui se traduit aussi bien dans les actes que visuellement. Un contraste saisissant entre l'ambiance aride et poisseuse des rues madrilène par exemple et l’intérieur aseptisé de l'appartement de Velarde ou encore avec la chaleur et la bonhomie d'Alfaro. Mais ce travail là, admirablement menée par le réalisateur et son chef op Alex de Pablo continue dans la deuxième partie du film ou ils ramènent de la couleur, de la variation et des sentiments, signe d'un récit qui s'emballe et ou chacun des protagonistes se retrouvent face à lui-même. Un rythme qui va crescendo et que le réalisateur maîtrise habilement, alternant les scènes d'expositions et les scènes violentes avec précaution, avec comme point d'orgue cette poursuite centrale fabuleuse.

Longue, imprévisible, sans fin, filmé caméra à l'épaule, on s'épuise au rythme des protagonistes, de plus en plus fatiguer, par la chaleur, par le poids de la tache et par l’impossibilité de coincer le criminel ! Une séquence pivot bien monter que Rodrigo Sorogoyen nous livre avec beaucoup d'application. A cela on peut ajouter une partition musicale signé Olivier Arson particulièrement anxiogène, qui résonne lourdement à chaque fois et qui amplifie le malaise de certaines séquences; les décors de Miguel Angel Rebollo, notamment des appartements, qui alternent entre épure (appt de Velarde) et habitats surchargés, des endroits détaillés et bien penser.

Quant au casting, c'est de la bombe tout simplement ! Javier Pereira dans le rôle d'Andres (le méchant) est un excellent choix. L'homme normal par excellence, courtois et poli, on ne se doutes de rien et c'est nombreux actes délictueux n'en sont que plus terrifiants. Puis il y a l'excellent Antonio de la Torre dans le rôle de Velarde. Impeccable caméléon qui surprend avec ce rôle de policier bègue, presque mutique, l'acteur tout en retenue ne cesse jamais de nous étonner pendant ces deux heures. Et enfin il y a Roberto Alamo, Goya du meilleur acteur en 2017, véritable révélation à mes yeux ! Il est épatant, sous sa carapace de machisme, il montre aisément toutes les failles de son personnages avec un jeu fait de coup d'éclat et de nuance, avec la touche de naturel qui désarçonne. Une excellente performance pour un goya amplement méritée ! 


Un thriller qui mérite le coup d'oeil !

120 battements par minute


120 BATTEMENTS PAR MINUTE
de Robin Campillo


Ecrire sur 120 battements par minute, c'est se dire que l'on veut parler de claquements de doigts, et penser qu'il va falloir glisser «des molécules pour qu'on s'encule». Puis d'un coup c'est être envahi à nouveau par tous les sentiments qui nous ont traversé lors de son visionnage.

Vous pitcher ce film n'est pas aisé. Tant il est riche et qu'il fait naître chez nous une multitude d'émotions. On suit pendant à peu près deux ans le groupe d'act up Paris au début des années 90.On les suit dans leurs réunions hebdomadaires (RH); dans leurs actions, leurs recherches d'informations, mais on fait aussi des insertions dans la vie de certains d'entre eux.
A cette période j'étais ce que l'on appelle aujourd'hui une pré ado. Je ne garde pas grand choses comme souvenirs de la montée en puissance du SIDA. C'est venu plus tard. Mais si je cherche quel est le premier souvenir que j'ai et que je lie à cette maladie c'est l'image des die-in d'act up. Et c'est en partie ce que l'on retrouve ici.
Car tout un pan du film retrace l'action de ce groupe, et ses combats. L'une de ses principales qualités est le scénario et la réalisation tous les deux menés par le même homme. Dans un premier temps, tout est filmé à la première personne. Permettant de nous présenter les règles de fonctionnement de la RH, nous donnant l'impression de faire partie des manifestants d'une de leurs actions. L'immersion a été parfaite pour moi. L'activisme nous apparaît comme naturel, le seul choix à faire. Les claquements de doigts, les «tsst» se mettent à raisonner particulièrement en nous.
L'image pour act up a toujours été une arme. Dans ce film la photographie est tout aussi percutante. Les poches de faux sang qui éclatent, le sang qui se mélange avec ce faux sang. L'évolution de ce virus matérialisé dans la brume d'une boite de nuit, la baignoire pleine de faux sang, et tant d'autres images que je ne veux pas vous spoiler qui reste imprimées sur votre rétine. Tout comme la troisième partie du film ou se succèdent une série de scènes poignantes et fortes.
Dans un premier temps le rythme est emporté quasi euphorique. Les actions et les RH se succèdent. Le ton malgré la gravité de ce dont on parle est léger et dynamique. Dans un second temps la caméra s'installe comme extérieure et le film prend le temps de nous expliquer les différents buts d'act up ce pourquoi ils se battent. Avant tout contre l'industrie pharmaceutique qui brille par son manque d'humanité (rétention d'informations, protocoles de soins inacceptables, et tant d'autres choses que je vous laisse découvrir), la prévention quasi impossible quand on veut cacher les séropositifs,les gais, les droguais, les prisonniers...

