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Detective Dee II : La légende du dragon des mers


L’impératrice Wu règne sur la dynastie Tang aux côtés de l’empereur Gaozong. Elle envoie sa flotte vers l’empire Baekje afin de soutenir cet allié de longue date, envahi par le belliqueux empire Buyeo. Mais, juste après leur départ, les navires sont attaqués par une mystérieuse et gigantesque créature surgie du fond des mers. Les habitants de Luoyang, la capitale orientale, pensent qu’il s’agit d’un dragon des mers.

Detective Dee II : La légende du dragon des mers – 6 Août 2014 - Réalisé par Tsui Hark

Tsui Hark c'est un peu comme quand j'ai découvert John Woo. J'ai vu ses deux films américains avec JCVD et j'ai été pris par la générosité du bonhomme à l'écran. Mais il était évident que je n'avais vu qu'une infime partie du talent de Tsui Hark et depuis ce temps là, je m'étais promis d'en découvrir plus. Ce que je n'ai pas fait, jusqu'à ce jour avec la découverte dans la même soirée de son diptyque (pour l'instant) de Detective Dee ! Il ne fallait donc pas moins que Tsui Hark, auteur en partie des films « Il était une fois en chine », qui était sur autre figure de la culture chinoise, celle de l'illustre « Wong Fei-Hung » !

Si ce film est le second de la série initié par Tsui Hark, c'est avant tout un prequel ! Un film qui prend place dans la jeunesse du détective Dee, avant qu'il ne soit vu comme un dissident. C'est ainsi que l'on découvre un magistrat en devenir, malin et rusé, qui n'a pas son pareil pour s'attirer des ennuis. Alors qu'il n'est pas encore officiellement intégré à son poste, il prend la défense d'une jeune femme prête à se faire enlever. Hélas, il finit en prison, car on le confond avec les bandits. Mais ce n'est que le début des aventures de Dee, qui va devoir enquêter sur une mystérieuse attaque de dragon des mers.

Bref après un premier épisode épatant, Tsui Hark récidive et signe un prequel aussi dantesque que le précédent ! Jamais à court d'idées et d'énergie ce film mêle habilement diverses intrigues, romantique, policière ou politique. Un préquel aussi ambitieux que radical dans son approche. Si vous n'avez pas vu le premier vous ne serez heureusement pas perdu, mais vous comprendrez un peu moins ce qui nous est raconter, car comment savoir ou l'on va si on ne s'est pas d’où l'on vient ! Et le scénario emprunte exactement cette voie, en déroulant d'un coté l'intrigue principale et de l'autre les petites choses qui vont enrichir la mythologie, ainsi que les personnages comme Dee, Shatuo ou Wu Zetian.

C'est ainsi que l'on apprend à mieux les connaître, à comprendre les amitiés qui les lient, ou qui les opposent, tout en ayant un regard sur les us et coutumes de l'époque et sur la dynastie Tang ! Un regard juste, mais terrifiant pour nous européens, ou le bien commun passe avant l'individu et cela quoi qu'il puisse se passer. Un dilemme porté par le juge Dee, qui voit ses idéaux de justice contrés par l'autorité de l'Impératrice qu'il ne peut contester !

Une richesse totalement au service du récit, dense et habilement structuré. Tsui Hark ne manque alors pas le coche pour créer de folles séquences, dont on ne doute pas que la 3D aurait magnifié (Vu sur une simple tv) ! Que cela soit sur terre, a flanc d'une crevasse ou dans l'eau, la générosité est de mise, notamment lors du climax final ou le réalisateur joue sur les différences d'échelles et de terrain. A cela il faut ajouter une direction artistique Kenneth Mak cohérente avec le précédent et tout aussi riche de détails; une photographie de Sung Fai Choi élégante et contrastée; une belle composition musicale de Kenji Kawai mais surtout un travail titanesque sur les costumes, crée par Pik Kwan Lee et Bruce Yu. Quant au casting, il est plein de talent ! Hormis Carina Lau, l'impeccable Impératrice, place a des nouveaux visages, Mark Chao devient Dee et s'approprie comme il se doit le personnage ; Shaofeng Feng dans le rôle de Yuchi Zhenjin ou encore Angelababy gracieuse et lumineuse en courtisane ... 

Je ne dirais qu'une chose, vivement la suite !

