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Dracula


DRACULA
de Francis Ford Coppola


il y a (tres) longtemps, la mini moi, a vu ce film et l'a adoré. Puis je ne l'ai plus jamais revu, j'ai nourri mes jolis souvenirs en lisant le roman sublime de Bram Stocker. Avec le temps je me suis dite, que ce film n'avait peut être pas bien vieilli. Et en tout cas que moi j'avais bien grandi et que je n'étais pas sure de l'aimer à nouveau. Le maître de ce blog ne l'avait jamais regardé alors on a acheté le dvd. Je l'ai longtemps toisé du coin de l’œil en me disant toi je ne te regarderai... mais j'ai craqué et un soir on s'est calé devant

Au milieu du XVeme siècle le comte Dracula est un noble roumain. Et comme il se doit, il prend les armes au nom de Dieu. 
Le film commence sur sa préparation pour partir à la guerre. Pour combattre les turcs sous les yeux de sa jeune épouse et apeurée. Il part vers une mort annoncée. Mais c'est un féroce et cruel guerrier et il fini par gagner. Mais lorsqu'il arrive chez lui, il retrouve son épouse morte. Ses adversaires lui ont envoyé une lettre annonçant sa mort. Et elle s'est jetée dans le vide de désespoir, et par amour. C'est dans la chapelle de son château qu'il retrouve son corps étendu. Il est fou de tristesse et commence à maudire ce Dieu qui l'a trahi. C'est à ce moment là que le prêtre arrive pour tenter de le consoler et surtout pour le sermonner. Ivre de douleur , il renie sa religion , tue le prêtre et plante son épée au milieu d'une croix. Et il devient un vampire.
Fin du XIX , un jeune notaire est envoyé par son étude en Transylvanie pour vendre une vielle abbaye à cet homme. C'est à cette occasion qu'il aperçoit la photographie de la fiancée de Jonathan qui est trait pour trait le portrait de son épouse décédée.
Ne cachons pas la vérité , j'aurai jamais du le revoir. Ce film qui a gagné trois oscars m'a déçu. Je n'ai pas retrouvé le plaisir que j'avais eu, sûrement car mon œil d'adulte a été égratigné.
Car si sur la forme on n'a pas grand chose à dire, la réalisation et bien menée, les décors sont assez jolis, il y a cependant des choses qui piquent.
Avant tout Dracula. La première fois que j'ai vu le film, je suis tombée amoureuse de Gary Oldman. Son charisme est à son apogée. Il est magnétique, fascinant, mais il n'est jamais aussi bon que quand on lui a ôté un maximum de falbalas et de maquillage. Mais pourquoi tant de « looks» différents pour ce personnage, qui tour à tour apparaît comme un vieil homme avec une coiffure improbable qui ferait pâlir de jalousie le macarons de Leia, et qui interroge encore le maître de ce blog. Quant à moi je me demande un peu comment cet homme qui ne voit pas son reflet peut ériger de tels édifices capillaire. Ensuite il est une espèce de forme blanche, amorphe et gluante pendant son trajet à l'aller, puis c'est un loup garou (pas très réussi), un homme à peu prés normal, uun monstre étrange et très pale, un ensemble de chauves souris très étrange, un vieillard légèrement différent du premier … et j'oubliais parfois il est invisible!!! c'est beaucoup trop pour deux heures de films.
Et ce sentiment de «too much», m'a suivi pendant tout ce long métrage. Je vous parlais de la coiffure de Dracula précédemment, celle de Jonathan est indomptée aussi .Ses cheveux ont blanchit après sa visite chez la comte, d'accord. Mais lorsqu'on le revoit il n'a jamais les cheveux blanc de manière homogène un peu plus un peu moins, c'est n'importe quoi . Quant aux costumes, autant le petit moment ou l'action se passe à Londres, il sont beaux et classiques; mais des que la réalisation veut accentuer le coté gothique les choix ne sont pas heureux.
La robe de mariée de Lucy en un bon exemple, mais pourquoi ce choix? 
Le choix des costumes m'amènent à parler de la manière dont sont traités les femmes. Leurs tenues sont une ode à la transparence.
Pas une des actrices échappera au regard libidineux de la caméra et de celui qui la tient. On comprend bien que si Tarantino a un problème avec les pieds de ses actrices, lui ce sont leurs seins. Il n'y a pas de raison de les montrer … c'est pas grave vous les verrez quand même. Puis lorsqu'elles seront possédées et en train de se changer en vampires, pour séduire les hommes. Elles montreront leurs seins. Alors parfois ils sont sublimes (bonjour Monica Belluci), mais ça n'apporte rien à l'histoire. Je vous parlais de de sensation libidineuse, un truc malsain d'un vieil homme qui regarderait de jeunes femmes à trois quart nues et malmenées. La scène de sexe avec le loup garou en est un bel exemple. Cette manière de parler du viol de Lucy, de cette femme, pas assez pure. Comme elle est lucide, sure d'elle, éduquée sur ce qui va se passer après son mariage; elle est corrompue et elle apparaît comme volontaire pour se faire violer. La scène en elle même est bestiale, gratuite, inutile, et pas belle. Quant aux épouses du vampires, elles ne bougent qu'en rampant sensuellement. Décolletés en avant, avec des habits qui ne servent pas à grand choses. Mais pourquoi?
Les hommes ne sont pas beaucoup mieux lotis. Mais eux restent habillés. Les «jeunes», Jonathan et les prétendants de Lucy, sont mal traités peu utilisés. Et encore le jeune notaire et le moins malmené. Avant tout car il est joué par Keanu Reeves qui est charismatique. Mais les autres s'effacent aussi vites qu'ils apparaissent. Le seul à part Gary Oldman qui a un peu de temps de présence est Anthony Hopkins, qui interprète Van Helsing. Ne nous affolons pas, il est survolté, et on a trop joué le coté indélicat du personnage. Il perd toute crédibilité et devient un personnage et un ressort comique plus qu'autre chose. Renforcé par des scène comme celle dans le mausolée de Lucy, qui est disons le ridicule. Et par le fait, qu'il interprète aussi le prêtre qui se fait transpercer au début du film. Sans que l'on sache pourquoi ce parti pris du réalisateur.
Au milieu de tout cela la belle histoire d'amour qui traverse les siècles et renaît qu'est le sujet de dracula, ou ce triangle amoureux très particulier n'est jamais correctement développé. Pour ne pas aider à l'éclosion de l'histoire Mia est jouée par Winona Rider. Bien qu'elle soit à l'origine du projet, elle est bouffée par ses partenaires. Et lors des scènes ou elle est seule, comme sur le bateau , elle est effacée par la machine. Elle ne prend jamais le contrôle de Mia, et n'est pas crédible comme l'incarnation de ce personnage fort.