La troisième partie s'attache à des personnages. Elle est bouleversante et m'a arraché le cœur. Mais a aucun moment nous ne perdons de vue act up et la volonté de ces hommes de faire bouger les choses autant pour les autres que pour eux. Jusqu'à la scène finale qui nous laisse chancelants entre rires et larmes.
Le scénario est bien mené, et sans concessions. Il montre la maladie et la sexualité, sans fausses pudeurs. Il déroule son film pendant plus de deux heures sans temps morts, sans jamais qu'il ne s'enlise. Il passe d'un moment à l'autre dans un magnifique exercice d'équilibriste aidé par de magnifiques acteurs.
Il n'y a pas une seule personne qui soit moins investie, un second rôle qui ne soit pas parfaitement interprété ou écrit dans ce film. A l'image se la merveilleuse Aloise Sauvage qui mène le débat lors des RH, et qui d'une certaine manière rythme le film. elle est un vent de fraîcheur.
Nahuel Pérez Biscayart interprète Sean. Son rôle est probablement le plus difficile et pourtant il est impeccable que ce soit dans l'excitation, l'acceptation, ou le combat. Ce film m'a donné envie de farfouiller dans sa filmographie et de découvrir les autres films francophones ou il a joué.
Nathan est interprété par Arnaud Valois. Il émane de lui une puissance et son jeu rend son personnage très attachant. Il canalise l'empathie que l'on ressent pendant le film. Il dévore l'écran.
Adele Haenel incarne avec éclat la fille investie et tout le temps sur la brèche. Elle ne tire pas la couverture à elle. Elle est juste un membre parfait d'un groupe à l'image du personnage qu'elle interprète.
Il me paraît évident que ce film ne plaira pas à tout le monde. Je pense qu'il va faire grincer des dents et choquer certains bien pensant. Ça tombe bien c'est un film sur act up

Ce film est ce que j'aime dans le cinéma. Une histoire bien racontée avec un discours politique, et qui nous laisse face à nos réflexions sur la société dans laquelle on évolue. Société ou les labo pharmaceutiques font la pluie et le beau temps; société ou les affiches de préventions sont censurées parce qu'elles montrent deux hommes en train de s’enlacer.



Kong: Skull Island


Un groupe d'explorateurs plus différents les uns que les autres s'aventurent au cœur d'une île inconnue du Pacifique, aussi belle que dangereuse. Ils ne savent pas encore qu'ils viennent de pénétrer sur le territoire de Kong…

Kong: Skull Island – 8 Mars 2017- Réalisé par Jordan Vogt-Roberts

Le « Shared-Universe » ou « Univers Partagé» c'est le petit truc qui fait rêver n'importe quel studio à Hollywood. Son but ? C'est de faire cohabiter au sein d'un même univers, différents personnages d'une licence ou d'une saga déjà établie en multipliant pour ce qui nous concerne, les films ! De ce fait, l'effet d'attente entre chaque film est au maximum, teaser alors par l'envie de savoir ce qui arrivera à l'un ou l'autre des personnages et ça Marvel le fait admirablement bien. Sauf que ça a engendré des tas de petits qu'on n'a pas envie voir ou de voir arriver, comme celui d'Hasbro (GI Joe/Transformers), celui de la saga Fast and Furious (Spin-Off sur Hobss) celui sur les monstres d'Universal (La Momie, l'homme invisible) ou bien encore le « monstroverse » de Legendary/Warner avec Godzilla et désormais Kong.