Détective Dee : Le Mystère de la flamme fantôme



DETECTIVE DEE
le mystère de la flamme fantôme
de Tsui Hark


Détective Dee est un titre qui a flotté dans ma TL. Des salves de compliments venaient à nous. Lorsqu'on lisait des articles, ces films avaient tout pour plaire. Tout cela a provoqué la violente envie de les voir. C'est perdu au milieu d'un bac de la FNAC que le maître de ce blog a trouvé un coffret regroupant les deux .
Détective Dee le mystère de la flamme fantôme, est le premier opus qui a été filmé mais chronologiquement il se situe après Détective Dee et la légende du dragon des mers.

En 690, la régente s’apprête à être couronnée impératrice. En cette honneur elle fait construire l'une des plus grandes statues de bouddha aux traits féminins. Alors que les préparatifs du couronnement touchent à leur but, des personnes qui travaillent à la construction de cette statue brûlent, comme victimes d'une combustion spontanée.
Pour calmer la population qui craint une malédiction et court-circuiter une rébellion elle demande à sa dame de compagnie, et personne de confiance Shangguan Wan'er d'aller chercher le Juge Dee. Ce juge, le meilleur enquêteur, est enfermé depuis plusieurs années pour avoir exprimer son opposition à ce que celle qui est sur le point de devenir impératrice,monte sur le trône en tant que régente.

Ce film a une double origine, il est avant tout inspiré par les romans de Van Gulik (les enquêtes du détective Ti). Et d'un homme politique qui sous la dynastie Tang, s'est beaucoup investi et a permis à la population de mieux supporter le régime autoritaire et intransigeant sous lequel ils vivaient.
Le scénario et ces références permettent au film de s'ancrer dans une mythologie et il l'enrichit. Plein de choses se mettent en place, les croyances qui régissent la vie des personnages, la religion, la magie, la transfiguration,la médecine chinoise; les techniques de combat ou l'arme de Dee... toutes ces petites choses ne font pas que donner de la cohérence et du contenu à l'histoire. Elles créent un univers ou il est bon de se perdre.

L'immersion est aussi un bonheur grâce à la photographie. Les lumières, les couleurs, les costumes somptueux, la richesse de l'image. On en prend plein les yeux. Il n'y a pas un endroit ou le spectateur les pose qui ne nous fascine pas, ou un détail qui n'attire pas l'attention.
La réalisation met parfaitement en valeur une histoire palpitante. Ce film est très rythmé. La tension est palpable tout du long. Elle ne gâche jamais une occasion de pimenter son histoire avec un soupçon d'irrationnel. Et elle arrive à garder la cohérence dans tout cela. Les scènes de combats sont magnifiquement chorégraphiées. Le problème est que souvent les combats aériens divisent. Les gens les aiment ou pas. Mais là ils sont diversifiés. Il y a quelque chose de particulier à voir la séquence avec les marionnettes, ou comment Dee gère l'arme dont lui a fait cadeau l'empereur. Il y a plein de fantaisies dans ces scènes.

Les acteurs sont parfaitement exploités. Les rôles sont très ambigus, et jusqu'au bout on ne sait pas jusqu'à quel point on peut leur faire confiance. Au final on ne sait pas qui est qui dans ce film. Et tous les acteurs sont charismatiques. Andy Lau qui interprète Dee dans ce film, porte son rôle crânement. Il semble être polymorphe. De sa première apparition en prisonnier porteur d'un handicap, à la dernière quelques minutes avant l'aube il est méconnaissable.
Ce film souligne deux choses qui m'ont particulièrement intéressée. La première est un discours qui se rapproche de celui de Hero, sur ce qu'implique de gouverner un pays et un peuple, et le comportement des gouvernants.
Et bien que ce film nous dise une chose,le héros est un opposant reconnu, et le réalisateur est Hongkongais avec toutes les particularités que ça implique. Et je me demande si le message n'est pas plus complexe.
Je n'ai pas la réponse.
L'autre point est la place des femmes. Ici ce sont des femmes de pouvoirs et des combattantes, à l'égal des hommes même supérieures à eux. Les actrices à l'image de Carina Lau, qui interprète l'impératrice les portent avec brio.

J'ai aimé d'amour ce film. Il était encore plus incroyable que ce que j’espérai. Il est beau, palpitant, magique et riche.