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Little Buddha


LITTLE BUDDHA
de Bernardo Bertolucci


Les souvenirs des films sont trompeurs, et j'ai souvent peur de revoir ceux que j'ai aimé jeune adulte ou adolescente. Certains survivent mal à mon évolution, et je me trouve encore plus difficile depuis que j'écris sur ce blog. J'avais gardé un souvenir ému de celui-ci et j'avais peur de le revoir. Mais le maître des clés de ce blog, ne l'avait pas vu. Alors on s'est laissé tenté, et j'avoue que la magie a refait son travail. Différemment de la première fois mais elle était toujours là.

Alors qu'il partage son enseignement avec ses jeunes élèves dans un temple au Bhoutan, Lama Norbu apprend que l'on pense avoir trouvé la réincarnation de son maître le Lama Dorje à Seattle. Il s'embarque avec un jeune moine et rejoint un monastère américain et un moine qui a établi le contacte avec la maman de l'enfant. Il se présente dans la magnifique et majestueuse maison dessinée par le père de famille architecte en vogue. Ils se présentent et expliquent aux parents pourquoi ils sont là. Parents qui ne savent pas trop quoi en penser. En partant ils offrent au petitou, Jesse, l'histoire de Siddhartha et de comment il devint Bouddha? A partir de ce moment le film nous raconte le cheminement de Siddhartha et suit Jesse et ses parents pendant la recherche de la réincarnation de Lama Dorje.

Ce film est malin. Je me souviens que la première fois que je l'ai vu je ne connaissais que peu de choses au Bouddhisme et pourtant j'ai toujours été en mesure de comprendre l'histoire. Chaque moment du film est expliqué avec délicatesse et sans jamais être lourd. Lorsque l'on commence, le Lama Norbu explique aux enfants le principe de la réincarnation. Et si c'est une notion familière, on en découvre son origine. Mais plus encore ici c'est la pierre angulaire du scénario. Jesse est-il ou pas la réincarnation de lama Dorje? Et lorsque les moines expliquent pourquoi ils sont là à ses parents, nous les spectateurs y trouvons de la cohérence. Ce qui n'aurait probablement pas été le cas sans la scène qui précède ce passage.
Ce film est beau, mais l'image n'est pas qu'une belle photographie. Elle habille d'un bleu froid tout ce qui se passe à Seattle. Un bleu froid et sombre. Et de couleurs chaudes orange et jaunes tout ce qui touche à l'histoire de Siddhartha. Ce jaune chaud et lumineux. Ces moments s'alternent dans une partition parfaitement équilibrée. Cette succession forme un tableau splendide et complexe, à l'image de ceux des mandalas. Il y a cependant des limites à cet exercice, car si on est attaché au petit Jesse, tous les passages avec ce filtre bleu deviennent rapidement moins intéressants, on développe moins d’empathie avec ces personnages et il nous reste que les actions qui se passent au Bouthan et ceux de la vie de Siddhartha.

Arrêtons nous cinq minutes sur la manière de filmer Siddhartha. Si lorsque vous cherchez des images sur ce film la majorité des occurrences sont des images de ce personnage, ce n'est pas anodin. Ce sont les moments les plus éclatants, lumineux de ce long métrage. Tout ça est du à son traitement. La lumière a son importance, à la fois chaude et éclatante, elle inonde ce film et contraste violemment avec les filtres bleus. les décors et tout ce qui l’entoure, quelques soit le moment du récit sont étudiés pour souligner sa stature et son aura exceptionnelle. L'une des scène avec un cobra alors que lui est totalement immobile en est le plus parfait exemple. Ensuite les choix sur les costumes ont leur importance. Lorsqu'il est un prince ce sont des étoffes et des parures de bijoux sublimes. Les tissus sont riches en couleurs toutes plus chaudes les unes que les autres et l'or scintille autour de son cou, dans ses cheveux, et a ses poignets.. quand il est un ascète cachectique c'est le choix de sa coiffure qui lui donne une allure et son maintien extraordinaire. Quant à la dernière partie, de sa tenue à son visage tout est lumineux. Siddhartha est interprété par un Keanu Reeves, assez méconnaissable, maigre à l’extrême et aux cheveux longs et bouclés. Sa prestation est unique dans sa carrière. Et il joue dans la douceur pendant tout le film, son charisme et son talent le rende pleinement crédible en tant que divinité en devenir


Ce film, en nous plaçant dans les pas de Jesse, nous raconte son histoire; et nous initie aux rudiments du bouddhisme, sans aucun prosélytisme. Et cette notion d'éducation et de transmission est importante ici. La maman est professeur de mathématique, et coincée dans quelque chose d'assez rigide; le moine qui découvre Jesse est professeur de mathématique et d'astronomie car dans cette philosophie l'un ne va pas sans l'autre, les lamas enseignent à des jeunes moines tous assis en tailleur dans une petite pièce. Cette notion de partage est partout, c'est l'image de Lama Norbu qui raconte l'histoire à Jesse. Et ce n'est pas étonnant car c'est Siddhartha qui après être devenu l’éveillé propagera l'enseignent bouddhiste.