L'histoire du film qui devait être un « reboot » de ce monstre, c'est transformer en un immense défouloir qui se déroule en pleine guerre du Vietnam. Bill Randa de l'agence Monarch supervise une expédition jusqu'à l'ile du Crane. Une ile qu'il croit habiter par un monstre qui a détruit le bateau ou il se trouvait lors de la seconde guerre mondiale. Pour ça, il profite sans le préciser d'une expédition organisée par le programme Landsat et d'une escorte de militaire. Sauf qu'une fois sur l’île, il se retrouve face à l'inimaginable, un gorille de trente mètre de haut qui les attaque sans aucun ménagement. Décimés, les rares survivants sont éparpillés, ils découvrent alors un lieu dangereux et hostile à l'homme. Pourtant ils vont devoir le traverser, à leurs risques et périls …

Hormis un aspect graphique recherché et la présence de Kong, je n'attendais pas grand choses de ce film. Ce qui est bien, car au final avec « Kong : Skull Island » j'ai eu encore moins de plaisir que ce que j'escomptais. Cet « Apocalypse Now du Monde Perdu » est truffé de bonnes intentions, mais comme Jordan Vogt-Roberts à la subtilité d'un gorille de trente mètres dans un magasin de porcelaine, cela donne un immense foutoir qui se morfond dans son propre concept et l'absence totale d'histoire. Trop conscient de l'imagerie qu'il véhicule (La guerre du Vietnam), le réalisateur en oubli presque qu'on vient pour voir King Kong, et donc si la première séquence sur l’île est impressionnante, avec son lot de destructions et d'images fortes, le reste du film est extrêmement mollasson et il se perd par la même occasion dans son propre sujet et ne fait qu’enchaîner par la suite des scènes sans aucun liant ! Un monstre par si, un autre par là, un marines perdu ou encore un village perdu d'humains.

Sauf que paradoxalement le film ne manque pas d'idées, ni de talents pour faire prendre vie cette « Skull Island ». La direction artistique se tient, le bestiaire de l’ile semble sans limite et le travail de performance capture pour Kong est d'une grande qualité. Malgré ça le film ne décolle jamais et c'est clairement plombé par une narration linéaire, un manque flagrant d'émotion et surtout de personnages correctement caractérisés. Le casting qui était pourtant de qualité, devient ici anecdotique ! Ce qui fait mal quand on à Samuel L. Jackson, Tom Hiddleston, Brie Larson ou encore John Goodman

Godzilla 1 – King Kong 0
"Poster crée par Autumn Rain Turkel"

Aliens le retour


Après 57 ans de dérive dans l'espace, Ellen Ripley est secourue par la corporation Weyland-Yutani. Malgré son rapport concernant l’incident survenu sur le Nostromo, elle n’est pas prise au sérieux par les militaires quant à la présence de xénomorphes sur la planète LV-426 où se posa son équipage… planète où plusieurs familles de colons ont été envoyées en mission de "terraformage". Après la disparition de ces derniers, Ripley décide d'accompagner une escouade de marines dans leur mission de sauvetage... et d’affronter à nouveau la Bête.

Aliens le retour – 8 Octobre 1986 - Réalisé par James Cameron

Avec près de 100 millions de dollars de recettes dans le monde pour un budget de 11 millions de dollars, le succès de « Alien : Le 8 eme passager » donne bien évidemment des idées au producteur David Giler. Mais à l'époque les dirigeants de la 20th Century Fox n'en veulent pas et ce n'est que lorsque la direction changea que l'idée ne fut plus écartée. Une aubaine pour un certain James Cameron qui hérita de la réalisation de cette suite, après avoir prouvé tout son talent lors de la sortie de son premier film « Terminator » ! Et si le changement peut décontenancer, ce fut certainement la meilleure des idées pour cette suite…

Une fois l'Alien disparut dans l'immensité de l'espace, Ripley avec son chat rentre en stase et laisse dériver la navette de sauvetage dans l'espace. Un voyage qui durera près de 57 ans avant d’être récupéré et rapatrié près de la terre, sur une station orbitale. Le réveil est très rude pour Ripley, encore traumatisée par ce qu'elle a vécu sur le Nostromo, mais elle n'a pas le temps de s'apitoyer sur son sort car la compagnie Weyland-Yutani lui demande des comptes sur ce qui s'est passé il y a 57 ans. Hélas on ne la croit pas, son histoire paraît complètement folle, surtout que la planète ou elle dit que ses camarades décédés on découvert la créature est colonisée depuis près de vingt ans. Malgré sa bonne foi, elle perd son droit de voler et doit trouver un travail pour subsister. Une situation qui ne perdurera pas longtemps, car depuis peu la planète LV 426 ne répond plus et une mission de marines doit aller sur place pour s'assurer de ce qu'il se passe. Burke l'avocat de la compagnie Weyland-Yutani charger de la défendre, propose à Ripley de venir en tant que consultante sur cette mission, avec la secrète promesse que si il y a des Aliens qu'ils soit détruits …