Ce film est très imparfait, et ça me fait de la peine de l'avouer. Mais jeune ado, je l'ai adoré alors si vous avez l'occasion essayez de retrouver mon regard naïf. Et si vous ne l'avez pas fait, lisez le roman.

A Scanner Darkly


A SCANNER DARKLY
de Richard Linklater

"A Scanner Darkly" est l'adaptation d'un roman de Philip K. Dick qui en français s'appelle "Substance Mort" et en anglais... A Scanner Darkly. Et rien que pour cela, ça devrait attirer toute votre attention.

Dans une société pas si éloignée de la notre, mais qui se rapproche toujours un peu plus d'une dystopie. Un homme, un policier en infiltration, se débat avec une drogue, la substance M.
Si cette histoire se passe en Californie, la société ou il évolue diffère sur certains points de la notre le plus souvent sur des détails, des réglementations ou des outils. L'histoire bouge doucement les lignes sans pour autant tout bouleverser. Par exemple les policiers ne se connaissent pas.
Il passent leurs journées avec des « scramble suit » une espèce de combinaison extrêmement difficile à décrire. C'est donc une combinaison intégrale qu'ils enfilent sur leurs habits ou se projettent des images de personnes, jamais dans leurs intégralité. La moitié d'un visage de l'une accolé à celle de l'autre... et qui «switch» tout le temps. Autre particularité, même leurs voix sont changées. Pour enfiler ses tenues et les ôter il y a un système de vestiaire élaboré. Jamais ils ne se croisent. Et si dans leurs vies de tous les jours ils sont amenés à le faire. Il serait impossible pour eux de se reconnaître.
Au rayon des drogues, on retrouve la cocaïne, l'herbe, mais aussi des petites pilules rouge, la substance M. Sa particularité est que l’accoutumance et la surdose provoque une désynchronisation des hémisphères du cerveau; et une foule de maladie mentale.
Ou est notre policier dans tout ça? il se perd! Il est a visage découvert avec les toxicomanes qu'il héberge chez lui et qui sont ses amis. Il sort avec une accro à la cocaïne. Mais il est caché quand il est avec ses collègues lorsqu'il débriefe avec son supérieure. En résumé il est un policier, mais c'est aussi un dealer, et un drogué. Et comble de l'exercice on lui confie la mission de se surveiller lui même. Il est coincé dans un cercle vicieux.
Comment le réalisateur raconte t-il tout cela? Il prend un casting qui fait rêver, et fait un film en vingt six jours. Puis il le rotoscope. À l'origine la rotoscopie consiste à prendre une image et à en dessiner les contours et les visages. Si Linklater avait déjà utilisé cette technique sur un de ses films précédents pour lequel l'un de ses amis avait créé un logiciel permettant de le faire avec une dose de photoshoot et de freezing. Ici il a préféré une approche plus artisanale, chaque image a été redessinée et une minute de film représente cinq cents heures de travail.
Cet univers que je ne saurai pas bien qualifier avec à la fois des jeux d'acteurs très efficaces et des images toutes travaillées avec ce procédé, permet de raconter l'histoire de cet homme fred/bob. Il créé un paysage légèrement étiré. Accentuant quand il le faut la sensation de vertige ou de désorientation. Ça casse le rythme de la narration et laisse le spectateur dans le même inconfort que nos personnages. Sans trop en dévoiler à force de consommer de la substance M , il devient accro. Cette manière de filmer permet d'intégrer tous les symptômes, et nous permet de voir les moment ou il est confronté à du morphisme ou à de l'onirisme en passant par la perte de son identité (n'étant pas sure d’être marié ni sure d’ avoir des enfants).