La fin se déroule au Bhoutan. Partie du film qui n'a pas besoin de filtres, et s'habille des couleurs magnifiques de Katmandou. Et un parallèle se fait entre l'architecture de Bodnath qui allie l'eau l'air le feu, et le building gigantesque qu'a construit Dean avec son associé et qui ne trouve personne pour vouloir y habiter. Et apparaît le delta entre les deux sociétés, et l'importance de trouver un point d'équilibre, de trouver sa voie du milieu. Cette partie avec un Dean transformé est l'occasion d'aborder différents thème avec douceur bienveillance et légèreté tel que la mort, la volatilité des choses, et l'aptitude que tout un chacun a à évoluer.
Si je vous ai déjà parlé de l'interprétation de Keanu Reeves, le reste du casting est aussi attachant Chris Isaak est le papa de Jesse, le filtre bleu est juste parfaitement de la couleur de ses yeux. Il se départi assez peu de l'expression de visage qui lui est si caractéristique (mi pensive- mi chien battu). Mais il tient bien son rôle, et est crédible. Jesse prend les trais d' alex wiesendanger, une bouille à bisous ce petit, le lama Norbu est interprété par Ruocheng Ying qui est terriblement attachant.

Ce film est riche et beau.il y a une volonté de partage qui fait du bien. J'aime l'idée que touchés par le projet des lamas aient joué dans ce film. Je le regarderai encore dans quelques mois car je sais que je n'ai sûrement pas tout appréhender. Il est autant un voyage qu'une expérience.

Dracula


DRACULA
de Francis Ford Coppola


il y a (tres) longtemps, la mini moi, a vu ce film et l'a adoré. Puis je ne l'ai plus jamais revu, j'ai nourri mes jolis souvenirs en lisant le roman sublime de Bram Stocker. Avec le temps je me suis dite, que ce film n'avait peut être pas bien vieilli. Et en tout cas que moi j'avais bien grandi et que je n'étais pas sure de l'aimer à nouveau. Le maître de ce blog ne l'avait jamais regardé alors on a acheté le dvd. Je l'ai longtemps toisé du coin de l’œil en me disant toi je ne te regarderai... mais j'ai craqué et un soir on s'est calé devant