Au final et cela même si je préfère en général le travail de James Cameron, cette suite ne m'a pas autant plu que le premier volet. Alors je ne suis pas déçu par ce que j'ai vue, parce que de ce coté là, c'est un excellent film, une suite pertinente et surtout un pur film de James Cameron. Fini le huis-clos suffocant de Ridley Scott, place à un film d'action, à une escouade de militaires aussi virils que débiles et à la désormais mythique Ripley, qui explorent à l'insu de leur plein gré une nouvelle facette de la mythologie Alien.

Ce qui est bien avec l'histoire que James Cameron à écrite, c'est qu'elle prend le contre-pied de ce qu'avait fait Ridley Scott précédemment et que cela montre qu'il à su se poser la bonne question à savoir « Qu'est ce qui serait pertinent pour prolonger l'histoire d'Alien sans se répéter ? ». Cette histoire de guerre au fin fond de l'espace est aussi son seul point faible à mon humble avis, car il faut accepter cette approche plus frontale. Une radicalité qui peut heurter, notamment pour ceux qui ont était plus séduit par la retenue de Ridley Scott. Mais voilà, c'est aussi ça sa grande force, Cameron s'approprie l'essentiel pour mieux le développer. Le personnage de Ripley reprend sa place de mère et le thème de la maternité est approfondie (Relation Newt/Ripley); l'alien n'est plus un modèle unique mais bien le représentant d'une espèce qui peut se reproduire ; on retrouve aussi l'homme démunis malgré sa technologie (Militaires surarmées vs Aliens primitifs) ; l'homme face à sa propre avidité; mais aussi les dangers du capitalisme et les traumatismes liées à la guerre (Vietnam). Et c'est tout cela qu'on retrouve dans l'intrigue concoctée par Cameron. Une intrigue claire, qui suit le destin d'une femme traumatisée, qui part combattre sa propre peur et qui redevient peu à peu la mère qu'elle a été! C'est précis, efficace et l'intrigue sait exactement ou elle va tout en développant comme il se doit les thématiques citées si dessus, et c'est encore plus généreux dans sa version director's cut.

Une générosité si grande, qu'elle a émaillé le tournage du film, car oui James Cameron, perfectionniste dans l’âme n'a pas supporté l'attitude des techniciens anglais lors des prises de vues aux studios Pinewood, qui se la jouaient un peu trop cool ! Une tension qui à même failli virer à la grève. Pourtant cela n'a eu aucun impact quant au résultat final et ça c'est assez impressionnant. James Cameron prend le parti du spectaculaire, mais il ne délaisse pas pour autant le suspense et la tension que l'on peut créer avec la présence de l'alien.

C'est ainsi qu'après une exposition maîtrisée, ou l'on se reconnecte avec cet univers, Cameron balance la chevauchée des valkyries et nous entraîne dans son Vietnam à lui. On peut alors voir les travaux et les nombreux designs de Ron Cobb et Syd Mead sur les décors, les armes ou encore les vaisseaux; les décors de Peter Lamont comme celui crée dans une ancienne centrale électrique sont en adéquations avec la direction artistique de Terry Ackland-Snow, qui fait de ce film un prolongement délicat des décors apocalyptiques de Terminator, mêlés à ceux d'Alien. Le rendu est en totale adéquation avec ce que Cameron veut nous montrer et les scènes d'actions profites à merveille de ça, les Aliens se déplacent en silence dans la jungle de cette immense complexe et n'hésitent pas à chasser en meute ! C'est admirablement mené, monté et ces séquences n'ont rien à envier a celle du premier en terme de terreur pure.

Et il alterne à merveille entre le développement de son intrigue, les diverses interactions de ses personnages et l'action pure et dure. Une maîtrise de tous les instants que Cameron garde tout au long du film, notamment pour préparer au mieux l'arrivée de la Reine Alien, sublime animatronique et de l'ultime combat, « Mère » contre « Mère » !