Je vous parlais plus haut des petites choses que créaient le réalisateur et le romancier pour enrichir notre univers et ajouter du réalisme à l'histoire. La rotoscopie permet de donner vie à une foule d'outils et de les rendre crédibles. C'est le deuxième film que je vois, à quelques semaines d’intervalles, inspiré d'un roman de Philip K.Dick. Et je suis toujours aussi fascinée par les petits objets qui sont créés, ils ont souvent un coté steampunk plaisant. Ici, on le retrouve au niveau de l'appareillage médical avec lequel on surveille la santé de Fred , mais aussi au niveau des systèmes de surveillance que ce soit celui de la police ou celui bricolé par James, même le scramble suit n'aurait pas été crédible sans un coup de pouce technique. Toutes ces petites choses qui font un tout.
Si la rotoscopie rend l'histoire crédible, le scénario la rend lisible. Car l'histoire est complexe et cruelle. Mais la manière dont elle est racontée, permet de garder de la légèreté. On voit la déchéance de cet homme que la schizophrénie gagne. On est témoin de son combat pour se raccrocher à la vie . Il est bouleversant quand il récite un épitre ou quand il se perd dans les méandres de son cerveau. Cet homme est émouvant alors que tout le reste autour de lui nous amène à sourire. Un mélange qui ne laisse pas le spectateur indifférent.Pour servir cette histoire, le casting est luxueux Keanu Reeves tient le rôle de Fred/bob. Il est touchant et expressif. Il passe d'une facette à l'autre avec aisance et sans que son interprétation vacille. Les moments ou il revêt le scramble suit sont l'occasion de scènes face caméra particulièrement fortes et dépouillées.
Ces colocataires sont interprétés par Robert Downey Jr et Woody Harrelson. Ils ont des interprétations survitaminées. Le jeu très maniéré du premier sied parfaitement à l'exercice. Il lui donne un coté cartoonesque, hors sol. Puis quand Woody Harrelson joue le fou. Je jubile. Il est parfait je me suis délectée de chacune des minutes ou il était présent à l'écran. Rory Cochrane m'a fascinée lors de la première scène du film. Il est très bon
La fille est Winona Ryder qui gagne en épaisseur avec ce process.
Ce film n'est pas qu'une jolie chose et une histoire bien menée. Il est aussi porteur de message et de réflexions sur le monde qui nous entoure. Le réalisateur met ses pas dans les pas de l'écrivain. Il décide de reprendre, à la fin de film la postface du livre mot pour mot. 
Une dédicace bouleversante qui nous questionne sur l'usage de drogues. Et sur notre société qui créée des drogues qui tue ou aliène ses enfants. Enfants qu'on condamne , qu'on envoie dans des lieux mi hôpital-mi prison.
Elle nous interroge aussi sur la notion de sacrifice humain «pour le bien de tous». Sacrifices qui sont le fruit de manipulation et culpabilisation
Mais au final vient le sujet de ceux qui produisent ces substances sachant qu'ici ces mécanismes sont poussés à leurs maximums.

Ce film est une surprise de par sa forme soignée et cet aspect si différent. Mais ce n'est pas que ça. Son discours et sa post face m'ont laissée avec la chaire de poule fixant un écran noir. Il fait, sans aucun doute, parti des films préférés que j'ai découvert cette année.