Au milieu du XVeme siècle le comte Dracula est un noble roumain. Et comme il se doit, il prend les armes au nom de Dieu. 
Le film commence sur sa préparation pour partir à la guerre. Pour combattre les turcs sous les yeux de sa jeune épouse et apeurée. Il part vers une mort annoncée. Mais c'est un féroce et cruel guerrier et il fini par gagner. Mais lorsqu'il arrive chez lui, il retrouve son épouse morte. Ses adversaires lui ont envoyé une lettre annonçant sa mort. Et elle s'est jetée dans le vide de désespoir, et par amour. C'est dans la chapelle de son château qu'il retrouve son corps étendu. Il est fou de tristesse et commence à maudire ce Dieu qui l'a trahi. C'est à ce moment là que le prêtre arrive pour tenter de le consoler et surtout pour le sermonner. Ivre de douleur , il renie sa religion , tue le prêtre et plante son épée au milieu d'une croix. Et il devient un vampire.
Fin du XIX , un jeune notaire est envoyé par son étude en Transylvanie pour vendre une vielle abbaye à cet homme. C'est à cette occasion qu'il aperçoit la photographie de la fiancée de Jonathan qui est trait pour trait le portrait de son épouse décédée.
Ne cachons pas la vérité , j'aurai jamais du le revoir. Ce film qui a gagné trois oscars m'a déçu. Je n'ai pas retrouvé le plaisir que j'avais eu, sûrement car mon œil d'adulte a été égratigné.
Car si sur la forme on n'a pas grand chose à dire, la réalisation et bien menée, les décors sont assez jolis, il y a cependant des choses qui piquent.
Avant tout Dracula. La première fois que j'ai vu le film, je suis tombée amoureuse de Gary Oldman. Son charisme est à son apogée. Il est magnétique, fascinant, mais il n'est jamais aussi bon que quand on lui a ôté un maximum de falbalas et de maquillage. Mais pourquoi tant de « looks» différents pour ce personnage, qui tour à tour apparaît comme un vieil homme avec une coiffure improbable qui ferait pâlir de jalousie le macarons de Leia, et qui interroge encore le maître de ce blog. Quant à moi je me demande un peu comment cet homme qui ne voit pas son reflet peut ériger de tels édifices capillaire. Ensuite il est une espèce de forme blanche, amorphe et gluante pendant son trajet à l'aller, puis c'est un loup garou (pas très réussi), un homme à peu prés normal, uun monstre étrange et très pale, un ensemble de chauves souris très étrange, un vieillard légèrement différent du premier … et j'oubliais parfois il est invisible!!! c'est beaucoup trop pour deux heures de films.
Et ce sentiment de «too much», m'a suivi pendant tout ce long métrage. Je vous parlais de la coiffure de Dracula précédemment, celle de Jonathan est indomptée aussi .Ses cheveux ont blanchit après sa visite chez la comte, d'accord. Mais lorsqu'on le revoit il n'a jamais les cheveux blanc de manière homogène un peu plus un peu moins, c'est n'importe quoi . Quant aux costumes, autant le petit moment ou l'action se passe à Londres, il sont beaux et classiques; mais des que la réalisation veut accentuer le coté gothique les choix ne sont pas heureux.
La robe de mariée de Lucy en un bon exemple, mais pourquoi ce choix? 
Le choix des costumes m'amènent à parler de la manière dont sont traités les femmes. Leurs tenues sont une ode à la transparence.
Pas une des actrices échappera au regard libidineux de la caméra et de celui qui la tient. On comprend bien que si Tarantino a un problème avec les pieds de ses actrices, lui ce sont leurs seins. Il n'y a pas de raison de les montrer … c'est pas grave vous les verrez quand même. Puis lorsqu'elles seront possédées et en train de se changer en vampires, pour séduire les hommes. Elles montreront leurs seins. Alors parfois ils sont sublimes (bonjour Monica Belluci), mais ça n'apporte rien à l'histoire. Je vous parlais de de sensation libidineuse, un truc malsain d'un vieil homme qui regarderait de jeunes femmes à trois quart nues et malmenées. La scène de sexe avec le loup garou en est un bel exemple. Cette manière de parler du viol de Lucy, de cette femme, pas assez pure. Comme elle est lucide, sure d'elle, éduquée sur ce qui va se passer après son mariage; elle est corrompue et elle apparaît comme volontaire pour se faire violer. La scène en elle même est bestiale, gratuite, inutile, et pas belle. Quant aux épouses du vampires, elles ne bougent qu'en rampant sensuellement. Décolletés en avant, avec des habits qui ne servent pas à grand choses. Mais pourquoi?
Les hommes ne sont pas beaucoup mieux lotis. Mais eux restent habillés. Les «jeunes», Jonathan et les prétendants de Lucy, sont mal traités peu utilisés. Et encore le jeune notaire et le moins malmené. Avant tout car il est joué par Keanu Reeves qui est charismatique. Mais les autres s'effacent aussi vites qu'ils apparaissent. Le seul à part Gary Oldman qui a un peu de temps de présence est Anthony Hopkins, qui interprète Van Helsing. Ne nous affolons pas, il est survolté, et on a trop joué le coté indélicat du personnage. Il perd toute crédibilité et devient un personnage et un ressort comique plus qu'autre chose. Renforcé par des scène comme celle dans le mausolée de Lucy, qui est disons le ridicule. Et par le fait, qu'il interprète aussi le prêtre qui se fait transpercer au début du film. Sans que l'on sache pourquoi ce parti pris du réalisateur.
Au milieu de tout cela la belle histoire d'amour qui traverse les siècles et renaît qu'est le sujet de dracula, ou ce triangle amoureux très particulier n'est jamais correctement développé. Pour ne pas aider à l'éclosion de l'histoire Mia est jouée par Winona Rider. Bien qu'elle soit à l'origine du projet, elle est bouffée par ses partenaires. Et lors des scènes ou elle est seule, comme sur le bateau , elle est effacée par la machine. Elle ne prend jamais le contrôle de Mia, et n'est pas crédible comme l'incarnation de ce personnage fort.

Ce film est très imparfait, et ça me fait de la peine de l'avouer. Mais jeune ado, je l'ai adoré alors si vous avez l'occasion essayez de retrouver mon regard naïf. Et si vous ne l'avez pas fait, lisez le roman.