Le casting quant à lui est excellent. Une part d'entre eux fait partie du Cameronverse, avec Bill Paxton, l'impeccable Michael Biehn, Jeanette Goldstein ou encore Lance Henriksen; des interprètes avec énormément de magnétisme et de talent qui portent une partie du film sur leurs épaules avec brio. Paul Reiser sous ses traits de gentil garçon est l'incarnation du capitalisme, il vous sourit mais en secret il ne pense qu'au profit possible avec un spécimen extraterrestre. Froid , cynique et lâche, il n'en reste pas moins terrifiant, voir peut être plus qu'un Alien. Puis on trouve la touchante Carrie Henn, admirable Newt, enfant perdu au milieu du chaos. Une jeune actrice à l'époque qui fait preuve de beaucoup de maturité et de caractère. Des qualités indispensable pour supporter le tournage (Car elle est éloignée de sa famille), sur lequel elle a tissé des liens très forts avec Sigourney Weaver, qui est devenu une seconde mère pour elle. Un lien que l'on retrouve dans le film et dans leur relation, mais surtout dans ce que transmet Sigourney Weaver à l'écran, comme l'abnégation, la combativité, le sacrifice et l'amour. Performance saluée par une nomination à l'oscar de la meilleur actrice en 1987 … 

Une bonne suite ! Mais je préfère malgré tout le premier.

"Poster by Rich Davies"

Détective Dee : Le Mystère de la flamme fantôme



DETECTIVE DEE
le mystère de la flamme fantôme
de Tsui Hark


Détective Dee est un titre qui a flotté dans ma TL. Des salves de compliments venaient à nous. Lorsqu'on lisait des articles, ces films avaient tout pour plaire. Tout cela a provoqué la violente envie de les voir. C'est perdu au milieu d'un bac de la FNAC que le maître de ce blog a trouvé un coffret regroupant les deux .
Détective Dee le mystère de la flamme fantôme, est le premier opus qui a été filmé mais chronologiquement il se situe après Détective Dee et la légende du dragon des mers.

En 690, la régente s’apprête à être couronnée impératrice. En cette honneur elle fait construire l'une des plus grandes statues de bouddha aux traits féminins. Alors que les préparatifs du couronnement touchent à leur but, des personnes qui travaillent à la construction de cette statue brûlent, comme victimes d'une combustion spontanée.
Pour calmer la population qui craint une malédiction et court-circuiter une rébellion elle demande à sa dame de compagnie, et personne de confiance Shangguan Wan'er d'aller chercher le Juge Dee. Ce juge, le meilleur enquêteur, est enfermé depuis plusieurs années pour avoir exprimer son opposition à ce que celle qui est sur le point de devenir impératrice,monte sur le trône en tant que régente.

Ce film a une double origine, il est avant tout inspiré par les romans de Van Gulik (les enquêtes du détective Ti). Et d'un homme politique qui sous la dynastie Tang, s'est beaucoup investi et a permis à la population de mieux supporter le régime autoritaire et intransigeant sous lequel ils vivaient.
Le scénario et ces références permettent au film de s'ancrer dans une mythologie et il l'enrichit. Plein de choses se mettent en place, les croyances qui régissent la vie des personnages, la religion, la magie, la transfiguration,la médecine chinoise; les techniques de combat ou l'arme de Dee... toutes ces petites choses ne font pas que donner de la cohérence et du contenu à l'histoire. Elles créent un univers ou il est bon de se perdre.

L'immersion est aussi un bonheur grâce à la photographie. Les lumières, les couleurs, les costumes somptueux, la richesse de l'image. On en prend plein les yeux. Il n'y a pas un endroit ou le spectateur les pose qui ne nous fascine pas, ou un détail qui n'attire pas l'attention.
La réalisation met parfaitement en valeur une histoire palpitante. Ce film est très rythmé. La tension est palpable tout du long. Elle ne gâche jamais une occasion de pimenter son histoire avec un soupçon d'irrationnel. Et elle arrive à garder la cohérence dans tout cela. Les scènes de combats sont magnifiquement chorégraphiées. Le problème est que souvent les combats aériens divisent. Les gens les aiment ou pas. Mais là ils sont diversifiés. Il y a quelque chose de particulier à voir la séquence avec les marionnettes, ou comment Dee gère l'arme dont lui a fait cadeau l'empereur. Il y a plein de fantaisies dans ces scènes.

Les acteurs sont parfaitement exploités. Les rôles sont très ambigus, et jusqu'au bout on ne sait pas jusqu'à quel point on peut leur faire confiance. Au final on ne sait pas qui est qui dans ce film. Et tous les acteurs sont charismatiques. Andy Lau qui interprète Dee dans ce film, porte son rôle crânement. Il semble être polymorphe. De sa première apparition en prisonnier porteur d'un handicap, à la dernière quelques minutes avant l'aube il est méconnaissable.
Ce film souligne deux choses qui m'ont particulièrement intéressée. La première est un discours qui se rapproche de celui de Hero, sur ce qu'implique de gouverner un pays et un peuple, et le comportement des gouvernants.
Et bien que ce film nous dise une chose,le héros est un opposant reconnu, et le réalisateur est Hongkongais avec toutes les particularités que ça implique. Et je me demande si le message n'est pas plus complexe.
Je n'ai pas la réponse.
L'autre point est la place des femmes. Ici ce sont des femmes de pouvoirs et des combattantes, à l'égal des hommes même supérieures à eux. Les actrices à l'image de Carina Lau, qui interprète l'impératrice les portent avec brio.

J'ai aimé d'amour ce film. Il était encore plus incroyable que ce que j’espérai. Il est beau, palpitant, magique et riche.






Alien, le huitième passager


Le vaisseau commercial Nostromo et son équipage, sept hommes et femmes, rentrent sur Terre avec une importante cargaison de minerai. Mais lors d'un arrêt forcé sur une planète déserte, l'officier Kane se fait agresser par une forme de vie inconnue, une arachnide qui étouffe son visage. Après que le docteur de bord lui retire le spécimen, l'équipage retrouve le sourire et dîne ensemble. Jusqu'à ce que Kane, pris de convulsions, voit son abdomen perforé par un corps étranger vivant, qui s'échappe dans les couloirs du vaisseau...

Alien, le huitième passager – 12 Septembre 1979 – Réalisé par Ridley Scott

Si j'occulte « Prometheus » que j'ai découvert il y a deux ou trois ans et qui très honnêtement ne m'a pas laissé un souvenir impérissable, mon entrée dans la saga « Aliens » s'est faite au travers des deux étranges films de Paul W.S Anderson « Alien vs Predator » ! Si l'idée de faire s’entre-tuer ces deux factions est factuellement assez drôle, en substance cela ne vaut pas grand chose et surtout ça ne rend pas honneur à l'immense premier film de 1979 signé Ridley Scott que j'ai enfin découvert …

Le Nostromo est un vaisseau commercial avec a son bord un équipage de femmes et d'hommes, qui ramènent une importante cargaison de minerais. Pour ce trajet éminemment long, les différents membres d'équipages sont plongés en état de sommeil prolongés, seul l'ordinateur de bord veille au bon déroulement du voyage. Alors qu'ils sont loin d'avoir atteint leur destination, l'équipage du Nostromo est sorti de son long sommeil par « Maman » l'ordinateur de bord, car elle a détecté des signes de vies sur une planète. Surpris par ce réveil, les membres de l'équipage doivent cependant honorer une clause de leurs contrats, qui stipule l'obligation d’enquêter sur tout possible de signe de vie extraterrestre. C'est ainsi qu'une petit équipe débarque sur LV-426 dans le but d'en apprendre plus.

Comme je n'aime pas spécialement me faire peur, j'appréhendais fortement la vision d'Alien mais il n'en fut rien au final, car si des frissons il y a eu, ce fut au profit d'une très belle découverte. « Alien, le huitième passager » est un film qui n'a pas usurpé sa réputation, c'est bel et bien un classique du cinéma et un monument de science-fiction par la même occasion. Et à l'époque c'est à un novice que l'on s'adresse, un certain Ridley Scott, qui récidivera trois ans plus tard pour signer un autre chef d’œuvre de la sf « Blade Runner » !

Malgré de nombreux remous lors de sa conception, le scénario est d'une efficacité à toute épreuve et dépasse contre toute attente la relative simplicité qu'il s'en dégage. Car oui, l'histoire est simple, c'est celle d'un équipage qui doit survivre face à une forme de vie extraterrestre agressive. Mais voilà, par l'intelligence de la narration, qui sait jouer sur les non-dits, le mystère et la retenue, on est happé par ce huis-clos mortel des les premières minutes du film. De plus l'Alien, ainsi que l'ordinateur de bord « Maman », apporte une symbolique somme toute intéressant qui densifie ce que l'on nous raconte, notamment sur l'acte de création qui peut accoucher du «meilleur» comme du plus « atroce » …

Puis concernant la réalisation du film, pour une personne qui signe son second film c'est propre ! Ridley Scott maîtrise l'espace et il ne fait jamais dans la surenchère, la créature par exemple que l'on doit à l'artiste HR Giger est préservée et maintenue dans l'ombre pour ne surgir que rarement, le tout en exploitant à merveille le hors-champ (La scène avec le chat quelle merveille !). Une maîtrise du suspense que Scott étale tout au long du film, que cela soit par la tenue de son intrigue que par l'ambiance qu'il arrive à instiller, pesante et cauchemardesque. Des le début on est plonger dans l'immensité de l'espace et du Nostromo, ou chaque recoin semble être menaçant et à cela il faut ajouter ce travail si subtile sur le son et la présence ou non de musique ! Ce qui donne des moments glaçants, ou l'on est au près de l'équipage, dans les entrailles du Nostromo, ou le souffle se fait court et la respiration rapide. A cela il faut ajouter des effets spéciaux réussis, notamment ce qui concerne la créature; une direction artistique sublime qui à depuis fait des émules et une partition musicale signé Jerry Goldsmith particulièrement réussis !

Le casting du film quant à lui est parfait ! On retrouve John Hurt dans le rôle de l'officier en second Kane, Harry Dean Stanton dans celui du technicien Brett, Tom Skerritt impeccable dans le rôle du commandant Dallas ou encore Ian Holm dans le rôle glaçant de Ash. Puis il y a Veronica Cartwright dans le rôle de la navigatrice Lambert et Yaphet Kotto dans celui de Parker. Un groupe homogène qui se met au service du film et livre une belle performance d'ensemble, même si Ian Holm semble au dessus. Mais celle qui met tout le monde à l'amende dans ce film, c'est Sigourney Weaver dans le rôle désormais mythique de Ellen Ripley. Ce personnage est une bénédiction, le seul qui à un brin de jugeote et surtout qui ne baisse jamais les bras face à l'adversité et elle donne énormément de sa personne pour faire vivre son personnage. Une prestation sublime, pas caricaturale et indéniablement badass ! 

Si vous ne l'avez pas vu, je vous le recommande et si vous l'avez vue et bien regardez le à nouveau !

Merci Patron !



MERCI PATRON !
de François Ruffin

Je ne sais pas bien pourquoi j'ai voulu voir Merci patron!. Sûrement pour son réalisateur que personne ne sait présenter sans citer ce film, comme si ce morceau de bravoure devenait une part de sa personnalité.

Le postulat de départ met le réalisateur au centre du documentaire. Se présentant comme fan de Bernard Arnault, il décide de réconcilier le multi milliardaire et le petit peuple qu'il a licencié. Au court de cette quette il rencontre la famille Klur. Le couple a été licencié d'une des usines qui confectionnait des costumes Kenzo et qui a été délocalisée. Ils vivent avec 400euros par mois et sont sur le point de se faire exproprier et leur maison est à une semaine de la saisie. C'est à ce moment que ce docu prend une autre dimension et qu'il se transforme en plan de sauvetage de cette famille, tout en laissant transparaître les méthodes de ces grands industriels.
François Ruffin est un homme engagé et c'est le préalable de ce long métrage. Son parcours et sa vie sont le symbole de ses convictions. Ce documentaire est engagé, il faut l'accepté avant de le voir.
Il est évident que ça dérange, vous n'avez qu'à aller voire sur les critiques des différents médias, et comment certains classes avec plus au moins de mépris ce film, au moment de lui donner un genre.Le début du film peut être déstabilisant si vous avez un problème avec les donneurs de leçons qui ne sont pas avare en ironie. 

Mais si la forme peut piquer le fond apparaît si intéressant que l'on reste attaché au film. Puis il rencontre la famille Klur, Jocelyne et Serge on est face à ces gens si attachants, courageux et dans une telle détresse que l'on ne peut qu’être blessée pour eux. Et face à ce malheur le réalisateur se lance dans une mission de sauvetage, l'ironie est un peu moins là mais l'humour est toujours plus présent voire plus féroce.

François Ruffin nous montre ce qu'est l'engagement, il met en route un bras de fer avec LVMH, en prenant la place du fils de cette famille. Les démarches mettent en lumière les méthodes de ces grands groupes et de leurs directions. Apparaissent dans le tableau des barbouzes, des groupes de pressions et des hommes politiques de tous bords, et les manières de faire plus qu'étonnantes. Dans un film on aurait trouvé le scénario trop gros.
J'avoue avoir été émue par la fin. Mais ça n'éclipse pas la photographie sans concession et non sans pression sur notre société et sur ceux qui détiennent l'argent. Il témoigne de la puissance de l'individu et de la personne qui a la force et le courage de penser et agir différemment.

Ce documentaire rentre en écho avec le discours d'un président Jupiter qui parle de «ceux qui ne sont rien» .

John Wick: Chapter 2


John Wick est forcé de sortir de sa retraite volontaire par un de ses ex-associés qui cherche à prendre le contrôle d’une mystérieuse confrérie de tueurs internationaux. Parce qu’il est lié à cet homme par un serment, John se rend à Rome, où il va devoir affronter certains des tueurs les plus dangereux du monde.

John Wick 2 – 22 Février 2017 – Réalisé par Chad Stahelski


Malgré la mort de Viggo Tarasov et l'adoption d'un nouveau chien, John Wick n'en a pas toujours finit avec la famille Tarasov, car il n'a toujours pas retrouvé sa voiture. Ce qui ne tarde pas à causer des soucis au frère de Viggo, Abram Tarasov qui panique à l'idée de voir John Wick venir reprendre son bien. Quelques coups de feu plus tard, John fait un pacte de paix avec Abram avant de se retirer pour de bon du marché de l'emploi des tueurs à gages. Hélas rien n'est définitif dans ce milieu, surtout si vous avez une dette envers quelqu'un. C'est ainsi que Santino D'Antonio, un seigneur de la pègre vient chercher son du, sauf que John ne veut pas car il s'est retiré du circuit. Légèrement contrarié, Santino s'en va mais il détruit avant de retourner en Italie la maison de John Wick. Sans domicile, John se rend au continental, laisse son chien et prend des conseils au près de Winston, qui lui rappelle les règles qu'il ne doit pas rompre. Convaincu, Wick se rend à Rome pour exécuter ce contrat qu'il doit à Santino, mais très vite, ce qui s’avérait être un énième assassinat, ce transforme en un immense traquenard.

La fraîcheur en moins, ce second « John Wick » est plutôt plaisant et remplit à merveille ce que l'on attend de lui, à savoir de la bagarre, des fusillades et du Keanu Reeves. Un cocktail qui fonctionne toujours aussi bien, avec comme seul commandant à la barre du na'wick, le comparse de David Leitch, monsieur Chad Stahelski. Cependant, il y a quelques points qui me chagrinent et qui ne permettent pas au film de faire mieux que son prédécesseur, à savoir une intrigue alambiquée, une action redondante et un dernier acte perfectible …

Au scénario on retrouve Derek Kolstad qui nous pond une histoire aussi simple que le précédent, qui fonctionne sur le même principe, a savoir que John Wick ne fait que réagir à une agression. Mais il n'arrange rien, en collant une intrigue de mafieux, de dettes, mâtinées de trahisons et de complots tout bonnement indigeste, tant les ficelles sont éculés. Et là ou tout était simple, précis et diablement efficace, ce John Wick patine dans le trop plein de sérieux ! C'est assommant, inintéressant et surtout on a du mal à s'impliquer, car déjà les personnages ne sont pas bien écrits ou du moins bien caractérisés mais surtout il y en a trop !

Ceci dit, le film à le mérite de densifier la mythologie « John Wick ». On découvre un « Continental » à Rome, ce qui laisse entrevoir un réseau à l'échelle mondiale; il y a aussi ce pacte que l'on signe avec une personne si on est dans le besoin, pacte qui se transforme en épée de Damoclès par la suite, car vous ne savez pas quand vous devrez rendre ce service en retour; puis le film élargit les possibilités en introduisant la faction des mendiants, qui agissent dans l'ombre et avec un réseaux très bien établi. Par petite touche, le monde initié dans le premier film prend une toute autre tournure, plus dure, plus radicale et plus impitoyable, ou la moindre incartade se paie cash, que l'on soit John Wick ou non …

Quant à la réalisation, elle aussi sympathique que dans le premier film. Entouré notamment par le chef op Dan Lautsen (Crimson Peak) qui éclaire le film a la perfection, Chad Stalheski multiplie les lieux et les séquences de fusillades, avec un dynamisme qui lui est propre et même si on ressent une sorte de redite dans la chorégraphie des combats, la générosité dont il fait preuve marche ! C'est ainsi que le film compense son intrigue alambiquée, en nous donnant notre lot de séquences fortes ou Keanu Reeves croisera cette fois-ci son vieil ami Laurence Fishburne, ou bien encore Common, Riccardo Scamarcio, Ruby Rose et le grand Ian McShane.

La surprise en moins, ce 2nd opus n'en oublie pas d'enrichir sa mythologie et d'ancrer John Wick parmi les meilleurs personnages de film d'action créé récemment !


"POSTER DE SIMON DELART"